Propos de Hollande : l'extrême gauche voit rouge

Par Europe1.fr avec Reuters

Publié le 14 février 2012 à 18h16 Mis à jour le 14 février 2012 à 21h00

François Hollande s'est exprimé dans la presse britannique.

François Hollande s'est exprimé dans la presse britannique. © MAXPPP

Les déclarations du socialiste dans la presse anglo-saxonne ont provoqué l'ire de Jean-Luc Mélenchon.

Ses déclarations à la presse anglo-saxonne visaient simplement à rassurer le monde de la finance, qu'il avait présenté plus tôt dans sa campagne comme son "principal adversaire". Mais les propos de François Hollande dans le Guardian, lundi, ont visiblement déplu à ses alliés communistes. Dans le quotidien britannique, répondant à un journaliste qui s'inquiétait de l'arrivée de la gauche au pouvoir en France, le candidat socialiste déclare : "les années 80 étaient une époque différente. Les gens disaient qu'il y aurait des chars soviétiques sur la place de la Concorde. Cette époque est révolue, c'est de l'Histoire".

Le candidat socialiste affirme au passage qu’en France, "il n’y a plus de communistes". "La gauche a été au gouvernement pendant 15 ans au cours desquels nous avons libéralisé l’économie, ouvert les marchés à la finance et aux privatisations. Il n’y a rien à craindre", assure-t-il, quelques jours avant une visite à Londres.

Des "génuflexions" qui "font mal à la gauche"

Cette sortie lui a aussitôt valu de vives réactions de l’extrême gauche française. Jean-Luc Mélenchon, le candidat du Front de Gauche, a notamment dénoncé une attitude " hautaine insupportable". "Je suis le candidat des communistes", et "il est mauvais observateur", a ajouté l'ex-sénateur PS. Le PCF, lui, a revendiqué ses "132.000 adhérents" et "10.000 élus".

Alors que le patron du PCF, Pierre Laurent a parlé de "grosses bêtises", Olivier Dartigolles, porte-parole du parti, a estimé quant à lui que les "génuflexions" du candidat devant la City "font mal à la gauche". Dans un communiqué, l’ancienne ministre communiste Marie-Georges Buffet a, pour sa part, surfé sur la sortie du film La Dame de fer, dans lequel Meryl Streep incarne Margaret Thatcher : "ce n’est pas parce que Meryl Streep redore la beauté de Margaret Thatcher qu’il faut se laisser séduire par les sirènes du libéralisme".

Hollande rectifie le tir

Mardi, lors d’une visite à Saint-Etienne, François Hollande a voulu calmer le jeu et précisé ses propos, parlant de "respect" pour la gauche de la gauche, et invoquant un nécessaire "rassemblement" de la gauche. François Hollande a précisé : "oui il y a un Parti communiste, il y a des communistes bien sûr, mais enfin, il ne sont plus ce qu'ils étaient en 1981".

Un peu plus tard, le socialiste a ajouté : "François Mitterrand a été élu alors qu'il était allié au PCF qui représentait près de 20% des électeurs, il était sur une politique jugée particulièrement redoutable pour les marchés de l'époque. Aujourd'hui, la situation est différente, la gauche a déjà gouverné le pays et c'est bien que les communistes soient encore là".

Sarcasmes à droite

Les propos du candidat PS ont suscité quelques sarcasmes à droite. "Cela s'appelle tenir un double langage. En janvier, le monde de la finance est le seul véritable adversaire du candidat socialiste. En février, la gauche a bien fait de libéraliser les marchés et la finance. En mars, on change encore d'avis ou on attend avril ?", a réagi le ministre de la Coopération Henri de Raincourt.

Hommage à Tony Blair

Si le candidat socialiste a désigné, le 22 janvier dernier, le "monde de la finance" comme son principal adversaire, il a néanmoins tenu à rassurer celui-ci, selon le Guardian. François Hollande a en effet assuré au quotidien britannique qu’il n’était pas "agressif" ni vu en France comme quelqu’un de très à gauche en matière de régulation de la finance. Il a revendiqué une position proche de celle de Barack Obama, glissant : "on pourrait dire qu’Obama et moi avons les mêmes conseillers".

François Hollande a aussi rendu hommage à Tony Blair, l'ex-Premier ministre travailliste, un homme "tellement intelligent qu’il n’avait pas besoin d’être arrogant". Il lui reproche cependant d’avoir "succombé à l’idée dominante selon laquelle les marchés pourraient s’autoréguler et à la notion selon laquelle les marchés et le libéralisme pouvaient être facteur de croissance […] on a vu les conséquences".

