L'inventaire de Sarkozy "n'est plus d'actualité"

Par Benjamin Bonneau

Publié le 15 octobre 2013 à 18h36 Mis à jour le 16 octobre 2013 à 09h31

L'inventaire de Sarkozy "n'est plus d'actualité"

© MaxPPP

DÉCRYPTAGE - La critique des années Sarkozy n’intéresse plus les ténors de l’UMP.

L’INFO. Ils l’ont réclamé à cor et à cri. Faire l’inventaire du mandat de Nicolas Sarkozy était essentiel pour aller de l’avant et préparer l’alternance. Mais ça, c’était avant… Alors que cette fameuse convention, intitulée "l’avenir est entre vos mains", se déroulera jeudi au siège de l’UMP, les cadres du mouvement boudent. Les ténors ne seront pas là, et plus personne ne semble très emballé à l’idée de s’adonner au "Sarkobashing". Un flop annoncé.

>> Réécoutez l'info politique de Caroline Roux :

Copé : "nous apprenons la démocratie "

Pourquoi cette convention alors ? Alors que Jean-François Copé se dorait la pilule en Corse, certains ténors de l’UMP en ont profité, au cœur de l’été 2013, pour réclamer un bilan des années Sarkozy, question jusque là tabou à droite. Jean-Pierre Raffarin a ouvert le bal, vite suivi par la bande à François Fillon. "C'est une question d'honnêteté, la droite a été au pouvoir pendant ces dix années, il faut donc en tirer le bilan si on ne veut pas revenir aux responsabilités en refaisant les mêmes erreurs", assurait Laurent Wauquiez dans Le Point daté du 15 août. Une prise de position partagée par Patrick Devedjian, Hervé Mariton, Luc Chatel, Valérie Pécresse, Pierre Lellouche ou encore la retraitée Roselyne Bachelot.

D’abord complètement fermé à l’idée d’ouvrir la boite de Pandore des critiques à l’encontre de l’ancien président, Jean-François Copé avait fini par céder, dans un entretien à Nice Matin, le 17 août. Pourquoi ce revirement ? D’abord pour asseoir son autorité sur les ténors de son camp. Ensuite parce que si le président de l’UMP a répété à moult reprises sa loyauté à Nicolas Sarkozy, les critiques de ce dernier à son encontre lors de sa venue au bureau politique de l’UMP, le 8 juillet, l’ont passablement énervé. Les critiques, donc, viendront désormais de lui.

>> A LIRE AUSSI :Copé propose "un débat sérieux et objectif" sur les années Sarkozy

Les ténors absents. Depuis l’annonce par Jean-François Copé de l’organisation de cet exercice d’autocritique, de l’eau a coulé sous les ponts de l’UMP : Nicolas Sarkozy a bénéficié d’un non-lieu dans l’affaire Bettencourt, et François Fillon a fendu l’armure. Dès lors, chacun est passé à autre chose. "Cette convention est noyée au milieu d’une multitude d’autres réunions thématiques, ce qui l’a complètement banalisé", assure à Europe1.fr un ténor de l’UMP, pour qui l’inventaire "n’est plus d’actualité". Une voix loin d’être isolée.

>> A LIRE AUSSI : Fillon énerve jusque dans son camp

L'inventaire de Sarkozy "n'est plus d'actualité"

La plupart des ministres se sont en effet fait excuser. Luc Chatel nous a confirmé qu’il serait bien présent, comme Michèle Alliot-Marie et Rachida Dati. Mais pour le reste… Valérie Pécresse estime qu’elle a tout dit dans son livre et que sa présence n’est donc pas nécessaire, Laurent Wauquiez préfère assister au… congrès de l'association des élus de montagne et Bruno Le Maire ne prend même pas la peine de se trouver une excuse. François Fillon, lui, sera en déplacement à Bruxelles. Son fidèle lieutenant, Eric Ciotti (photo), ne le représentera pas non plus : "faire cette espèce de psychanalyse sur le passé, pendant une journée, cela n’a aucun intérêt. Ce qui est essentiel, c’est l’avenir", a assuré le député des Alpes-Maritimes, lundi soir dans l’émission Mots croisés, sur France 2.

