Les conseils de Jacques Chirac

Les apparitions médiatiques de Jacques Chirac sont rares.
Les apparitions médiatiques de Jacques Chirac sont rares. © Reuters
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Caroline Vigoureux
L’ancien locataire de l’Elysée appelle au respect pour la campagne présidentielle.

 

Ses interventions médiatiques sont rares et bien maîtrisées. Alors que le deuxième Tome de ses Mémoires paraît prochainement, Jacques Chirac a accordé une longue interview au Figaro, à paraître samedi. A quelques mois de la présidentielle, l’ancien président tient à livrer ses derniers conseils avant 2012.

 

"Ma longue expérience m'a aussi appris que les campagnes électorales pouvaient être excessivement violentes. A quelques mois seulement d'une échéance présidentielle capitale pour l'avenir de notre pays, prenons garde à ne pas sortir du cadre du respect de l'autre, du débat d'idées et de la confrontation des projets", prévient l’ancien locataire de l’Elysée.

 

"De bonnes relations" avec Sarkozy

 

L’occasion dans ces quelques lignes de faire savoir qu’il regrette la mise en avant par les médias de ses remarques acerbes envers Nicolas Sarkozy dans son livre. "Que, dans ce livre de 600 pages, il puisse être tiré une phrase ici et là me navre", regrette-t-il, avant d’ajouter : "S'agissant de mon successeur, je me suis tenu et je me tiendrai toujours à une ligne : ne jamais gêner son action par quelque commentaire que ce soit".

 

Il assure aujourd’hui que ses relations avec Nicolas Sarkozy "sont bonnes". "Nous avons, aujourd'hui, des relations franches, cordiales et personnelles. Et plus que tout autre, je sais la difficulté de sa tâche", explique Jacques Chirac.

 

"Assumer son héritage"

 

Pas question pour autant de minimiser sa rancune sur le fait que Nicolas Sarkozy n’ait jamais cité son nom, au soir même de son élection. "On gagne toujours à assumer son héritage. Alors oui, j'ai été touché de cet oubli", concède-t-il. "Je l'ai été aussi parce que je pense ne pas avoir à rougir de l'état dans lequel nous avons laissé la France en 2007", argue aussi Jacques Chirac.

 

"Un bilan dont Nicolas Sarkozy pouvait, malgré le thème de la rupture, revendiquer toute sa part. Un bilan dont je suis d'ailleurs convaincu qu'il a constitué un élément non négligeable de sa victoire", fait-il valoir.

 

"Stupéfait" par l’affaire DSK

 

Ce qui inquiète aussi Jacques Chirac, ce sont les affaires de mœurs qui ont secoué la classe politique française. Il raconte ainsi avoir été "stupéfait" à l'annonce de l'arrestation de Dominique Strauss-Kahn à New York, accusé de crime sexuel. "Stupéfait devant la gravité de l'acte qui lui est reproché. Stupéfait également par la tornade médiatico-politique planétaire que cet événement a provoquée. En de pareilles circonstances, je crois qu'il ne faut s'en tenir qu'à un principe, celui du respect", prévient-il, redoutant "que les Français finissent par croire que la politique, c'est cela".