Bankia, première grosse victime d'une économie espagnole aux pieds d'argile ?

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Bankia, première grosse victime d'une économie espagnole aux pieds d'argile ?
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La quatrième banque espagnole paie son exposition aux actifs immobiliers à risque, évaluée à plus de 30 milliards d'euros...

La 4ème banque espagnole, Bankia, est passée dans le giron public après la prise de contrôle par l'Etat de sa maison mère BFA, suite à la conversion d'un prêt de 4,5 milliards d'euros précédemment octroyé. L'établissement paie son exposition aux actifs immobiliers à risque, évaluée à plus de 30 milliards d'euros. Il s'agit de la plus grosse opération de sauvetage dans le secteur outre-Pyrénées, la puissance publique n'ayant procédé jusque-là qu'au sauvetage de caisse d'épargne régionales. A Madrid, l'action Bankia est passée de 2,464 euros le 3 mai à 2,08 euros ce matin, après 5 séances de baisse consécutives. Paradoxalement, elle était jusque-là notée en catégorie d'investissement par les trois principales agences de notation ("Baa3" pour Moody's, "BBB-" pour S&P et "BBB+" pour Fitch). Plus largement, le gouvernement aurait décidé de forcer les banques du pays à accroître leur provisionnement. L'agence Reuters évoque des montants de l'ordre de 35 milliards d'euros, en citant des "sources financières proches des négociations". Dans une analyse produite mi-avril, Fitch estimait que prix immobiliers allaient continuer à chuter dans le pays, d'autant que la valeur des biens récupérés par les banques dans le cadre des saisies hypothécaires serait en moyenne inférieure de 47% aux prix calculés lors des signatures des contrats de prêts, selon le bureau d'études. Au vu de l'état de l'économie espagnole, dont la croissance est en panne et qui fait face à un taux de chômage très élevé, la nouvelle pouvait difficilement tomber plus mal, d'autant que Madrid avait déjà de grosses difficultés à joindre les deux bouts pour se conformer à ses objectifs de désendettement. Pour lancer l'opération "assainissement de bilan" des banques du pays, le soutien public sera indispensable. Reste à savoir comment le gouvernement pourra mobiliser les fonds, colossaux, nécessaires à ses projets, et quelles seront les conséquences pour la région, déjà confrontée à la débâcle grecque.