Les heures sup' électrisent l'Assemblée

Par Laurent Berbon avec agences

Publié le 18 juillet 2012 à 09h34 Mis à jour le 18 juillet 2012 à 14h37

D'incidents en incidents, la séance a été levée avant que les députés n'entament l'examen des amendements.

D'incidents en incidents, la séance a été levée avant que les députés n'entament l'examen des amendements.

L'abrogation de cette réforme phare de Sarkozy a donné lieu à un débat agité dans l'Hémicycle.

C'était l'une des mesures emblématiques du quinquennat Sarkozy. L'abrogation des heures supplémentaires exonérées, voulue par la nouvelle majorité de gauche, a donc donné lieu à un débat électrique et émaillé d'incidents dans la nuit de mardi à mercredi à l'Assemblée nationale.

La majorité souhaitait que le vote intervienne avant mercredi matin. Mais la séance a dû être stoppée, tant les échanges entre les ténors de l'UMP et ceux de la majorité en place ont été houleux, dans un climat déjà tendu après le vote, mardi, de la suppression de la TVA sociale, une autre réforme phare de la droite.

Copé directement visé

François de Rugy, député vert. © MAXPPP

Une simple phrase du co-président des députés écologistes, François de Rugy a, à elle seule, suffi à enflammer la séance mardi soir. "C'est vrai que Monsieur Copé, quand il était à la fois député, maire de Meaux, président de la communauté d'agglomération, et président des députés UMP, trouvait moyen de faire quelques heures supplémentaires dans un cabinet (d'avocats), qui étaient fort bien payées", a lancé l'écologiste. Avant d'ajouter : "là, la défiscalisation ça comptait".

De quoi s'attirer les foudres de l'opposition. A commencer par le président du groupe UMP à l'Assemblée, Christian Jacob. Très proche du patron de l'UMP, celui-ci a dénoncé des propos "haineux et "insultants et demandé des "excuses publiques". Réponse de François de Rugy : "sûrement pas". "Ce que j'ai dit tout à l'heure, ce sont des choses qui sont dans la biographie de Monsieur Copé", a-t-il argumenté.

Regardez l'intervention de François de Rugy :


Plusieurs anciens ministres du gouvernement Fillon ont alors donné de la voix. "Vous perdez votre sang-froid", a fustigé Xavier Bertrand, à l'adresse de la nouvelle majorité, jouant dans le même temps la provocation. "Allez jusqu'au bout du raisonnement, si vous pensez que ceux qui font des heures supplémentaires prennent les emplois des autres, alors supprimez les 25%" (de majoration de salaire, ndlr)", a ainsi demandé Xavier Bertrand. Laurent Wauquiez, l'animateur de la Droite sociale, a de son côté accusé les socialistes de "faire les poches des classes moyennes".

Des attaques relayées par l'ex-secrétaire d'Etat au Commerce extérieur, Pierre Lellouche. "Vous êtes en train de vous scotcher l'étiquette de ceux qui piquent de l'argent aux pauvres ! ", s'est indigné l'élu parisien.

Les socialistes déplorent "un prétexte"

Des arguments balayés d'un revers de main par le député écologiste Eric Aulazet. "Vous voulez vous refaire la cerise avec les classes moyennes, avec celles et ceux qui vous ont sanctionnés ! ", a-t-il avancé. Bruno Le Roux, le président des députés PS, a lui estimé que l'opposition cherchait "un prétexte pour arrêter les débats".

D'incidents en incidents, la séance a été levée avant que les députés n'entament l'examen des amendements. Les députés français se sont donc séparés tôt mercredi matin sans avoir pu achever l'examen de l'article du collectif budgétaire abrogeant le dispositif allégeant la fiscalité sur les heures supplémentaires.

Ce vote doit donc intervenir dans l'après-midi, dans une atmosphère peut-être apaisée. Lors d'une réunion du bureau de l'Assemblée, mercredi matin, le président, Claude Bartolone (PS), a voulu calmer le jeu, selon l'un des participants, en indiquant qu'il s'expliquerait avec les chefs de file des groupes. En tout état de cause, chaque camp tentera de tirer ses dernières cartouches d'arguments.

>> A lire aussi : Heures sup', le casse-tête du PS

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