Pourquoi les sportifs bandent en pleine action ?

© REUTERS
  • Copié
, modifié à
Des érections apparaissent chez certains sportifs pendant l'effort physique. E1.fr a mené l'enquête.

Le 18 septembre dernier, le PSG dispose assez facilement du Dynamo Kiev (4-1) lors de la première journée de Ligue des champions. A la 18e minute, le Suédois Zlatan Ibrahimovic ouvre le score sur pénalty. Il stoppe sa course d'élan et lève les bras. Des photos dévoileront le lendemain une certaine excitation après son but. Autre sport et même phénomène durant les derniers JO de Londres. Henrick Rummel vient juste de remporter la médaille de bronze en quatre de pointe. Sur le podium, l'Américain, lui aussi, laisse entrevoir une très grande joie. Buzz assuré à chaque fois. Et une question simple : pourquoi certains sportifs ont une érection en plein match ? Deux urologues nous ont répondu.

1. La pensée érotique. La première hypothèse, c'est Guy Roux, le légendaire entraîneur français, qui l'avance. "Quand un de mes défenseurs avait une absence en plein match, je lui demandais s'il regardait une jolie fille dans les tribunes". Difficile de retenir cet argument pour les sportifs de haut niveau... "La pression et la concentration sont telles que ça paraît difficilement recevable", confirme Stéphane Droupy, urologue au CHU de Nîmes qui rappelle d'emblée que "l'érection nécessite un relâchement du système cardio-vasculaire".  

> Hypothèse très difficilement recevable

2. Le frottement du short. "Il existe trois types d'érection", confie François Giulinao, urologue à l'hôpital Raymond Poincaré de Garches. Vous l'aurez compris, on a écarté d'emblée celle qui intervient pendant le sommeil. En revanche, "l'érection réflexe due" à des stimulations locales et "l'érection psychogène" concernent nos sportifs. "Comme ça peut arriver au travail avec le frottement des vêtements, on peut très bien imaginer qu'un sportif ait une érection avec le frottement important du short", note Stéphane Droupy, urologue au CHU de Nîmes.

> Hypothèse probable

Avrion

3. L'excitation sportive. Zlatan vient de marquer un but. Action-réaction ? "La réussite ponctuelle aigue peut être traité par le cerveau comme une information sexuellement stimulante", avance l'urologue François Giulinao. "C'est inconscient mais c'est possible", renchérit Stéphane Droupy. "Le système de la réponse sexuelle emprunte les même voies que la récompense. Le cerveau enregistre donc les situations dans lesquelles on a une satisfaction, des situations agréables qui peuvent provoquer une érection". Pour faire plus simple, "Ibra" peut rentrer dans une sorte de transe quand il marque un but. Même si elle ne se produit pas toujours, cette réaction inconsciente est envisageable.

> Hypothèse recevable

4. Le sevrage avant les matches. Certains coachs exigent parfois de leurs joueurs de ne pas avoir de relation sexuelle avant un match important. La privation peut-elle entraîner une légère excitation sur le moment ? "L'idée des coahs, c'est de garder de l'énergie suffisante, l'influx nécessaire à l'effort sportif", relève l'urologue François Giulinao. "Mais ce "sevrage" n'est pas responsable pour autant de l'érection".

> Hypothèse écartée

5. Un trop plein de sport. Quand l'homme vieillit, il peut avoir des problèmes d'érection. Un risque multiplié par la sédentarisation. "Plusieurs études ont montré que l'activité sportive permet de diminuer ces risques", note Stéphane Droupy. "Mais il n'a pas encore été prouvé que ceux qui font plus de sport ont plus souvent d'érections".

> Hypothèse très hautement improbable

6. Le dopage. Il n'est pas question de dire ici que Zlatan Ibrahimovic ou d'autres sportifs pris en flagrant délit sont dopés. Mais l'hypothèse du dopage peut être retenue pour ce phénomène. "Les personnes dont les testicules ne fonctionnent pas correctement et à qui on injecte de la testostérone ont senti des effets directs", confie Stéphane Droupy, urologue au CHU de Nîmes. "En ingérant de la testostérone ou des anabolisants, le seuil de déclenchement de l'érection est plus court". Ce phénomène peut apparaître notamment chez les bodybuilders.

> Hypothèse largement recevable

7. Un taux très élevé de testostérone. Chez les hommes, le taux varie de 3 à 10 nanogrammes par millilitre de sang. "On n’est pas tous égaux devant la testostérone", s'amuse Stéphane Droupy. "Certaines études ont déjà montré que les hommes qui ont un taux important ont plus de rapport sexuels. Il a même été relevé une légère augmentation de testostérone pendant l'acte". Mais rien n'a encore démontré que marquer un but ou aligner plusieurs aces à la suite augmentait cette testostérone.

> Hypothèse difficilement admissible