Bernard Cazeneuve dit-il vrai quand il parle de "pause fiscale" pour 2014 ?

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Bernard Cazeneuve dit-il vrai quand il parle de "pause fiscale" pour 2014 ?
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En 2014, les ménages paieront au total 75,3 milliards d'euros d'IR, soit 6 milliards d'euros de plus qu'en 2013 si l'on se base sur les recettes désormais attendues pour cette année

Mercredi, le ministre du Budget, Bernard Cazeneuve a tenu à faire une mise au point devant la presse. Contestant certaines analyses parues les jours précédents. Il a insisté sur la nécessité de raisonner en normes tendancielles et a assuré qu'ainsi il y aurait bien une pause fiscale en 2014. Hausses des recettes provenant de l'impôt sur le revenu Il n'empêche que beaucoup de Français risquent bien de ne pas partager ce constat. Notamment lorsqu'ils recevront leurs prochaines feuilles d'impôt. Selon les documents publiés hier par Bercy, l'impôt sur le revenu devrait en effet rapporter 75,3 milliards d'euros en 2014... contre 71,9 milliards d'euros en 2013. Et encore, ce chiffre de 71,9 milliards est-il extrait des projections initiales du gouvernement. Si l'on fouille dans les nombreuses pages de ce projet de loi de finances, on s'aperçoit que le gouvernement ne compte plus en réalité que sur 69,3 milliards d'euros de recettes pour l'impôt sur le revenu en 2013, au regard des premières déclarations. Une moins-value à hauteur de 1,1 milliard d'euros avait d'ores et déjà été anticipée au moment du programme de stabilité et de croissance débattu au Parlement en avril 2013 ; la révision à la baisse supplémentaire tient principalement au rechiffrage de l'impact en 2013 de l'instauration du prélèvement forfaitaire obligatoire ", note Bercy. Ainsi, les recettes d'IR devraient largement dépasser celles de cette année : de 3,4 milliards d'euros si l'on regarde les projections initiales et même de 6 milliards d'euros si l'on se base sur les recettes désormais envisagées pour 2013. Moins d'avantages  Il faut dire que certaines mesures vont peser lourd. L'abaissement du quotient familial aura par exemple un impact de 1 milliard d'euros. En soumettant à l'impôt les majorations de pensions (+10%) pour charge de famille, l'Etat devrait par ailleurs gagner 1,2 milliard d'euros. La suppression de l'exonération fiscale touchant certaines complémentaires santé devrait rapporter 960 millions d'euros. Quant à l'abandon des réductions d'impôt pour frais de scolarité, son rendement est évalué à 440 millions d'euros. Certes, le gouvernement a en retour décidé de réindexer le barème sur l'inflation et d'accroître la décote accordée aux ménages les plus modestes. Avec ces mesures, près de 900 millions d'euros seront rendus aux ménages, a-t-on pu entendre hier lors de la présentation du budget. Il convient toutefois de préciser que la réévaluation du barème n'aboutit pas à une baisse d'impôt par rapport à l'année précédente. Elle évite simplement une hausse d'impôt supplémentaire, ce qui n'est pas exactement la même chose.  La décote constitue en revanche bel et bien un allègement. Il est chiffré à 193 millions. Ce qui paraît bien peu par rapport aux nombreuses hausses à venir.