Bouygues Telecom et SFR négocient un accord de mutualisation d'une partie de leurs réseaux mobiles

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Bouygues Telecom et SFR négocient un accord de mutualisation d'une partie de leurs réseaux mobiles
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Les deux opérateurs ont confirmé qu'ils avaient entamé des discussions

Le secteur de la téléphonie continue de s'agiter en France alors que Bouygues Telecom et SFR (Vivendi) pourraient faire rapidement réseau commun... Les deux opérateurs ont ainsi confirmé qu'ils avaient entamé des discussions, qui sont encore pour l'heure au stade préliminaire, afin d'aboutir à un accord de mutualisation d'une partie de leurs réseaux mobiles. L'objectif affiché est d'offrir une meilleure couverture quantitative et qualitative à la clientèle, mais une telle décision permettra évidemment de réaliser des économies substantielles. SFR et Bouygues Telecom entendent aussi tenter de recréer de la valeur en profitant de la forte demande pour le trafic de données, à l'heure où le secteur traverse une période de baisse marquée des prix dans une ambiance ultra-concurrentielle après l'arrivée fracassante de Free dans le mobile début 2012. Accord stratégique avant la fin de l'année Les deux opérateurs précisent que cette mutualisation envisagée serait comparable à des dispositifs du même type déjà mis en oeuvre dans d'autres pays européens, puisque chacun conserverait une capacité d'innovation autonome et une indépendance commerciale totale. Ils ont pour objectif d'aboutir à un accord stratégique avant la fin de l'année. Il devra être soumis au personnel des deux entreprises et aux régulateurs du secteur (ARCEP) et de la concurrence (Autorité de la concurrence). Bercy prend acte Arnaud Montebourg, ministre du Redressement productif, et Fleur Pellerin, ministre déléguée chargée des Petites et Moyennes Entreprises, de l'Innovation et de l'Economie numérique, ont pris acte de cette démarche des deux sociétés SFR et Bouygues Télécom d'engager des discussions exclusives concernant la mutualisation de leurs réseaux 2G, 3G et 4G. Les deux groupes disposeront ainsi d'une infrastructure commune permettant à chacun des deux opérateurs d'exploiter les fréquences dont il dispose. "Cette initiative s'inscrit dans la stratégie du gouvernement de créer les conditions d'investissement pour l'ensemble des opérateurs dans les nouveaux réseaux" commente Bercy. Stratégie adaptée  Arnaud Montebourg et Fleur Pellerin rappellent au passage "que la mise en oeuvre d'accords de mutualisation s'inscrit dans cette stratégie et apparaît particulièrement adaptée lorsque les niveaux de marge sont plus contraints, comme c'est le cas à l'heure actuelle". �? la demande des ministres, l'Autorité de la Concurrence avait précisé dans un avis rendu en février dernier les conditions dans lesquelles cette mutualisation pouvait être envisagée et les modalités de sa mise en oeuvre. "Le gouvernement restera vigilant sur la poursuite de ces discussions et leur mise en oeuvre, afin que chaque acteur continue de prendre sa part d'investissement dans le déploiement dans les nouveaux réseaux". Autre dossier chaud Notons que Vivendi reste aussi actif sur un autre dossier "chaud" du moment, à savoir la vente de sa filiale Maroc Telecom, avec l'annonce d'une entrée en négociations exclusives avec Etisalat. L'offre de l'opérateur émirati valorise la participation de 53% dans Maroc Telecom à un prix par action de 92,6 dirhams marocains. Le produit de cession en numéraire pour Vivendi s'élèverait ainsi à 4,2 milliards d'euros, dont 310 millions d'euros au titre du dividende 2012. En tenant compte de la dette nette de Maroc Telecom, la transaction s'effectue sur une valeur d'entreprise proportionnelle de la participation de Vivendi de 4,5 milliards d'euros, soit un multiple de 6,2 fois l'EBITDA. La conclusion de cet accord est soumise à la conduite des procédures d'information et consultation des instances représentatives du personnel en France et à la négociation d'accords entre Etisalat et le gouvernement marocain sur les termes du nouveau pacte d'actionnaires et les conditions d'investissement. Les parties espèrent boucler la transaction d'ici la fin de l'année...