40% des salariés subissent des incivilités au travail

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40% des salariés subissent des incivilités au travail
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Les personnels en contact avec des publics extérieurs sont en première ligne, 51% se plaignant d'incivilités dans le service public.

Les incivilités subies par les salariés français. C'est le thème choisi par le cabinet Eléas, spécialiste du conseil en management des risques psychosociaux, à la veille de la 11è semaine de la qualité de vie au travail. Une étude qui montre que ce type de comportement devient une réalité : près d'un travailleur sur deux (42%) est victime d'incivilités au travail et un tiers (33%) se déclare affecté personnellement et affirme en souffrir. "Manque de respect" Qu'entendent-ils par "incivilité" ? Pour 66%, cela relève "du manque de respect des codes de politesse envers autrui et des règles comportementales et de cordialité". Pour une part moins large (21%), il s'agit même de "violence verbale" et de "comportements agressifs". Dans la majeur partie des cas, ce sont des personnes étrangères à l'entreprise, visiteurs, clients ou usagers, qui sont les auteurs de ces incivilités. Mais souvent (48%) les remarques et gestes déplacés sont le fait de collègues. Les personnels en contact avec des publics extérieurs sont en première ligne, 51% se plaignant d'incivilités dans le service public et 53% dans le commerce. Sans surprise, les plus touchés sont aussi ceux qui sont les moins élevés dans la hiérarchie. Et les conséquences semblent lourdes, selon Eléas : "77% des salariés ont déjà souffert de symptômes qui ont eu des répercussions sur leur santé (stress, anxiété, troubles du sommeil) et 75% qui ont affecté leur productivité (démotivation, difficulté de concentration)", note le cabinet. Les entreprises sont "démunies" "28% des salariés n'en parlent pas et c'est inquiétant. Pour se protéger des incivilités les personnes développent des stratégies d'adaptation individuelles : prise de recul, humour, ironie, mais aussi attitude de repli (on se "blinde"). Parfois, on adopte le même comportement que celui des fauteurs d'incivilités avec l'idée que cela rendra la chose un peu plus  supportable", commente Xavier Alas Luquetas, le dirigeant d'Eléas. Il note au passage que les entreprises sont "démunies" face à ce problème. "Plus d'un  salarié sur trois (35%) estime que son employeur est conscient du problème mais n'engage aucune mesure pour lutter contre les incivilités", écrit le cabinet, ajoutant que seules 15% des sociétés mettent en place des formations sur les comportements et les relations entre collègues. L'attente semble beaucoup plus élevée : 40% des salariés les souhaiteraient et près d'un salarié sur deux (48%) les jugerait efficaces.