Quel avenir pour Martine Aubry ?

Par Fabienne Cosnay et Alexandre Kara

Publié le 13 septembre 2012 à 18h34 Mis à jour le 13 septembre 2012 à 18h52

© REUTERS

La patronne du PS va retrouver sa mairie de Lille. Tout en gardant un oeil sur Matignon.

Dès dimanche, elle redeviendra une simple militante. Martine Aubry a annoncé jeudi sur France 2 qu’elle lâcherait les rênes du PS "à la fin de la semaine", laissant ainsi l’intérim à son successeur désigné, Harlem Désir, jusqu'à son élection au Congrès de Toulouse, fin octobre.





Officiellement, la première secrétaire accélère son départ de Solférino pour "passer le témoin" à son successeur. "Le parti est dans de bons rails, dans de bonnes mains", a-t-elle expliqué. "Je laisse la place, je passe le témoin. C’est aussi une façon de montrer qu’il ne faut pas s’accrocher. Il y a tellement de gens qui s’accrochent, en considérant que seuls eux peuvent faire !", s’est exclamée la maire de Lille, sur France 2.

En réalité, selon son entourage, Martine Aubry a souhaité quitter plus tôt que prévu ses fonctions de première secrétaire - elle devait rester jusqu'au mois d'octobre - lassée par le casse-tête interminable de sa succession.

"Une stratégie de repli"

Martine Aubry va donc retrouver à plein temps la mairie de Lille, "une ville qui la comble". Un ancrage local et une stratégie de repli qui lui permettront de rebondir sur le plan national, tôt ou tard. "Martine veut se faire bien réélire aux municipales en 2014 pour apparaître comme un recours au PS, dans l'hypothèse où la majorité perde les élections", confie l'un de ses proches.

L'ancienne patronne du PS n'entend pas pour autant "se terrer" dans sa métropole lilloise. A la manière d'un Alain Juppé, elle continuera à suivre les affaires nationales et la politique menée par Jean-Marc-Ayrault. "Ma voix, vous l'entendrez", a t-elle promis aux militants, lors de son discours à l'université d'été de La Rochelle.

2014, si...

Ses fonctions de maire et de présidente de la Communauté urbaine de Lille lui suffiront-elles ? Pas si sûr. "Je suis plus utile aujourd'hui là où je suis. Je ne sais pas ce qui se passera dans quatre, cinq, six, sept ans", a-t-elle confié, mercredi. Une manière de laisser la porte ouverte à d'autres opportunités.

En mai dernier, François Hollande lui a préféré Jean-Marc Ayrault au poste de Premier ministre. Qu'en sera-t-il dans deux ans ? 2014 sonnera l'heure des comptes pour le gouvernement avec le bilan de "l'agenda du redressement" annoncé par François Hollande, dimanche dernier. Si le succès n'est pas au rendez-vous, Jean-Marc Ayrault sera contraint de laisser sa place à Matignon. Dans cette hypothèse, Martine Aubry fait partie des "Premiers ministrables" crédibles au même titre que le ministre de l'Intérieur, Manuel Valls et Pierre Moscovici, ministre de l'Economie.

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