La méthode Hollande à l'épreuve

Par Fabienne Cosnay

Publié le 9 juillet 2012 à 12h54 Mis à jour le 28 février 2013 à 12h27

La méthode Hollande à l'épreuve

© REUTERS

Lors de la "grande conférence sociale", le président veut se distinguer de son prédécesseur.

Pour François Hollande, la conférence sociale, qui se tient jusqu'à mardi, a valeur de test. Sur le fond, le président entend démontrer que le dialogue social est la bonne méthode pour mener à bien les réformes nécessaires dans le pays. Sur la forme, le chef de l'Etat veut à tout prix se démarquer de son prédécesseur, Nicolas Sarkozy. Voici les préceptes de la méthode Hollande.

• Le choix des mots

A la sauce hollande, une réunion entre les syndicats et le patronat n'est pas un "sommet social" mais une "grande conférence sociale". François Hollande entend ainsi se démarquer de Nicolas Sarkozy. Et les ministres sont priés de respecter les éléments de langage. Le ministre du Redressement productif, Arnaud Montebourg, a été rappelé à l'ordre en plein Conseil des ministres, pour avoir employé le terme "sommet social".

• Tout sauf l'Elysée

Sous l'ère Hollande, on ne convoque plus syndicats et patronat, rue du Faubourg Saint-Honoré. Le président a tenu personnellement à ce que cette grande conférence sociale se tienne ailleurs que sous les ors du Palais de l'Elysée. Là encore, la rupture est clairement affichée avec son prédécesseur, Nicolas Sarkozy. L'ancien chef de l'Etat avait organisé un sommet social à l'Elysée dont le bilan avait été plus que mitigé. François Hollande a, lui, opté pour le Conseil économique, social et environnemental (Cese). Le lieu comprend un hémicycle et des salles de réunion de 30 à 40 places - parfaits pour instaurer "un dialogue social". "Ce n'est pas deux heures au Château avec un communiqué à la sortie", résume un conseiller élyséen au Parisien.

• Laisser travailler les ministres

Nicolas Sarkozy avait la réputation de ne pas laisser "respirer" ses ministres. Lors du sommet social, l'ancien chef de l'Etat était monté en première ligne. "Les ministres étaient potiches absolues. Ils ne prenaient pas la parole pendant la conférence sociale. On avait juste le droit de reprendre du café", a confié, avec une pointe d'ironie, Martin Hirsch, l'ancien Haut commissaire aux Solidarités actives sous le gouvernement Fillon, interrogé par Europe 1.

La méthode Hollande est encore différente. Le président a bien lancé en personne cette grande conférence sociale mais il entend laisser travailler ses ministres sur chacune des sept tables rondes organisées lundi et mardi : l'emploi, le service public, les retraites, le redressement économique, l'égalité homme/femme, les salaires, la formation. A charge ensuite pour eux de remonter les différentes propositions à Jean-Marc Ayrault.

• Démontrer l'efficacité de sa méthode

François Hollande entend démontrer aux syndicats et patronat que la concertation sociale est la bonne méthode. "Ce n'est pas là (à cette conférence sociale) que vont être réglés tous les problèmes de la France mais c'est là que vont s'engager des discussions qui tout au long des prochains mois vont déboucher sur soit des textes de loi, soit des compromis entre partenaires sociaux, soit des concertations", a assuré samedi le chef de l'Etat devant des journalistes à Reims. Encore une fois, le président veut se démarquer de son prédécesseur, accusé d'être "passé en force" sur plusieurs sujets pendant son quinquennat. "Avec Nicolas Sarkozy, on pouvait savoir la solution avant de rentrer dans la salle. C'était boutiqué avant", a confié Martin Hirsch sur Europe 1. Prônant une autre méthode, François Hollande sait aujourd'hui que les syndicats l'attendent au tournant.

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