Plein zoom sur le triomphe de Froome

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TOUR - Le Britannique a remporté dimanche à Paris la 100e édition du Tour de France.

Le Britannique Christopher Froome (Team Sky) a franchi en vainqueur, dimanche, la ligne d'arrivée sur les Champs-Elysées aux côtés de ses coéquipiers. Europe1.fr détaille en chiffres les éléments à retenir de la victoire du "Kényan blanc" sur la 100e édition du Tour de France.

Cela aurait pu être le deuxième, voire le troisième Grand Tour de sa carrière. Mais Christopher Froome n'a remporté dimanche "que" son premier Grand Tour. Deuxième de la Vuelta 2011 (à 13" de Juan José Cobo) et du Tour 2013 (derrière son leader Bradley Wiggins), "Froomey" avait été jusqu'à présent victime de son statut de lieutenant de luxe. Propulsé leader pour la première fois de sa carrière sur ce 100e Tour, disputé sans Wiggins, resté à la maison pour des raisons autant médicales que diplomatiques, le dossard n°1 a assuré son statut de favori en écrasant l'épreuve de bout en bout, ne laissant aucune place au suspense. Ce succès dans le Tour vient clore (provisoirement ?) une saison exceptionnelle pour Froome, également vainqueur du Critérium international, du Tour de Romandie et du Critérium du Dauphiné.

Froome a effectué une vraie main-mise sur ce Tour, en trois coups de force. Dès la première arrivée au sommet, à Ax 3 Domaines, il a pris le Maillot Jaune. Au premier des deux contre-la-montre individuels, il a écrasé la concurrence en repoussant tous ses rivaux à plus de deux minutes. Puis, lors de l'ascension très attendue du Mont Ventoux, les fesses collées sur la selle, il a laissé sur place Alberto Contador. Le reste du temps, il a plutôt bien géré, malgré son début de fringale dans l'Alpe d'Huez et les coups de boutoir de Joaquim Rodriguez (Katusha) et Nairo Quintana (Movistar) dans l'ascension du Semnoz. Egalement vainqueur du contre-la-montre, difficile, entre Embrun et Chorges, Froome achève ce Tour victorieux avec trois succès d'étape à son compteur, un score jamais-vu depuis un certain Lance Armstrong en 2004...

Froome lâche Contador dans le Mont Ventoux :

Froome décroche la plus belle victoire de sa carrière à l'âge de 28 ans. Pour un cycliste, c'est le début de la maturité. "J'ai 28 ans et la plupart des coureurs arrivent à leur meilleure période en début de la trentaine", estime le leader de l'équipe Sky. Ce qui étonnant, ce n'est donc pas tant l'âge auquel Froome remporte son premier Grand Tour, mais ce qu'il avait gagné auparavant (ou ce qu'il n'avait pas gagné). Car, avant son explosion sur la Vuelta 2011, les succès les plus marquants de Froome étaient une étape du Tour du Japon, une du Tour du Cap et... la Mi-août bretonne, disputée au mois d'août. A l'époque, Froome courait encore sous les couleurs du Kénya, sa terre d'origine, avant d'obtenir la double nationalité. "Je suis arrivé dans le sport assez tard", reconnaît celui qui, un jour, a eu des cheveux (voir photo ci-dessous). "Je n'en suis qu'à ma sixième année. J'ai des progrès à faire dans tous les secteurs, en montagne, dans les chronos, dans les descentes." Voilà qui promet.

Avec 5'03" d'avance sur Quintana, Froome signe le plus gros écart entre le vainqueur d'un Tour et son dauphin depuis Armstrong en 2004, qui s'était imposé avec 6'19" d'avance sur Andreas Klöden (avant, évidemment, d'être déchu de cette victoire). La facilité assez déconcertante avec laquelle Froome a maîtrisé ses adversaires (et sa relative fraîcheur physique et mentale) amène à nous interroger sur le nombre de Tours que le "Kényan blanc" pourrait inscrire à son palmarès. D'autant qu'il entend s'y concentrer à 100%. "Personnellement, je pense que le Tour de France doit être le sommet de notre calendrier", insiste-t-il. "C'est la victoire la plus recherchée. Mais la décision est dépendante du parcours, s'il est approprié pour moi, et de l'équipe. Ceci dit, j'aimerais revenir et essayer de gagner le Tour chaque année." Bon courage aux autres coureurs, donc.