Qui veut le perchoir ?

Par Hélène Favier

Publié le 18 juin 2012 à 01h40 Mis à jour le 21 juin 2012 à 10h15

Présidence de l'Assemblée: quatre candidats pour un perchoir

Présidence de l'Assemblée: quatre candidats pour un perchoir © MAXPPP

Vaillant, Bartolone, Guigou, Glavany sont sur les rangs pour prendre la présidence de l'Assemblée.

Ils sont pour le moment quatre à se disputer la présidence de l'Assemblée nationale. Jeudi, les députés socialistes devront choisir celui ou celle qui présidera la nouvelle Assemblée où le PS est majoritaire. Sauf retrait d'ici jeudi 15 heures, quelque 280 députés PS, dont plus de la moitié de nouveaux élus, écouteront donc les candidats à la candidature leur exposer leur projet et voteront pour l'homme ou la femme de leur choix.

La réunion du groupe PS se tiendra à huis clos dans la salle des Fêtes de l'Hôtel de Lassay, l'hôtel où réside le président de l'Assemblée. Petit indice : les quatre candidats ont été anciens ministres de Lionel Jospin. Qui sont-ils ? Revue de détails.

GUIGOU, DE "DISPONIBLE" A "CANDIDATE"

Dans ce bal des prétendants, être une femme est un avantage pour un quinquennat qui se veut paritaire.

Dès le lendemain des législatives, l'ancienne garde des Sceaux, Elisabeth Guigou s'est déclarée "disponible" pour prendre la présidence. Mercredi, elle a officialisé sa candidature au Perchoir.

Je suis prête", a-t-elle dit en précisant avoir rencontré, avant de prendre sa décision, "beaucoup d'amis" et "beaucoup de députés". "D'abord, il faut avoir l'ambition que l'Assemblée nationale joue un plus grand rôle", a-t-elle souligné en premier lieu. "Je ferai en sorte naturellement que la majorité du Parlement soutienne le gouvernement, l'aide dans son action et aide à la réussite du gouvernement et du quinquennat", a-t-elle indiqué, tout en précisant que "quand il le faudra", elle veillerait à ce que l'Assemblée nationale soit "dans une critique constructive" et fasse des "propositions".

Seul hic, Elisabeth Guigou a peu d'appui dans les rangs des parlementaires socialistes.

VAILLANT, CANDIDAT IN EXTREMIS

Le député de Paris, Daniel Vaillant, est le quatrième candidat socialiste à la présidence de l'Assemblée nationale.Cette candidature a été déposée juste avant 16 heures, heure limite pour le dépôt des candidatures.

La décision de Daniel Vaillant, 62 ans, ancien ministre de l'Intérieur sous le gouvernement de Lionel Jospin (2000-2002), a constitué une surprise dans les couloirs de l'Assemblée nationale.

Il a assuré que sa candidature n'était "pas une candidature de témoignage", et plaidait pour "dégager un rassemblement avant même d'aller devant les députés PS".

BARTOLONE EN EMBUSCADE

A peine, Ségolène Royal voyait la semaine dernière ses rêves de perchoir s'éloigner que Claude Bartolone, député socialiste sortant de Seine-Saint-Denis et ex-proche de Laurent Fabius, préparait le terrain de sa candidature. Ainsi, dès jeudi sur Europe 1, il n'excluait pas de présenter à la présidence de l'Assemblée nationale.

Lundi matin, il a officialisé ses ambitions dans une interview au Parisien . "J'ai tenu à respecter les temps : celui des primaires, celui de la présidentielle, celui des législatives. Nous avons désormais une majorité. Le moment est donc venu de proposer ma candidature", a-t-il expliqué dans cet entretien. Jusqu'à la candidature surprise de Daniel Vaillant, Claude Bartolone avait toutes les chances de l'emporter.

GLAVANY, CANDIDAT EN PERTE DE VITESSE

Alors que, sa candidature, un temps soutenue par les fabusiens et les aubryistes, est en perte de vitesse au siège du PS, l'ancien collaborateur de François Mitterrand a lancé lundi sa campagne pour le perchoir, en organisant une conférence de presse à l'Assemblée.

"Je me présente comme un parlementaire assidu et investi", a-t-il alors déclaré, assurant que "l'élection de François Hollande offre une occasion inestimable pour le Parlement".

Peu avant les législatives, le député avait confié qu'il entamait son dernier mandat de député, lui qui est élu depuis 1993.

Enfin, une autre hypothèse a longtemps tenu la corde. La ministre Marylise Lebranchu, proche de Martine Aubry, avait la faveur de Solférino et de Matignon. Mais la députée du Finistère, très populaire chez ses pairs et qui avait disputé la bataille en 2007 contre Bernard Accoyer pour décrocher cette présidence de l’Assemblée, préfère rester au gouvernement. Mercredi, le ministre chargé des Relations avec le Parlement, Alain Vidalies, a confirmé mercredi que sa collègue de la Réforme de l'Etat et de la Fonction publique ne souhaitait pas être candidate la présidence de l'Assemblée, ce que le Premier ministre a accepté.

Derrière la bataille pour le perchoir se livre aussi celle pour la présidence du groupe socialiste. Le député Bruno Le Roux, proche de François Hollande, est parti favori. Les batailles pour les présidences de commissions pourraient aussi laisser des traces.

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