La France du "non" au gouvernement

Par Europe1.fr avec AFP.

Publié le 17 mai 2012 à 14h49 Mis à jour le 17 mai 2012 à 15h17

Laurent Fabius était le "chef de file" des partisans du "non " au projet de Constitution européenne soumise à référendum en 2005.

Laurent Fabius était le "chef de file" des partisans du "non " au projet de Constitution européenne soumise à référendum en 2005. © MAXPPP

Une première : des partisans du "non" au référendum de 2005 deviennent ministres.

François Hollande s’adresse à la "France du non", du référendum de 2005. En nommant Laurent Fabius et Bernard Cazeneuve aux Affaires étrangères et européennes, deux opposants au projet de Constitution de 2005, le chef de l’Etat envoie un message à ses partenaires de l'UE et au 55% qui avaient voté contre ce projet. C'est la première fois que la politique européenne sera menée par des partisans du "non".

La gauche s'était à l’époque profondément divisée, Laurent Fabius étant le chef de file du "non" et s'opposant violemment à François Hollande, favorable au "oui", comme la majorité du Parti socialiste. Sept ans après, cette prise de position reste-t-elle un handicap vis-à-vis des partenaires européens ?

"Dire oui à une autre Europe"

"Je pense que c'est un grand atout. D'abord parce que ca a été la décision majoritaire des Français. Ensuite et surtout parce que dès cette époque, j'étais de ceux -je suis très Européen- qui avaient compris et dit que l'Europe ne fonctionnait pas bien", a répondu jeudi Laurent Fabius.

"Ce sont des thèmes qui maintenant sont partagés par les uns et les autres. Au côté de François Hollande qui avait voté oui, nous avons fait du chemin, pris désormais une position unique. Cette affaire est derrière nous. Ce dont il est question c'est d'arriver à dire oui à une autre Europe, de sortir de la crise européenne et de bâtir autre chose", a-t-il jugé.

Pour Thomas Klau, analyste au centre de réflexion européen ECFR, ces nominations, ajoutées à celle d'Arnaud Montebourg, partisan d'un protectionnisme européen, au portefeuille du Redressement productif, sont même un "choix intelligent".

"Il n’abandonnera pas son discours avec le pouvoir"

"En intégrant à la fois les ténors du oui et du non, François Hollande crée les conditions pour obtenir un soutien sur les initiatives européennes qu'il sera amené à prendre", juge-t-il. "Marginaliser les uns aurait eu un effet contreproductif sur la dynamique du débat européen en France".

"C'est une manière de dire à la France du non que ses critiques sont intégrées dans la politique gouvernementale. Un nombre important de Français avaient voté non par une volonté de réorienter l'Europe vers davantage de régulation financière ou de politique sociale", rappelle-t-il.

Au moment où François Hollande engrange des soutiens dans l'UE pour négocier un pacte de croissance au côté du traité budgétaire, "c'est aussi une façon de montrer à Angela Merkel qu'il ne va pas abandonner son discours une fois au pouvoir", juge Olivier Costa, chercheur sur l'Union européenne à Sciences Po Bordeaux.

Selon lui, la nomination de Laurent Fabius ne devrait guère susciter de réactions négatives dans l'UE, même à Bruxelles. Plus problématique, selon lui, le CV de Bernard Cazeneuve, fidèle de Laurent Fabius, "spécialiste du nucléaire ou du Rwanda mais sans expérience européenne".

Le ministère de l’Europe : un moulin ?

"Le ministre de l'Europe, je ne l'ai jamais entendu dire un mot sur l'Europe", a ironisé l'eurodéputé écologiste Daniel Cohn-Bendit.

Pour Thomas Klau, davantage que le nom du ministre, les Européens attendent surtout que ce poste "ne soit plus conçu comme un moulin dans lequel on sort au bout de six mois", comme ce fut le cas lors du dernier quinquennat avec cinq titulaires.

"Si Hollande veut changer le comportement du couple franco-allemand en associant davantage les autres Etats membres et les institutions européennes, on a besoin d'un ministre des Affaires européennes stable qui est le seul à avoir le temps de faire ce travail de contacts", plaide-t-il.

Les deux nouveaux ministres ne seront cependant pas les seuls aux commandes. La politique européenne se décide surtout à l'Elysée et aussi au ministère des Finances, où siège un Européen convaincu Pierre Moscovici.

Et le conseiller Europe du nouveau président, Philippe Léglise-Costa, ancien numéro deux de la représentation française auprès de l'UE, est lui-même un pro-Européen rompu aux négociations bruxelloises.

