Alstom: General Electric fait une offre ferme mais la porte reste ouverte

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Alstom: General Electric fait une offre ferme mais la porte reste ouverte
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Le groupe français se réserve le droit de répondre à des offres non sollicitées pour sa branche énergie.

Suspendu de cotation depuis vendredi dernier, le titre Alstom gagne près de 9% dans les premiers échanges à 29,38 euros. Hier soir, le groupe français est sorti de son silence, au lendemain de la réunion de son conseil d'administration. Le groupe a confirmé la réception d'une offre ferme de General Electric pour ses activités énergie, soit le périmètre "Thermal Power", "Renewable Power" et "Grid", ainsi que les services centraux et partagés. Cela représente 65.000 employés et 14,8 milliards d'euros de revenus annuel. Le prix proposé est de 12,35 milliards d'euros et représente une valeur d'entreprise (qui comprend la dette) de 11,4 milliards d'euros soit 12,2 fois l'EBIT de l'exercice 2012/2013. Si l'opération était validée, Alstom se recentrerait sur le transport ferroviaire, en utilisant le produit de la cession pour renforcer ses activités. Les fonds serviraient aussi à rembourser la dette et à rémunérer les actionnaires. L'offre examinée d'ici fin mai Le conseil a reconnu à l'unanimité les mérites stratégiques et industriels de cette offre. Un comité d'administrateurs indépendants, conduit par Jean-Martin Folz, procèdera, d'ici à la fin du mois de mai, à un examen approfondi de l'offre, en tenant compte des intérêts de l'ensemble des parties prenantes, y compris ceux de l'Etat français. Si la conclusion du conseil d'administration est favorable, il sera procédé à l'information-consultation des instances représentatives du personnel d'Alstom qui est un préalable à un accord définitif. Bouygues, qui détient 29% d'Alstom environ, s'est engagé à conserver ses titres jusqu'à cette approbation et a indiqué qu'il soutiendra la recommandation du conseil. Réponse à des offres non sollicités Alstom précise qu'il ne pourra pas solliciter d'autres offres de la part de tiers pour l'acquisition de tout ou partie de ses activités Energie, compte tenu de l'existence de cette offre ferme, mais s'est réservé le droit de répondre à des offres non sollicitées pour la reprise de l'ensemble de ses activités Energie et d'entrer en discussions avec des candidats dont le sérieux et l'intérêt des projets pourraient conduire à une meilleure offre. Dans un tel schéma, si, après l'examen de l'offre de GE et après l'avoir recommandée, le conseil décidait de soutenir un autre projet, Alstom devrait verser à GE une indemnité de rupture égale à 1,5% du prix d'acquisition. Siemens aura accès aux informations Le conseil a évidemment aussi pris connaissance de la déclaration d'intérêt de Siemens. Il assure au groupe allemand un accès équitable à l'information lui permettant, le cas échéant, de soumettre une offre ferme. Elle sera examinée en fonction de l'intérêt social de la société et de celui de l'ensemble des parties prenantes, dans le respect des engagements pris. Pour Patrick Kron, l'opération avec GE a du sens. Les portefeuilles d'Alstom et de GE dans l'énergie présentent des complémentarités quasi parfaites, explique le management. Le nouvel Alstom, dans cette configuration, resterait une entreprise cotée de 27.000 personnes centrée sur le ferroviaire, dont les revenus 2012/2013 ont atteint 5,5 milliards d'euros.