  • a a
22

Et aussi

Ajouter un commentaire

Votre commnentaire a bien été envoyé, vous allez recevoir un email de confirmation

Message d'erreur

    En ce moment sur Europe 1

    Le flash politique
    1. Hier

      Jouyet pressenti à la Caisse des dépôts

    2. Hier

      Ayrault fait un pas vers le Front de gauche

    3. Hier

      "Les officiels doivent boycotter l'euro" (E1)

    4. Hier

      Le coeur de Jouanno penche pour Fillon (E1)

    5. Hier

      Pour Jouanno, la "charte déontologique est une bonne chose" (E1)

    6. Hier

      45.000 Français de l'étranger ont déjà voté

    7. Hier

      Législatives 2012 : le 18h’

    8. Hier

      Une majorité de Français donne raison à Fillon

    1. Hier

      Détournements de la part de députés ?(presse)

    2. Hier

      Législatives : Mélenchon dévoile son affiche

    3. Hier

      Le Pen se dit "renforcée" par Mélenchon

    4. Hier

      Afghanistan : Longuet sceptique sur le retrait

    5. Hier

      Le PS salue la "méthode Hollande"

    6. Hier

      Estrosi en lutte contre les mariages "bruyants"

    7. Hier

      Menacé de mort, Ciotti (UMP) porte plainte

    8. Hier

      Lellouche "regrette" l'échange Copé-Fillon (JDD.fr)

    1. Hier

      Unilever va renégocier sur Fralib (Montebourg)

    2. Hier

      Copé-Fillon : Guaino prône "l'apaisement"

    3. Hier

      L'emploi, "urgent à traiter" (Chérèque)

    4. Hier

      Rivalité UMP : une "primaire sauvage" (PS)

    5. Hier

      UMP : "un combat de coqs", pour Yade

    6. Hier

      Le vote par Internet connaît des ratés

    7. Hier

      Taubira attaquée: "assez limite" (Cambadélis)

    8. Hier

      Charon : "pas de guerre des chefs" à l'UMP (E1)

    1. Hier

      Retraite à 60 ans : Mailly doute des engagements

    2. Hier

      Charon : "il n'y a plus d'anti-sarkozysme" (E1)

    3. Hier

      Fillon risque de faire perdre la droite (Dati)

    4. Hier

      Rochefort : Bayrou doit être à l'Assemblée (E1)

    5. Hier

      Le drôle de CV de la conseillère de Cahuzac (E1)

    6. Hier

      Plans sociaux : le PC maintient la pression (E1)

    7. Hier

      Visite surprise de Hollande en Afghanistan

    8. Hier

      Cécile Duflot interpellée par des mal logés

    1. Hier

      Filippetti : démenti au sujet de France 24

    2. Hier

      Hollande redit son amitié à l'Algérie

    3. Hier

      Hollande réaffirme l'amitié franco-marocaine

    4. Hier

      Besson était au mariage de Jean-Marie Messier

    5. Hier

      Peillon sera au congrès national de la FCPE

    6. Hier

      Hollande-Ayrault : 58% des Français satisfaits

    7. Hier

      Bourlanges : la sortie de la Grèce serait "dramatique" (E1)

    8. Hier

      Législatives : Bayrou menacé

    1. Hier

      Le PF veut un moratoire sur les licenciements

    2. Hier

      Haute-Savoie: l'UMP exclut 3 candidats dissidents

    3. Hier

      Erika: "catastrophique" (Placé)

    4. Hier

      Montebourg avec les salariés de Fralib vendredi

    5. Hier

      "Avec Hollande, l'Europe avance" (PS)

    6. Hier

      Duflot en charge du Grand Paris

    7. Hier

      Seafrance : Montebourg "regrette" ses propos

    8. Hier

      FN : objectif 150 circonscriptions au 2nd tour

    1. Hier

      Elysée : 9,4 millions € de sondages en 5 ans

    2. Hier

      "La guerre des chefs a commencé à l'UMP" (FN)

    Le buzz politique
    Suivez-nous
    Europe 1 Vidéos

    Pour retrouver les vidéos d'Europe1, cliquez ici

    Humour, politique, culture, sport, économie, découvrez toutes les vidéos d'Europe1.

    Toutes les vidéosVidéos les plus vues
    Evénement