  • a a
6

Et aussi

Ajouter un commentaire

Votre commnentaire a bien été envoyé, vous allez recevoir un email de confirmation

Message d'erreur

    En ce moment sur Europe 1

    Le flash politique
    1. Hier

      Vers la levée de l'immunité de Marine Le Pen

    2. Hier

      La Commission Cahuzac face à "une omerta"

    3. Hier

      Les députés français sont "très fatigués"

    4. Hier

      Venezuela : Hollande veut resserrer les lien

    5. Hier

      NKM promet aucune hausse d'impôts à Paris

    6. Hier

      MLP dénonce la "diabolisation" de la Russie

    7. Hier

      Duflot ne sera pas candidate à Paris

    8. Hier

      Occupation : Le Pen définitivement condamné

    1. Hier

      Mali: Hollande salue une "avancée majeure"

    2. Hier

      Vie publique: l'appel de 10 députés en colère

    3. Hier

      Patrimoine : l'article voté à l'Assemblée

    4. Hier

      Evasion fiscale : 2,5 milliards à récupérer

    5. Hier

      Montebourg : "je vous renvoie aux résultats de dimanche"

    6. Hier

      Rapport Queyranne-Montebourg : "récupérer le plus possible"

    7. Hier

      Non, Gaudin ne veut pas vendre la Corse

    8. Hier

      Fraude fiscale : Hollande aurait voulu plus

    1. Hier

      Jacob: la réforme des retraites fait "pschitt"

    2. Hier

      Prison : le FN veut 40.000 places en plus

    3. Hier

      Cohn-Bendit : la gauche est "désorientée"

    4. Hier

      Woerth : "la retraite de Hollande, c'est la Bérézina"

    5. Hier

      Woerth : "l'arbitrage Tapie n'était pas un sujet à l'époque"

    6. Hier

      FN : Dati refuse "le front républicain"

    7. Hier

      GB : le futur "royal baby" dope l'économie

    8. Hier

      Comptes de campagne/Sarkozy : verdict en juillet

    1. Hier

      Popularité : Hollande et Ayrault remontent

    2. Hier

      MLP dénonce les "insultes" de Barroso

    3. Hier

      Filippetti/Barroso : des propos "consternants"

    4. Hier

      Hollande "ne peut pas croire" les propos de Barroso

    5. Hier

      L'UDI pour le droit de vote aux Européens

    6. Hier

      La lettre d'allégance de Lagarde à Sarkozy : "utilise-moi"

    7. Hier

      Ayrault dénonce "la tromperie" de Cahuzac

    8. Hier

      Cambadélis veut une "alliance" à gauche

    1. Hier

      Laurent (PCF) : "Pas une voix pour le FN"

    2. Hier

      Retraites : "ça concernera aussi les fonctionnaires", dit Touraine

    3. Hier

      Retraites : "notre système est solide" (Touraine)

    4. Hier

      A Villeneuve-sur-Lot, Touraine veut "empêcher l'élection d'un candidat du FN"

    5. Hier

      Baroin: Copé " a commis une faute inexcusable"

    6. Hier

      Hollande : Stéphane Richard maintenu à la tête d'Orange

    7. Hier

      Hollande au banquier suisse : "qu'il donne les noms!"

    8. Hier

      Hollande : une baisse des dépenses publiques "historique"

    1. Hier

      Hollande/Plus-values : vers un abattement exceptionnel

    2. Hier

      Hollande : "en Europe, des politiques d’austérité très dures…"

    3. Hier

      Hollande: "je ne voulais pas attendre pour agir"

    4. Hier

      Hollande : "on a pris la mesure de la crise"

    5. Hier

      Villeneuve-sur-Lot : "faire barrage" au FN (Désir, PS)

    6. Hier

      Phillipot/Législative : "dynamique extraordinaire" pour le FN

    7. Hier

      Villeneuve-sur-Lot : le PS éliminé dès le 1er tour

    8. Hier

      Compte en Suisse : Peillon n'a "aucune information"

    1. Hier

      Vers un duel UMP-FN pour succéder à Cahuzac

    2. Hier

      Législative : Cahuzac a voté par procuration

    Europe 1 sur les réseaux sociaux
    Europe 1 Vidéos

    Pour retrouver les vidéos d'Europe1, cliquez ici

    Humour, politique, culture, sport, économie, découvrez toutes les vidéos d'Europe1.

    Toutes les vidéosVidéos les plus vues
    trivago N°1 des comparateurs d'hôtels
    Comparez + de 600 000 hôtels
    Evénement