Allemagne: Angela Merkel prête à accepter l'instauration d'un salaire minimum

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Allemagne: Angela Merkel prête à accepter l'instauration d'un salaire minimum
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Elle est l'une des conditions nécessaires à l'alliance avec le SPD.

La chancelière allemande Angela Merkel a déclaré ce jeudi qu'elle était prête à accepter un salaire minimum national, rapporte l'agence de presse Bloomberg. "Je vais devoir accepter une mesure que j'ai décrite comme mauvaise dans mon programme électoral", a-t-elle cependant déclaré. Angela Merkel contrainte de céder La CDU-CSU de la chancelière et le centre gauche (SPD) sont en effet engagés depuis trois semaines dans des tractations sur la formation d'une "grande coalition" rendue obligatoire par le résultat des élections législatives de septembre dernier (absence de majorité absolue). Angela Merkel souhaite former un gouvernement d'ici no�"l. La CDU-CSU, favorable à différents salaires minimaux négociés branche par branche par les partenaires sociaux a donc d�" céder face au SPD, qui avait exclu toute coalition sans l'instauration d'un SMIC national à 8,50 euros de l'heure, alors que dans certains secteurs il ne dépasse pas les trois euros. Bonne ou mauvaise idée, avis partagés L'idée a cependant du mal à passer du côté des chefs d'entreprises qui craignent de perdre leur flexibilité. "Nous rejetons totalement les hausses d'impôts, tout comme l'instauration d'un salaire minimum qui restreint la flexibilité du marché du travail", a récemment écrit sur son blog, Carsten Linnemann, élu de la CDU et président de l'association des PME en Allemagne.Un rapport publié le mois dernier par les grands instituts économiques du pays allait en leur sens. "Un salaire minimum de base qui s'applique à tous les secteurs et toutes les régions aurait sans doute des conséquences bien plus négatives pour le marché du travail que les accords sectoriels actuels", écrivait-il. Inversement, la politique des bas salaires menée en Allemagne a souvent été pointée du doigt. Au niveau de la zone euro, elle a "conduit à un marasme économique", écrivait l'Organisation internationale du Travail en janvier 2012. Récemment, la Commission européenne a ouvert une enquête sur les excédents commerciaux excessifs du pays, au détriment de la faiblesse de la demande intérieure. Bruxelles mettrait notamment en cause... les salaires trop bas.