FOOT - Le bilan de Laurent Blanc à la tête de l'équipe de France est très contrasté.
Que reste-t-il des années Blanc ? Alors que le technicien a annoncé samedi, depuis Bordeaux et via un communiqué, sa décision de ne pas briguer un nouveau mandat à la tête des Bleus, l'heure du bilan s'impose. Du positif au négatif, Europe1.fr fait les comptes. Et le bilan est ni blanc, ni noir.
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Des résultats contrastés. Laurent Blanc a récupéré une équipe de France qui avait été éliminée au premier tour de la Coupe du monde dans un groupe comprenant l'Uruguay, le Mexique et l'Afrique du Sud. Il en a fait une équipe capable de battre le Brésil, l'Angleterre et l'Allemagne. Oui mais, en match amical. Car, lors de la série d'invincibilité des Bleus, entamée après une vilaine défaite inaugurale face à la Biélorussie (quand même), il y a souvent eu des résultats nuls parfois gênants, comme celui en Biélorussie (encore), en Roumanie ou face à la Bosnie, le match qui a qualifié les Bleus pour l'Euro. Lors de cet Euro, la seule phase finale que Blanc aura disputé sous son mandat, l'équipe de France a perdu deux fois (et clairement, à chaque fois 2-0, contre la Suède (photo) et l'Espagne), fait un nul (Angleterre 1-1) et gagné seulement contre l'Ukraine. C'est là le symbole d'un Blanc qui, au-delà des matches de gala, a souvent connu des difficultés en compétition. Avec un pourcentage de victoires de 50%, malgré des groupes relativement faibles, en qualification surtout, Blanc ne présente un pourcentage de victoires que de 50%; soit le plus mauvais total depuis Henri Michel. Même Raymond Domenech a fait mieux, avec 51,1%...
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Une volonté de jouer. Laurent Blanc en avait fait un cheval de bataille. Obtenir des résultats mais également proposer du jeu. Las ! Il y a la volonté et il y a la réalité. Combien de matches aboutis les Bleus ont-ils livré sur les deux dernières années, les résultats mis à part ? Très peu. Pour des Ukraine-France enthousiasmants (4-1 en amical en juin 2011, 2-0 lors de l'Euro), combien de Biélorussie-France (1-1 le 3 juin 2011) ou de France-Belgique (0-0 le 15 novembre 2011) particulièrement ennuyeux ? A l'issue de ces deux ans, force est de constater que Blanc n'a pas imposé sa marque. Son mérite : avoir imposé Karim Benzema à la pointe de l'attaque. Mais le Benzema buteur et meneur d'attaque a manqué sa phase finale. Blanc a également longtemps misé sur Yoann Gourcuff avant de l'écarter du groupe des 23 pour l'Euro. Et pour ce qui restera comme son dernier match à la tête des Bleus, face à l'Espagne, il avait choisi un onze très défensif. Ce qui pouvait paraître comme un pari audacieux restera comme un ultime tâtonnement.
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Une autorité contestée. L'une des premières mesures de Blanc lors de son arrivée à la tête des Bleus a été de priver du match amical Norvège-France les 23 membres du groupe des grévistes de Knysna. La bonne affaire. Pas sûr que Franck Ribéry et consorts aient très mal pris de ne pas être du voyage en Norvège, en plein mois d'août. Avec cette décision, Blanc souhaitait passer rapidement l'éponge sur Knysna et s'offrir des perspectives avec certains des mutins, au premier rang duquel figure Franck Ribéry. Si l'on s'en tient à la performance du Munichois lors de l'Euro, on se dit qu'il a plutôt bien fait. "Francky", comme d'autres n'a d'ailleurs pas manqué d'apporter son soutien à Blanc à l'issue de l'Euro. D'autres ont sapé son autorité : Hatem Ben Arfa en lui répondant dans le vestiaire ou Samir Nasri en répétant ses erreurs. Blanc n'a jamais paru en mesure de s'imposer en chef et d'imposer un sous-chef. Le feuilleton, étonnant et parfois assez cocasse, du capitanat a traduit cela : Philippe Mexès, Florent Malouda, Alou Diarra ou Samir Nasri (oui, oui) ont tous été capitaines... Le brassard a finalement atterri autour du bras du trop discret Hugo Lloris, lequel s'est fait rabrouer sur le terrain par Jérémy Ménez, représentant de la génération 1987 à laquelle Blanc a fait confiance. Tout un symbole.
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Une image brouillée. Fin avril 2011, moins d'un an après Knysna et son intronisation à la tête de l'équipe de France, Blanc s'est offert un psychodrame sociétal avec l'"affaire des quotas". Le site Mediapart publie des extraits de réunion à la Fédération française de foot (FFF) sur la mise en place de "quotas discriminatoires officieux". Blanc y déclare : "qu'est-ce qu'il y a actuellement comme grands, costauds, puissants ? Les Blacks" puis "Les espagnols, ils m'ont dit : "nous, on n'a pas de problème. Nous, des Blacks, on n'en a pas." Il se perd un peu dans ses explications, s'en sort sans sanction mais reconnaît avoir pensé à démissionner. Moins "touchy", Blanc participe l'hiver dernier à une opération de communication pour une banque (avec cette question assez ironique quelques mois après l'"affaire des quotas" : avez-vous le profil pour intégrer le groupe ?") sans en référer à la FFF et vient toucher un gros chèque de l'ordre de 250.000 euros. Pas un jackpot en termes d'image.
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Sa relation avec le Graët. Blanc n'a pas été nommé par Noël Le Graët mais par Fernand Duchaussoy. Et ça change (presque) tout. Car le nouveau boss du foot français, élu en juin 2011, est un homme à poigne. Il a d'abord réglé l'affaire des primes du Mondial 2010, qui avait pollué (aussi) le début de mandat de Blanc. Et il a refusé d'accorder un blanc-seing au sélectionner en refusant de le prolonger avant l'Euro. Son souci : un staff trop étoffé et donc trop onéreux à ses yeux. Blanc disposait de 22 personnes à temps plein son service, ce qui est largement dans la norme des grandes équipes européennes et moins qu'à l'époque de Domenech. Mais Le Graët n'a jamais voulu transiger sur ce point. Et le communiqué de Blanc le confirme : "nous ne sommes pas parvenus à trouver un terrain d’entente autour du management de l’équipe de France pour les 2 saisons à venir". Et les raisons évoqués ci-dessus l'avaient placé en position de force.
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