Quelles chances pour Borloo en 2012 ?

Par Fabienne Cosnay

Publié le 8 avril 2011 à 19h05 Mis à jour le 8 avril 2011 à 19h27

Jean-Louis Borloo ne quitte pas l'UMP, mais les radicaux veulent leur "indépendance". © MAXPPP

Europe1.fr passe en revue les atouts et les handicaps de Jean-Louis Borloo.

"La France est une grande cause, donc si mes amis le souhaitent, je suis prêt à l'incarner". Invité de l’émission A vous de juger jeudi soir, le président du parti radical a fait part de sa disponibilité en vue de 2012 et a laissé planer le doute sur une candidature à la présidentielle. L’occasion de passer au crible ses atouts et ses points faibles.

Il est en position de force face à l’UMP. L’époque où François Fillon lui donnait le doux qualificatif de "zozo" semble bel et bien révolue. Au sein du parti majoritaire, le moindre de ses faits et gestes est désormais scruté à la loupe et l’heure est à la flatterie du président du Parti radical. Jean-Louis Borloo a "une personnalité, une force, une créativité, un bilan hors du commun" a lancé, mercredi, dithyrambique, le secrétaire général de l’UMP, Jean-François Copé. C’est que la perspective d’une candidature Borloo inquiète désormais Nicolas Sarkozy, au plus bas dans les sondages. "Si Borloo est candidat, Nicolas Sarkozy ne sera pas au second tour de la présidentielle, pronostique le politologue et président de CAP (Conseils, analyses et perspectives) Stéphane Rozès.

Face au risque d’éclatement de la droite, les ténors de la majorité ont immédiatement appelé à "l’unité" et insister sur le sens de la "famille UMP". Même François Fillon y est allé de son couplet, appelant Jean-Louis Borloo à "l'unité ( …) une nécessité vitale", tout en affirmant "se reconnaître" dans les valeurs centristes.

Il est populaire. Jean-Louis Borloo fait partie des personnalités politiques les plus populaires, avec 60% d’opinions favorables dans le dernier baromètre Ifop/Paris-Match. "Ce qui est intéressant, c’est qu’il est populaire pour de vraies raisons", analyse le directeur du département opinion et stratégies de l'Ifop, Frédéric Dabi. Au-delà de son côté bon vivant sympathique, le président du Parti radical a "une image d’élu local très positive pour son travail à Valenciennes", où il a été élu maire à trois reprises. "Son bilan ministériel comme ministre délégué à la Ville et à la Rénovation urbaine, puis comme ministre de l'Emploi et de la Cohésion sociale est aussi bien perçu dans l’opinion", ajoute Frédéric Dabi.

La fibre sociale, c'est son affaire. Jean-Louis Borloo a fortement insisté jeudi soir sur sa fibre sociale. "Le parti radical a proposé d'organiser l'aile sociale, humaniste de la majorité", a t-il assuré, en référence à la confédération centriste en cours de construction à laquelle sa formation participe aux côtés du Nouveau centre, de la gauche Moderne et de l'Alliance centriste. L’ancien ministre est allé jusqu’à promettre une "alternative au PS et une alternative à l'UMP". "Face à l’UMP, il a une vrai carte à jouer sur ce terrain", pronostique Frédéric Dabi. "L’orientation prise par l’UMP depuis plusieurs mois, qui regarde à droite et à l’extrême droite, va forcément servir le centre et Jean-Louis Borloo", renchérit Stéphane Rozès.

Mais aura-t-il assez de soutiens ? Le président du Parti radical a affirmé jeudi soir que cela pourrait être "lui, si ses amis le soutiennent". Alors, qui roule aujourd'hui pour Borloo ? Au sein du gouvernement, Jean-Louis Borloo peut compter sur le soutien du ministre de la Ville Maurice Leroy. Et de celui, remarqué, de l’ancienne chouchoute de l’Elysée, Rama Yade. Outre ses fidèles Laurent Hénart et Valérie Létard, l’ancien maire de Valenciennes peut s’appuyer sur plusieurs élus de la majorité au sein du Parlement, où le Parti radical n'a pas de groupe : l'ex-sarkozyste Yves Jégo, les élus Nouveau Centre François Sauvadet, président du groupe NC à l'Assemblée, Jean-Christophe Lagarde, ou encore le sénateur de la Mayenne Jean Arthuis, président de l'Alliance centriste.