Une préparation a minima. Lors de la rentrée politique de Jean-François Copé à Châteaurenard, le 25 août, Jérôme Lavrilleux, son directeur de cabinet, l’avait assuré aux journalistes présents : un questionnaire sera envoyé aux militants pour connaître leurs motifs d'insatisfaction, et les différents mouvements de l’UMP seront invités à apporter leurs contributions au débat. Pour le premier point, on repassera : les adhérents de l’UMP n’auront pas leur mot à dire.

Sur le second point, c'est plus mitigé. Thierry Mariani, leader de la Droite populaire et ancien ministre des Transports, contacté par Europe1.fr, explique ainsi que son mouvement "n’a rien préparé. On nous a demandé une contribution, oui, mais c’est compliqué de rédiger une position commune, alors que cet exercice d’autocritique s’apparente davantage à une démarche individuelle." Quant à la Droite sociale, l'entourage de Laurent Wauquiez fait savoir à Europe1.fr qu'"aucune contribution n'est prévue". Également joint par Europe1.fr, Luc Chatel, leader, avec Jean-Pierre Raffarin, des Humanistes de l’UMP, assure en revanche qu’il viendra avec un document sous le bras.

UMP : un "rappel à l'ordre" pour Peltier

© MaxPPP

Du côté de la Droite forte, fidèle défenseur de l’héritage sarkozyste, on n’apportera pas à proprement parler de contribution, "mais on m’a demandé d’introduire la convention", assure Guillaume Peltier (photo), le fondateur du mouvement, à Europe1.fr. "Il faut arrêter de s’excuser d’être de droite ! Je vais rappeler les dix réformes majeures portées par Nicolas Sarkozy comme l’interdiction du port de la burqa dans l’espace public, le service minimum, l’autonomie des universités, la défiscalisation des heures supplémentaires etc.", annonce-t-il.

Honni hier par les sarkozystes, l’inventaire est aujourd’hui (presque ) plébiscité. "Cette convention, c’est la victoire de ceux qui ne voulait pas d’une droite qui se flagelle. Et puis après, on n’en parlera plus. Soyons fiers de ce que nous avons fait ! Notre principal tort, c’est de ne pas avoir assez défendu notre bilan en 2012", estime Guillaume Peltier, avant de conclure, le regard tournée vers 2017 : "le sarkozysme, ce n’est pas que du passé, c’est aussi l’avenir."

  • a a
27

Et aussi

> Suivez l'info Europe 1 en continu sur , et réagissez sur

27 Commentaires

  1. Par zorro1100 à 21:05 le 17/10/2013

    On a déjà donné

    Y en marre de la droite avec Sarko , Fiilon , Copé, Wauquier, Pécresse et toute la clique. Vu le bilan du quinquénat de Sarko et la dette qu'il nous a laissé. RAS LE BOL

  2. Par denau à 13:44 le 17/10/2013

    Changeons de page et de candidat

    L'inventaire il aurait du être fait avant les élections présidentielles de 2012. Tournons la page, il aurait du la tourner lui même et laisser se présenter d'autres qui auraient eu plus de chances que lui, avec moins de casseroles et de bling bling.

  3. Par nimieunipire à 13:35 le 17/10/2013

    inutile

    Ses 5 années ont coûté assez cher comme ça. Et il faudra faire pareil avec celles de son successeur.

