La journée de mardi s’annonce mouvementée avec une grève générale contre la réforme des retraites.
La première semaine de la rentrée se dessine comme celle de tous les dangers pour Nicolas Sarkozy. Une grosse journée d’action sociale se tient mardi contre la réforme des retraites, enjeu majeur du quinquennat, aux yeux du président. Ce projet de loi sera défendu devant les députés par le ministre du Travail, Eric Woerth, qui plus est affaibli par l'affaire Bettencourt.
Les syndicats espèrent rassembler plus de deux millions de personnes dans toute la France (voir les cartes des manifestations de la CGT et de la CFDT) et dépasser ainsi le chiffre atteint lors des précédents défilés du 24 juin, soit 700.000 manifestants selon la police. Leur refus s'est cristallisé d'emblée sur la principale mesure de la réforme : le report de 60 à 62 ans de l'âge légal de départ en retraite. Il s’agit d’une solution inévitable selon l'exécutif pour sauver un système par répartition menacé d'insolvabilité.
Selon un sondage Ifop pour Ouest France dimanche, 70% des Français approuvent la grève de mardi, un chiffre supérieur aux précédentes manifestations. Cependant, une majorité des personnes interrogées (53%) juge acceptable le report de l'âge légal de départ à la retraite.
Le soutien d'Eric Woerth
Cette journée de mobilisation coïncide avec l'ouverture des débats sur le projet de loi à l'Assemblée nationale. Et à l'épreuve de la rue, s'ajoutent la fragilisation du ministre du Travail, Eric Woerth, mis en cause dans l'affaire Bettencourt. Mais Claude Guéant lui a apporté dimanche son soutien lors du Grand rendez-vous Europe 1/le Parisien : "Oui, Eric Woerth défendra la réforme des retraites à partir de mardi à l'Assemblée nationale". Il "n'a rien à se reprocher", il est "solide". Exit donc une démission du ministre maintenant.
Le secrétaire général de l'Elysée a tenté de déminer le terrain. Il a affirmé que le gouvernement ferait "dans le courant de la semaine" - c'est-à-dire après la journée de mobilisation - "des propositions supplémentaires" sur la réforme des retraites concernant la pénibilité, les longues carrières et les polypensionnés. Mais il a prévenu que "le fond" de la réforme ne pouvait "pas changer" car "la réforme est nécessaire".
Dès lundi, les syndicats d'enseignants du primaire ont lancé un appel à la grève, ce qui est relativement rare si peu de jours après la rentrée scolaire. Le lendemain, ils se joindront à la journée de mobilisation qui touchera de nombreux secteurs.
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