L’Italie, pour l’amour du jeu

Par Nicolas Rouyer

Publié le 28 juin 2012 à 17h03 Mis à jour le 28 juin 2012 à 17h12

Pirlo, ici face à l'Angleterre, sera encore le dépositaire du jeu italien contre l'Allemagne. © REUTERS

EURO - La demi-finale Allemagne-Italie promet beaucoup, entre deux équipes offensives.

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"Nous n'avons qu'une seule arme : le jeu." Il y a peu, cette phrase aurait pu paraître incongrue dans la bouche d'un sélectionneur de l'équipe d'Italie. Pendant des décennies, le football italien a en effet été associé au "catenaccio", ce fameux système défensif à cinq défenseurs. Mais tout a changé avec Cesare Prandelli (photo). Depuis qu'il a pris en main la sélection italienne, en 2010, l'ancien entraîneur de la Fiorentina a changé la philosophie de la Squadra Azzurra. Il ne s'agit plus de se reposer sur la défense et d'attendre un miracle en contre ou sur coup de pied arrêté. Désormais, l'Italie prend les devants, comme l'a montré son match face à l'Angleterre, avec pas moins de 35 tirs au but. Et, contre l'Allemagne, jeudi, en demi-finales, l'Italie n'entend pas changer sa (nouvelle) nature face à l'Allemagne.

"Il faut créer, créer, créer"

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"Nous devons prendre des risques et ne pas défendre dans notre surface de réparation. Je préfère prendre un but en contre-attaque plutôt que passer 20 minutes à souffrir", ose même Prandelli. "Ce sera un match ouvert. Il faut créer, créer, créer, et être plus réaliste devant le but, des occasions, nous en avons." Face à la Nationalmannshcaft, le technicien transalpin s'appuiera à nouveau sur un schéma en 4-3-3, avec Andrea Pirlo en meneur reculé et Riccardo Montolivo en soutien de des attaquants Antonio Cassano et Mario Balotelli, deux personnalités fantasques que Prandelli a réussi à imposer en sélection, et qui ont tous les deux marqué face à l'Irlande (2-0, photo). Mieux, Cassano, l'imprévisible, est devenu un des hommes de base du groupe italien.

Face au modèle allemand

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Jeudi, Cassano et Balotelli auront la responsabilité de mettre à mal la belle mécanique de l'Allemagne, une équipe devenue un modèle en termes de révolution culturelle. "L'Allemagne a eu la force et la détermination de changer de route il y a dix ans, ils ont bien travaillé, trouvé des jeunes joueurs, et obtenu des résultats", explique Prandelli. "Il faut savoir faire des sacrifices." Depuis son arrivée dans le staff de la Nationalmannschaft, d'abord en tant qu'assistant de Jürgen Klinsmann, entre 2004 et 2006, puis en tant que sélectionneur, Joachim Löw a profondément modifié le jeu allemand en plaçant la technique avant le physique et en réussissant la synthèse entre les jeunes (notamment Khedira et Özil photo) et quelques éléments d'expérience, comme l'attaquant Miroslav Klose, 34 ans.

Cette recette, l'Italie l'a reprise à son compte au sortir d'une Coupe du monde 2010 ratée, conclue sans la moindre victoire dans un groupe considéré comme facile. Cela vous rappelle une autre équipe ? Ce que la France n'a pas réussi à faire, l'Italie l'a fait.

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