Bouygues mis en cause par l'Autorité de sûreté nucléaire à Flamanville

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Bouygues mis en cause par l'Autorité de sûreté nucléaire à Flamanville
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Un rapport de l'Autorité de sûreté nucléaire accable à des degrés divers près de 20 entreprises travaillant sur la construction de l'EPR...

Bouygues et plusieurs de ses filiales et sous-traitants sont soupçonnés d'avoir dissimulé des accidents du travail sur le chantier du réacteur nucléaire du site manchois, révèle 'L'humanité' ce vendredi. Le journal, qui publie des extraits d'un rapport de l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN) daté du 6 juin, précise que Bouygues est responsable du génie civil de ce chantier, qui emploie plus de 3.000 personnes et dont EDF est maître d'ouvrage. Ce rapport accable à des degrés divers près de 20 entreprises pour des infractions à la déclaration des accidents du travail. Depuis le début de la construction du réacteur de nouvelle génération, en 2007, les conditions de travail des 3.400 personnes, dont un tiers d'étrangers et un tiers d'intérimaires, réparti en une centaine d'entreprises, ont régulièrement été pointées du doigt par les syndicats. L'Autorité de sûreté nucléaire recense au total, pour l'année 2010, 112 accidents répartis en 73 accidents bénins et 38 accidents à déclarer n'ayant pas fait l'objet d'une déclaration ou d'une inscription au registre. En avril, quand l'ASN a publiquement déclaré enquêter sur les accidents du travail et estimé les fraudes à 25%, Bouygues a rétorqué que les non-déclarations "ne sont pas le fait de l'entreprise, mais relèvent d'initiatives personnelles". La CGT et CFDT d'EDF ont accusé l'entreprise de mettre la pression sur les salariés pour qu'ils ne déclarent pas leurs accidents. L'ASN semble aujourd'hui tirer la même conclusion que les syndicats, souligne le journal. Et le rapport de l'ASN est cinglant : "Le fait que cette démarche ait été intentionnelle et se soit répétée alors même que ces sociétés avaient pleinement connaissance de l'obligation de déclarer tout incident démontre l'intention d'éluder l'information de l'inspection du travail et donc de détourner la surveillance de l'inspecteur du travail". Le chantier de Flamanville a déjà pris deux ans de retard sur le calendrier initial et EDF a démenti l'an dernier des informations selon lesquelles il envisageait un retard supplémentaire de 18 à 24 mois.