Tous les commentaires

En ce moment sur Europe 1

Les dernières infos politiques
  1. 17h11

    Les députés adoptent la nouvelle carte des régions

  2. 15h39

    Manif propalestinienne : sans le citer, Valls critique un maire écolo

  3. 11h38

    Fillon et ses 300.000 euros de billets d'avion payés par l'UMP

  4. 10h58

    Hollande dément les rumeurs de mariage avec Julie Gayet

  5. 08h34

    Jean-Marie Le Guen "espère qu'il n'y aura pas de violences" à la manifestation pro-palestinienne

  6. Hier

    Fatigué, Mélenchon va prendre du recul

  7. Hier

    Zone euro : le lapsus de Pierre Moscovici

  8. Hier

    Les pro-ours demandent la démission de Royal

  1. Hier

    Hollande va rencontrer les représentants des cultes

  2. Hier

    Le Maire reproche à Valls sa présence sur le Tour de France

  3. Hier

    A Gaza, "la France doit prendre une initiative", estime Le Maire

  4. Hier

    Emeutes à Sarcelles : "intolérable" pour Valls

  5. Hier

    Réforme territoriale : Valls regrette la "réaction disproportionnée" d'Aubry

  6. Hier

    Hollande : "aucun acte raciste ou antisémite ne sera toléré"

  7. Hier

    UMP : Fillon attaque Sarkozy, Estrosi réplique

  8. Hier

    Pour Fillon, Sarkozy ne devrait pas briguer la présidence de l'UMP

  1. Hier

    Aubry règle ses comptes

  2. Hier

    Cazeneuve : "dans ce pays, la réforme est possible !"

  3. Hier

    TGV-TER : "la maintenance est défaillante" selon Cuvillier

  4. Hier

    Assemblée nationale : la France à 13 régions adoptée

  5. Hier

    Bygmalion serait placée en liquidation judiciaire

  6. Hier

    Ukraine : Hollande fait part "de son immense émotion"

  7. Hier

    Les déclarations d'intérêts des parlementaires bientôt dévoilées

  8. Hier

    Le gouvernement demande aux vols français d'éviter l'espace aérien ukrainien

  1. Hier

    Carcassonne : victime d'un "coup de chaud", Le Foll écourte une visite

  2. Hier

    Quand les Femen perturbent une séance du Sénat

  3. Hier

    La réforme pénale définitivement adoptée

  4. Hier

    Présidence du Sénat : Didier Guillaume candidat

  5. Hier

    Sénatoriales : "Les jeux sont ouverts"

  6. Hier

    Avignon : Filippetti "part en courant" du Off

  7. Hier

    Costa Concordia : Royal mobilise un navire anti-pollution

  8. Hier

    Le doyen de la Cour de cassation tacle les Sarkozystes

  1. Hier

    UMP : trois licenciements pour "faute grave"

  2. Hier

    Hervé Cristiani, le chanteur de "Il est libre Max", est mort

  3. Hier

    Taubira : "l’opposition a des difficultés à accepter l’institution judiciaire"

  4. Hier

    "Le Centre sera tout seul, ce n’est quand même pas la mort"

  5. Hier

    Juppé : "je n’ai jamais dit que je serai candidat à la présidence de l’UMP"

  6. Hier

    Trierweiler a coûté 481.000 euros à l'Etat en 2013

  7. Hier

    Juppé : la réforme de la carte, "c’est en soi une bonne idée"

  8. Hier

    Juppé : "pas d’autre solution que le cessez-le-feu" à Gaza

  1. Hier

    Condamnation pour insultes à Taubira : "une décision politique" pour le FN

  2. Hier

    VIDÉO - D'excellentes bachelières acclamées par les députés

  3. Hier

    La Cour des comptes salue les progrès de l'Elysée

  4. Hier

    Le maire de Bastia redoute le Costa Concordia

  5. Hier

    14-Juillet : 7 millions de téléspectateurs pour Hollande

  6. Hier

    Réforme territoriale : les députés veulent une France à 13 régions

  7. Hier

    François Hollande attendu au Tchad samedi

  8. Hier

    Cambadélis évoque les "lunettes chiraquiennes" de Hollande

  1. Hier

    Popularité : Nicolas Sarkozy dévisse

  2. Hier

    Une tribune contre la GPA adressée à Hollande

Europe 1 sur les réseaux sociaux
Europe 1 Vidéos

Pour retrouver les vidéos d'Europe1, cliquez ici

Humour, politique, culture, sport, économie, découvrez toutes les vidéos d'Europe1.

Toutes les vidéosVidéos les plus vues
Evénement