Après les "écogestes", la sobriété énergétique pour faire baisser les factures

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Après les "écogestes", la sobriété énergétique pour faire baisser les factures
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Dans une étude, le Credoc regrette que la France n'encourage pas un mode de vie déclencher d'économies d'énergie...

Après les écogestes, la sobriété énergétique. Dans une étude publiée vendredi, le Credoc (Centre de recherche pour l'étude et l'observation des comportements), observe que les Français ont su stabiliser leur consommation d'énergie depuis le début des années 2000. "Cela s'explique par une baisse de la consommation d'énergie pour le chauffage qui, en 2010, est redescendue à son niveau du début des années 80", écrivent les auteurs de ce document qui relèvent qu'à l'inverse, d'autres postes sont en croissance, à l'image de l'eau chaude ou de l'électricité pour les appareils dans le logement. La tendance est la même dans les locaux d'activités. "Après une phase de stabilité entre 1990 et 2002, la consommation par m(2) a baissé de l'ordre de 5 % entre 2002 et 2010", notamment dans les bureaux, note le Credoc. Les "écogestes acquis" Les Français se sont convertis aux "écogestes". "Une majorité admet qu'il faut réduire les consommations d'énergie domestiques, pour la moitié de façon importante (48%), pour un quart modérément (26%). Ils sont aussi 60% à déclarer avoir réalisé des travaux d'isolation, et 51% à avoir adopté des comportements économes. Mais d'après le centre de recherche, cette prise de conscience ne suffit pas et les foyers français ne sont pas prêts à inover dans leur logement pour réduire encore les factures. Ainsi, ils "restent peu convaincus des avantages de l'automatisation et de la régulation des systèmes dans leur logement. Seuls 14% seraient disposés à investir dans la domotique (pilotage des appareils, gestion de l'énergie, Ndlr), 2% seulement déclarant le faire déjà", note lde Credoc. Mais pas assez de collectif Mais le Credoc regrette que la France affiche "une faible capacité à stimuler des changements collectifs propres à mobiliser les citoyens en faveur de pratiques plus durables. Pour passer un cap, la France doit prendre le tournant du 'bottom-up', comme le font les Pays-Bas et l'Allemagne, c'est-à-dire stimuler l'innovation sociale en favorisant les initiatives collectives au niveau local, notamment par des opérations d'habitat participatif. En France, les nouveaux logements sont à l'inverse pensés sans une logique, dite "top down", ne laissent pas aux collectifs d'habitants "la possibilité d'être acteur du fonctionnement des bâtiments et des circulations". Le centre note cependant que "les opérations dites d'habitat participatif et d'écovillages ou éco-hameaux, se situent dans cette perspective", et la loi-cadre, dans le sillage du débat sur la transition énergétique, donnera un vrai cadre à ce type de créations. Conclusion de cette étude, la France a encore du travail, et notamment sur deux chantiers principaux : "la stimulation du marché de nouveaux systèmes technologiques (compteurs intelligents, véhicules partagés, etc.) et l'innovation sociale", pour mobiliser concrètement les Français et faire reculer la facture énergétique.