Militants UMP, ce qui vous attend

Par Rémi Duchemin avec Ludovic Fau

Publié le 4 juillet 2012 à 12h46 Mis à jour le 4 juillet 2012 à 13h16

L'identité du président de l'UMP sera connu le 18 ou le 25 novembre.

L'identité du président de l'UMP sera connu le 18 ou le 25 novembre. © Maxppp

Le nouveau président sera élu le 25 novembre. D’ici là, la campagne s’annonce tendue.

Les conditions de l’élection du président de l’UMP sont désormais connues. Europe 1 révélait mercredi matin que l’élection du leader du grand parti de la droite aurait lieu le 25 novembre, ou le 18 en cas de victoire au premier tour. Le bureau politique a confirmé quelques heures plus tard ces dates, proposées par la Commission d'organisation et de contrôle des opérations électorales (Cocoe) de l'UMP. Il a aussi validé les conditions d’une élection qui devrait laisser des traces au sein de l’ex-parti présidentiel.

• Quelles échéances ? Outre les 18 et 25 novembre, d’autres dates ont été arrêtées par le bureau politique. Ainsi, les postulants devront faire acte de candidature avant le 18 septembre, soit deux mois tout juste avant le premier tour, en transmettant leur demande au bureau politique et à la Cocoe. Quant à la campagne officielle, elle aura lieu du 5 octobre au 17 novembre minuit. Il sera alors temps de voter une première fois. Et si aucun candidat ne recueille la majorité absolue, il sera procédé à un second tour de scrutin.

• Quel mode de scrutin ? L'élection sera organisée au niveau départemental par les fédérations, par vote papier. Pourront voter à ce congrès les militants à jour de leurs cotisations au moment du vote. Ils sont actuellement quelque 260.000, affirme l'UMP. Pour pouvoir se présenter, chacun des candidats devra avoir recueilli un certain nombre de parrainages de militants. Le nombre exact (qui pourrait être de l'ordre de 8.000 à 10.000) sera arrêté par la Cocoe le 18 juillet au plus tard.

Par ailleurs, et la précision est d’importance, les militants ne devront pas voter pour un seul candidat, mais pour un triumvirat, composé d’un président (poste gelé pendant le quinquennat de Nicolas Sarkozy), d’un vice-président et d’un secrétaire général. Chaque prétendant devra donc être accompagné de deux lieutenants, dont le nom apparaîtra sur les bulletins de vote.

• Quels candidats ? Pour l’heure, seul François Fillon a officiellement fait acte de candidature, en se déclarant le week-end dernier. L’ancien Premier ministre devrait selon toute vraisemblance affronter son rival Jean-François Copé, avec qui l’échange d’amabilité a d’ailleurs commencé. L'actuel secrétaire général de l'UMP a lui aussi l'intention d'être candidat mais il ne devrait entrer en lice que fin août. D'autres responsables de l'UMP ont laissé entendre qu’ils pourraient eux aussi être candidats, comme Alain Juppé, Nathalie Kosciusko-Morizet et Bruno Le Maire. Mais a priori, on s’achemine vers un duel Fillon-Copé.

>> LIRE : Copé-Fillon, les piques avant le congrès

• Quelle campagne ? Si la tendance actuelle se confirme, elle sera délétère. Depuis le second tour des législatives, le 17 juin, l’UMP est d’ores et déjà engagée dans une guerre des chefs parfois violente. La défection de Valérie Pécresse, ex-mousquetaire de l’UMP aux côtés de Jean-François Copé, en faveur de François Fillon en est un parfait exemple. "Le zèle que Valérie Pécresse met à soutenir Fillon me fait gerber, c'est le zèle des convertis de fraîche date", a réagi l’actuel secrétaire général de l’UMP selon Le Canard enchaîné.

>> LIRE : A l'UMP, les mousquetaires ne sont plus

Et entre les deux camps, la défiance est de mise. Les partisans de François Fillon estiment ainsi que les moyens de l’UMP sont actuellement mis au service de son secrétaire général. "Que ce soit le magazine qui est envoyé aux militants, le site Internet, le compte Twitter du parti… On ne voit que lui. Fillon est complètement zappé" déplorait mardi un partisan de l’ex-Premier ministre.

Selon les informations d’Europe 1, François Fillon a d’ailleurs écrit une lettre au président de la commission électorale du parti pour demander des précisions sur les conditions de l’élection du président. "Vu la façon dont les choses se passent en ce moment, cette lettre permet d’envoyer un signal", admettait un proche de François Fillon. Réponse de l’entourage de Jean-François Copé : "ces accusations, ce sont des trucs de mauvais joueurs qui veulent bien se présenter à une élection, mais à condition d’être sûr de gagner". Les cinq mois qui séparent l’UMP de l’élection de son président devraient être des plus agités. Et pourrait être dévastateur pour l’avenir de l’ancien parti majoritaire.

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