A 16heures, les députés voteront le traité budgétaire européen.
Jusqu’au bout, Jean-Marc Ayrault sera pendu à son téléphone. "Jusqu’à 15h59", précise même Bruno Le Roux, chef de file des députés socialistes à l’Assemblée nationale. Un volontarisme qui a payé puisque selon les informations recueillies par Europe 1, le gouvernement, soulagé, pourra s’appuyer sur une majorité de gauche dans l’Hémicycle.
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Hammadi "en pleine phase de réflexion"
Olivier Dussopt (Ardèche) fait partie de ces nonistes convaincus par le lobbying effréné des missi dominici du Premier ministre. Contacté par Europe1.fr, l’ancien porte-parole de Martine Aubry pendant la primaire socialiste confie en effet qu’il va s’abstenir. "Je prends cette décision au nom de la responsabilité. Je reconnais les avancées du gouvernement, avec notamment ce volet croissance, mais je ne me reconnais pas suffisamment dans ce texte pour le voter", explique-t-il, avant d’admettre que ce choix répond aussi à la volonté "de ne pas mettre le gouvernement dans l’embarras dans un moment crucial pour le pays."
L’entourage de Razzy Hammadi (Seine-Saint-Denis), contacté par téléphone, confie que celui qui est l’un des plus emblématiques tenants du ‘non’ "est toujours en pleine phase de réflexion." D’autres sont beaucoup plus tranchés. Dans un SMS lapidaire, Pouria Amirshahi (Français de l'étranger) rappelle qu’il "a déjà voté contre le traité en commission des Affaires étrangères, il y a 15 jours…". Même méthode et même réponse pour Barbara Romagnan (Doubs). Mathieu Hannotin (Seine-Saint-Denis) est un peu plus bavard. "On avait un désaccord de fond. Mon but n’est pas de mener une guérilla urbaine contre le gouvernement car on partage les mêmes objectifs. Mais mon rôle est de voter en fonction de ma propre conviction, donc ce sera non!", explique-t-il à Europe1.fr.
"Je fais partie de ceux qui sont perdus pour la cause"
Marie-Françoise Bechtel (Aisne) va encore plus loin. Outre son opposition au pacte budgétaire européen, elle assure à Europe1.fr qu’elle ne soutiendra pas non plus la loi organique qui suivra, comme les deux autres députés chevènementistes du groupe socialiste.
Certains doutent encore, ou ne veulent pas faire part de leur décision avant le vote. Dans cette catégorie figurent Denys Robiliard (Loir-et-Cher) Linda Gourjade (Tarn), Michel Pouzol (Essonne), Gérard Sebaoun (Val-d'Oise) ou de Stéphane Travert (Manche). Fanélie Carrey-Conte (Paris), Jean-Philippe Mallé (Yvelines), Marie-Lyne Reynaud (Charente) ou Michel Vergnier (Creuse).
La drague gouvernementale n’a donc pas eu le même effet sur tous les courtisés. Certains n’ont même jamais eu le droit au moindre coup de fil. Christophe Léonard (Ardennes) fait partie de ceux-là. Jérôme Guiedj aussi, et il s’en amuse : "Je fais partie de ceux qui sont perdus pour la cause", lâche-t-il dans un sourire.

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