Areva : épinglée par la Cour des comptes, Anne Lauvergeon se défend

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Areva : épinglée par la Cour des comptes, Anne Lauvergeon se défend
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"Globalement je dirais que le bilan est plutôt bon", estime l'ancienne présidente du groupe nucléaire.

Anne Lauvergeon a réagi mercredi aux critiques de la Cour des comptes, qui épingle dans un pré-rapport révélé par 'Les Echos' la gestion du groupe nucléaire public entre 2006 et 2011, sous sa direction. Les Sages qualifient notamment sa stratégie de "fuite en avant". "Si on veut faire un bilan honnête et équilibré des 10 ans de la création d'Areva (entre 2001 et 2011), c'est une réelle réussite française, un groupe devenu le premier groupe nucléaire mondial, premier producteur d'uranium", a répondu l'ancienne présidente d'Areva à la radio BFM Business. "Nous avons construit un groupe stratégique pour la France, alors que personne à l'époque ne croyait à la sortie de l'hiver nucléaire, avec 30% de chiffre d'affaires en plus, 30.000 emplois créés, 3 milliards d'euros de dividende pour l'Etat, et une surperformance par rapport au CAC40 de 165%, donc globalement je dirais que le bilan est plutôt bon", s'est défendue Anne Lauvergeon. "Dénigrement et calomnie" La Cour des comptes dénonce pêle-mêle la politique de rémunération des dirigeants, les problèmes de commercialisation du réacteur EPR en Finlande et l'achat dans des conditions opaques de la société minière Uramin, deux affaires qui ont occasionné de très lourdes pertes au groupe nucléaire français. "Comment peut-on dire des choses comme ça ?", s'est interrogée Anne Lauvergeon, interrogée sur l'EPR. "Des EPR, la France en construit quatre actuellement, un en Finlande, un en France à Flamanville, et deux en Chine, donc ne dites pas qu'on est pas capables de les construire". Elle a nié avoir dissimulé ses doutes sur la capacité d'Areva à construire celui programmé pour la Finlande. "Ce réacteur a été mis au point entre Framatome, Siemens, EDF, RWE et toute sa conception a démarré 10 à 12 ans avant que je n'arrive moi-même dans le jeu". Dans leur rapport de plus de 100 pages, les magistrats mettent en cause Anne Lauvergeon pour les dysfonctionnements d'Areva, en estimant qu'"un certain nombre de difficultés du groupe (...) dans la période antérieure à 2012, proviennent avant tout de la forte personnalité de la présidente du directoire". "Quant à la structure d'Areva, Anne Lauvergeon a indiqué avoir "tout entendu en dix ans. On a voulu nous marier à Alstom (...) puis nous accoler à EDF". "En France on n'a pas beaucoup d'industries stratégiques (...) .Continuons à nous poser des questions stratosphériques sur des découpages, (...) pendant ce temps, nos concurrents mondiaux bossent, ont le soutien de leur gouvernement et n'ont pas droit à des campagnes de dénigrement et de calomnies. Ca ne me fait dévier en rien", a-t-elle conclu.