DECRYPTAGE - Le projet de loi est débattu à l'Assemblée. L'opposition avance en ordre dispersé.
C'est l'une des promesses emblématiques du candidat Hollande. C'est le chantier phare du gouvernement, symbole de la priorité donnée à la "bataille pour l'emploi" en cette rentrée. Les emplois d'avenir ont lancé mardi la session extraordinaire à l'Assemblée nationale. Un projet de loi destiné à favoriser l'insertion des jeunes des zones défavorisées, mais qui selon l'opposition aboutit à faire de "la discrimination positive" en faveur des jeunes de ces territoires.
Le contexte. Alors que le chômage bat des records, le gouvernement entend accélérer l'application des promesses de campagne avec l'espoir d'inverser la courbe du chômage d'ici un an. Avec les emplois d'avenir, mesure "ambitieuse et rapide" selon le Premier ministre Jean-Marc Ayrault, le gouvernement veut se concentrer sur "le coeur du chômage des jeunes", les 16-25 ans peu ou pas qualifiés par le biais de 150.000 contrats chaque année, dont 100.000 dès 2013, largement subventionnés par l'Etat pendant trois ans maximum. Si la droite est vent debout contre ce dispositif, la flambée du chômage incite certains membres de l'opposition à un soutien mesuré. Europe1.fr fait le tri à droite.
ILS SONT POUR
© REUTERS
Ils ne représentent pas la majorité à droite, mais n'en sont pas moins des figures de l'opposition. Mercredi, le député UMP Henri Guaino "pensait" ainsi qu'il allait voter la création des emplois d'avenir, même si le texte gouvernemental lui paraît "mal fait". Sur i-TELE, l'ex-conseiller spécial de Nicolas Sarkozy a déclaré mercredi : "le texte n'est pas bon, il est mal fait, ça n'est pas une réponse à la question du chômage", mais "tout le monde a fait des emplois aidés, nous aussi. Je reste sur un principe qui me paraît sain: ce que nous avons fait, je ne peux pas reprocher au gouvernement de le faire".
Les emplois d'avenir sans formation ne méritent pas leur nom!maisils permettront à des jeunes sans qualif d'avoir une expér prof.Je voterai!
— Lionnel Luca 2012 (@lionnelluca2012) August 29, 2012
Même son de cloche chez Lionnel Luca, pilier de la Droite populaire. "Il ne faut pas laisser à la gauche le monopole de la jeunesse", avait-il estimé mardi. Attribuant beaucoup de défauts" à ce texte, le député UMP a annoncé la couleur : "il y a 150.000 jeunes qui vont acquérir une expérience professionnelle et ça, c'est quand même mieux que Pôle Emploi". Moins surprenant, plusieurs centristes du groupe UDI, que préside l'ex-ministre de l'Emploi Jean-Louis Borloo, se disaient aussi prêts à voter ce dispositif, à l'instar d'Yves Jégo, convaincu que "face au chômage, il faut savoir transcender les clivages". Enfin, l'ex-Premier ministre Jean-Pierre Raffarin a annoncé mardi qu'il voterait pour les emplois d'avenir, qui sont "une marche vers l'emploi", même s'il aurait préféré un dispositif conditionnant les allègements de charges liés aux 35 heures à l'embauche d'apprentis.
ILS ONT POSE DES CONDITIONS
Jean-Christophe Lagarde © REUTERS
Les centristes se sont dits prêts à se prononcer en faveur des emplois d'avenir si l'on y ajoute dix heures de formation hebdomadaire pour les jeunes concernés et l'inclusion des très petites entreprises dans le dispositif, selon leur porte-parole, Jean-Christophe Lagarde.
ILS SONT FAROUCHEMENT CONTRE
© MAXPPP
Le groupe UMP est dans sa grande majorité contre. "Notre opposition est déterminée", a dit son président Christian Jacob, même si certains de ses membres entendaient voter pour ou s'abstenir. "Ce texte est une mauvaise réponse, il est à côté de la plaque", a pour sa part accusé pour sa part Jean-François Copé, qui devait voter contre le projet de loi,"remake des emplois-jeunes de Martine Aubry il y a 15 ans, qui n'ont en réalité pas marché".
Le député UMP Bruno Le Maire est lui aussi hostile aux emplois d'avenir, jugeant que "le traitement social du chômage ne marche pas" et que leur financement serait mieux employé à la formation.
ILS SONT CONTRE MAIS COMPTENT BIEN LES UTILISER
© REUTERS
Certains députés UMP, déterminés à voter contre les emplois d'avenir, ont expliqué mardi dans les couloirs de l'Assemblée qu'ils pourraient cependant en utiliser dans leurs collectivités locales si elles en ont besoin, car "la loi, c'est la loi". "Ce n'est pas parce que vous ne votez pas une loi que vous en refusez l'application si vous en avez besoin", a ainsi déclaré le député de Paris, Claude Goasguen, par ailleurs maire du 16e arrondissement.
Couac à l'UMP:voter ou ne pas voter les emplois d'avenir? Que ceux qui se prononcent contre n'aient pas le culot d'en réclamer pour chez eux
— Alain Vidalies (@AVidalies) September 11, 2012
Pour l'ex-ministre des Transports et député des Français de l'étranger, Thierry Mariani, "à partir du moment où il y a des moyens de l'Etat, les maires auraient tort de ne pas l'utiliser". "La loi s'applique à tous, de droite comme de gauche", a estimé le chef de file de la Droite Populaire. Convaincu que ces emplois d'avenir risquent de "faire des frustrés", Jacques Myard, autre membre de la Droite Populaire, a implicitement reconnu qu'il pourrait y recourir. "Moi, je me sers des lois, mais le problème n'est pas là", a-t-il confié.
L'examen du texte par l'Assemblée devrait se poursuivre jusqu'à jeudi. Le Sénat l'examinera à son tour à partir du lundi 24 septembre.
A lire aussi : >> Que sont devenus les emplois-jeunes ?

en replay
excellent ! - 7 votes
bien - 36 votes
20:50 | Divertissement
The Voice, la plus belle voix
20:45 | Pièce de théâtre
La vérité
21:00 | Variétés
58e Concours Eurovision de la chanson
21:00 | Football
Football
20:50 | Histoire
Le drakkar et la croix
20:50 | Série policière
Hawaii 5-0
Ajouter un commentaire