Après S&P, Moody's pourrait aussi sanctionner la France...

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Après S&P, Moody's pourrait aussi sanctionner la France...
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L'agence de notation pourrait même faire connaître sa décision dès cette semaine...

Depuis vendredi soir, les commentaires se multiplient sur les conséquences de la perte du " Triple A " pour la France. La principale sanction devrait être un durcissement des conditions de crédit dans l'Hexagone, tant pour l'Etat français, que pour les entités parapubliques (Cades, collectivités locales, CDC etc...), que pour les entreprises et les particuliers (crédit immobilier, à la consommation...) Or, après Standard & Poor's vendredi soir, l'agence Moody's pourrait à son tour retirer le précieux "Triple A" qu'elle attribue encore à la dette française, ce qui pourrait mettre la France dans une situation encore plus délicate. Selon certaines sources financières, Moody's pourrait même faire connaître sa décision dès cette semaine... Mais Bart Oosterveld, le responsable global de la notation souveraine de Moody's, ne confirme pas ces rumeurs. Interrogé par 'Les Echos' du jour, l'agence s'en tient à ce qu'elle avait dit précédemment, à savoir qu'elle passe en revue depuis l'automne la note de la France et de l'ensemble des pays de l'Union européenne, et qu'elle prendra sa décision "au courant du premier trimestre". L'agence pourrait alors soit retirer directement le "Triple A" de Paris, ou se contenter de placer la dette souveraine française sous surveillance négative en vue d'un futur abaissement, ce qui serait moins grave à court terme. Moody's a en revanche déjà dégradé le 8 décembre dernier les notes de trois grandes banques françaises, Société Générale, BNP Paribas et le Crédit Agricole, en raison de leur exposition importante à la dette italienne. Or vendredi, S&P a dégradé, outre la France, les notes de 8 autres pays de la zone Euro, dont l'Italie, l'Espagne et le Portugal, ce qui pourrait entraîner une nouvelle flambée des taux dans ces pays très fragilisés par la crise actuelle. A court terme, bon nombre d'analystes, ainsi que le gouvernement français, s'efforcent de minimiser les conséquences de la décision de S&P pour la France. Celle-ci aurait été anticipée depuis plusieurs semaines par les marchés si l'on en croit l'écart historique qui s'est creusé ces derniers mois entre le rendement des OAT françaises à 10 ans (3,1% vendredi) et les Bunds allemands de même échéance (1,75%). De plus, les statuts de la plupart des fonds d'investissement ne prévoient pas de vente forcée de titres de créances avant que les notes soient abaissées par deux grandes agences de notation (d'où l'importance de connaître la décision de Moody's...) Rappelons que la troisième grande agence de notation, Fitch, contrôlée par le groupe français Fimalac, a fait savoir la semaine dernière qu'elle devrait maintenir la note de la France à " Triple A " pour cette année, sauf nouvelle dégradation imprévue de la conjoncture économique dans la zone Euro.