Banques : les enjeux de la rencontre Sarkozy-Merkel dimanche

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Banques : les enjeux de la rencontre Sarkozy-Merkel dimanche
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Nicolas Sarkozy et Angela Merkel doivent se pencher sur un dossier qui a fait son chemin depuis cet été...

Quelle solution pour protéger les banques européennes du maelstrom de la crise de la dette publique ? Nicolas Sarkozy et Angela Merkel, les deux principaux dirigeants européens, vont se rencontrer dimanche pour débattre d'une recapitalisation coordonnée du secteur bancaire européen, selon la presse du jour... Il s'agit de leur 8ème "tête à tête" depuis le début de la crise de l'Euro il y a près de deux ans ! Le lieu de la réunion est encore un peu flou, puisque de nombreuses sources évoquent Berlin, tandis que d'autres parlent de l'Elysée... Rejetée en bloc par l'Europe au départ, la recapitalisation de certains établissements a fait son chemin depuis l'été, devenant même urgente ces dernières semaines, face à l'effondrement des cours de Bourse du secteur et à la menace d'un "credit crunch" lié à la contagion de la crise de la dette grecque... Dirigeants français et allemands vont donc tenter une nouvelle fois d'aplanir leurs différends pour sortir l'Europe de l'ornière. Plus que jamais, ils sont soumis à la pression internationale du FMI, des Etats-Unis et de la Grande-Bretagne pour agir de façon décisive et concertée pour régler le problème grec, stopper la contagion à d'autres pays d'Europe, et garantir la survie de l'Euro... Fin septembre, le FMI a jugé que l'exposition globale des banques européennes aux pays européens à risque atteignait 300 milliards d'Euros, dont 200 milliards d'euros en risque de crédit sur les Etats à risque (Grèce, Irlande, Portugal, Belgique, Italie, Espagne) et 100 milliards d'euros d'engagements interbancaires dans ces pays. Malgré des mois de discussions, certains sujets de discorde demeurent entre Paris et Berlin : ces derniers jours, Angela Merkel s'est déclarée plutôt favorable à une recapitalisation des banques "selon des critères communs", alors que la France est restée officiellement plus prudente... Officieusement, toutefois, un groupe de travail plancherait au gouvernement sur l'hypothèse d'une nationalisation partielle des banques françaises en cas de crise grave... Berlin pencherait plutôt pour un défaut grec "ordonné" portant sur 50% de la dette... Une solution qui frapperait durement les banques françaises, les plus exposées d'Europe à la dette grecque avec 9 MdsE d'obligations d'Etat grecques en portefeuille et au total, plus de 50 MdsE en incluant les créanciers privés grecs (dont plus de 30 milliards d'euros pour le seul Crédit Agricole, propriétaire de la banque grecque Emporiki). Les deux dirigeants ne voient pas non plus d'un même angle le rôle du FESF (Fonds européen de stabilité financière), dont Paris prône le renforcement des moyens par effet de levier, alors que Berlin refuse d'apporter davantage de capitaux à cette structure (l'Allemagne contribue à 210 milliards d'euros sur les 440 milliards d'euros actuellement alloués au FESF). A Berlin, on souligne d'ailleurs que la France risquerait de perdre sa note "triple A" auprès des agences de notation si elle s'engageait à accorder davantage de garanties aux pays surendettés... En attendant que la classe politique s'accorde, la BCE a annoncé hier une batterie de mesures non conventionnelles pour assurer la liquidité du secteur bancaire, mesures saluées par les marchés boursiers et un vif rebond du secteur bancaire. Le prochain grand rendez-vous politique européen est prévu les 17 et 18 octobre, avec un nouveau sommet des chefs d'Etat et de gouvernement de la zone Euro...