A l’inverse, il lui reste un an pour convaincre les députés Pierre Méhaignerie, Marc-Philippe Daubresse et Jean Leonetti qui se sont dissociés de son initiative, vendredi, refusant de rompre le contrat de législature qui les lie à l'UMP jusqu'en 2012. Mais, selon le politologue Stéphane Rozès, "la vague ou non de départs de l’UMP vers le centre dépendra du changement de stratégie au sein du parti présidentiel sur les sujets identitaires".

  • a a
5

Ajouter un commentaire

Votre commnentaire a bien été envoyé, vous allez recevoir un email de confirmation

Message d'erreur

    En ce moment sur Europe 1

    Le flash politique
    1. Hier

      Jouyet pressenti à la Caisse des dépôts

    2. Hier

      Ayrault fait un pas vers le Front de gauche

    3. Hier

      "Les officiels doivent boycotter l'euro" (E1)

    4. Hier

      Le coeur de Jouanno penche pour Fillon (E1)

    5. Hier

      Pour Jouanno, la "charte déontologique est une bonne chose" (E1)

    6. Hier

      45.000 Français de l'étranger ont déjà voté

    7. Hier

      Législatives 2012 : le 18h’

    8. Hier

      Une majorité de Français donne raison à Fillon

    1. Hier

      Détournements de la part de députés ?(presse)

    2. Hier

      Législatives : Mélenchon dévoile son affiche

    3. Hier

      Le Pen se dit "renforcée" par Mélenchon

    4. Hier

      Afghanistan : Longuet sceptique sur le retrait

    5. Hier

      Le PS salue la "méthode Hollande"

    6. Hier

      Estrosi en lutte contre les mariages "bruyants"

    7. Hier

      Menacé de mort, Ciotti (UMP) porte plainte

    8. Hier

      Lellouche "regrette" l'échange Copé-Fillon (JDD.fr)

    1. Hier

      Unilever va renégocier sur Fralib (Montebourg)

    2. Hier

      Copé-Fillon : Guaino prône "l'apaisement"

    3. Hier

      L'emploi, "urgent à traiter" (Chérèque)

    4. Hier

      Rivalité UMP : une "primaire sauvage" (PS)

    5. Hier

      UMP : "un combat de coqs", pour Yade

    6. Hier

      Le vote par Internet connaît des ratés

    7. Hier

      Taubira attaquée: "assez limite" (Cambadélis)

    8. Hier

      Charon : "pas de guerre des chefs" à l'UMP (E1)

    1. Hier

      Retraite à 60 ans : Mailly doute des engagements

    2. Hier

      Charon : "il n'y a plus d'anti-sarkozysme" (E1)

    3. Hier

      Fillon risque de faire perdre la droite (Dati)

    4. Hier

      Rochefort : Bayrou doit être à l'Assemblée (E1)

    5. Hier

      Le drôle de CV de la conseillère de Cahuzac (E1)

    6. Hier

      Plans sociaux : le PC maintient la pression (E1)

    7. Hier

      Visite surprise de Hollande en Afghanistan

    8. Hier

      Cécile Duflot interpellée par des mal logés

    1. Hier

      Filippetti : démenti au sujet de France 24

    2. Hier

      Hollande redit son amitié à l'Algérie

    3. Hier

      Hollande réaffirme l'amitié franco-marocaine

    4. Hier

      Besson était au mariage de Jean-Marie Messier

    5. Hier

      Peillon sera au congrès national de la FCPE

    6. Hier

      Hollande-Ayrault : 58% des Français satisfaits

    7. Hier

      Bourlanges : la sortie de la Grèce serait "dramatique" (E1)

    8. Hier

      Législatives : Bayrou menacé

    1. Hier

      Le PF veut un moratoire sur les licenciements

    2. Hier

      Haute-Savoie: l'UMP exclut 3 candidats dissidents

    3. Hier

      Erika: "catastrophique" (Placé)

    4. Hier

      Montebourg avec les salariés de Fralib vendredi

    5. Hier

      "Avec Hollande, l'Europe avance" (PS)

    6. Hier

      Duflot en charge du Grand Paris

    7. Hier

      Seafrance : Montebourg "regrette" ses propos

    8. Hier

      FN : objectif 150 circonscriptions au 2nd tour

    1. Hier

      Elysée : 9,4 millions € de sondages en 5 ans

    2. Hier

      "La guerre des chefs a commencé à l'UMP" (FN)

    Le buzz politique
    Suivez-nous
    Europe 1 Vidéos

    Pour retrouver les vidéos d'Europe1, cliquez ici

    Humour, politique, culture, sport, économie, découvrez toutes les vidéos d'Europe1.

    Toutes les vidéosVidéos les plus vues
    Evénement