L'Europe et le travail pour répondre à la crise

Par Gabriel Vedrenne

Publié le 1 décembre 2011 à 19h32 Mis à jour le 1 décembre 2011 à 21h24

© I-TELE

Nicolas Sarkozy a présenté à Toulon les grandes lignes de sa politique face à la crise.

"Aujourd'hui commence un nouveau cycle économique", a annoncé jeudi Nicolas Sarkozy depuis le Zénith de Toulon où il a prononcé un discours sur la crise économique qui frappe la France et la zone euro. Le président de la République est ainsi revenu sur les lieux de son premier discours de Toulon pour tracer les grandes lignes de sa politique avec trois axes majeurs : "dire la vérité", réformer le système social français et réformer l'Europe en concertation avec l'Allemagne.

Prochain rendez-vous fixé par le chef de l'Etat : un "sommet sur l'emploi" en janvier prochain auquel seront invités "tous les partenaires sociaux" pour que "chacun puisse apporter des solutions, faire des propositions".

"Il fallait dire la vérité aux Français"

La première partie du discours du président de la République était consacrée aux trois années qui se sont écoulées depuis la faillite de la banque Lehman Brothers et la crise des subprimes. "Il fallait dire la vérité aux Français", a martelé Nicolas Sarkozy à plusieurs reprises, avant d'ajouter : "je sais bien que la vie des Français est plus dure après trois années de crise (...) la plus grande crise depuis la Seconde guerre mondiale".

Mais "aujourd'hui commence un nouveau cycle économique, bien différent des précédents, un cycle de désendettement qui, nécessairement, ramènera la production de richesses vers le travail", a poursuivi Nicolas Sarkozy, avant de promettre : "c'est une véritable révolution qui a commencé, pour les traders, pour les paradis fiscaux, pour les marchés de matières premières : rien ne sera plus comme avant".

Réformer notre modèle social, "une urgence absolue"

Nicolas Sarkozy a ensuite présenté ses priorités pour permettre à la France de ressortir renforcée de la crise. "La réforme du financement de notre modèle social est devenue une urgence absolue", a-t-il annoncé, avant de dénoncer les 35 heures, qui "tournent le dos au progrès" et de lancer : "il faut lever les tabous sur les freins à la compétitivité".

Face à la crise, "nous devons continuer à encourager la valeur travail et donc les heures supplémentaires", a-t-il poursuivi,avant d'évoquer le cas des fonctionnaires. "Nous devons continuer à réduire les effectifs de la Fonction publique, nous devons le faire avec détermination mais aussi sang-froid", a-t-il estimé.

"Il y a trois réponses à la crise", a poursuivi le président de la République, avant de détailler : "la première consiste à la nier (...), la seconde, c'est de faire le choix exclusif de l'austérité. Il y a un autre choix possible : répondre à la crise par le travail, par l'effort et la réduction de nos dépenses".

"L'Europe n'est plus un choix, l'Europe est une nécessité"

Outre le travail, c'est par l'Union européenne que la France trouvera son salut, a poursuivi Nicolas Sarkozy, égrenant son discours de très nombreuses références à "l'Europe". "Depuis le début de la crise, l'Europe a déçu : pas assez vite, pas assez fort, pas assez loin. Le traité de Maastricht était imparfait", a-t-il ajouté, avant d'en conclure : "nous avons du tout réinventer, tout reconstruire".

"Ce qui a été fait pour la Grèce ne se reproduira plus. (...) C'est une question de confiance ", a poursuivi Nicolas Sarkozy, espérant qu'aucun Etat de la zone euro ne sera désormais "mis en défaut". C'est pourquoi "la France milite avec l'Allemagne pour un nouveau traité européen (...) pour que dans le monde de demain l'Europe continue à faire entendre sa voix", a poursuivi le chef d'Etat, avant de souligner : "l'Europe n'est plus un choix, l'Europe est une nécessité. L'Europe doit être repensée, refondée, le monde n'attendra pas l'Europe ".

Relancer le moteur franco-allemand

Face à une partie de la droite, souverainiste et très méfiante envers l'Union européenne, Nicolas Sarkozy a donc fait de la pédagogie et estimé que "la souveraineté ne s'exerce qu'avec les autres. L'Europe, ce n'est pas moins de souveraineté, c'est plus de souveraineté. On défend mieux sa souveraineté avec les autres que seuls". "L'isolement n'est pas une solution (...), la fermeture serait mortelle pour notre économie, nos emplois", a-t-il martelé, avant de lancer : "nous ne changerons pas les règles de la mondialisation seuls".

Et pour mieux y parvenir, cela passe aux yeux de Nicolas Sarkozy par le couple franco-allemand. "Nous ferons des propositions franco-allemandes pour sauver l'Europe ", a-t-il donc répété, avant de préciser qu'il recevra lundi la chancelière allemande Angela Merkel et de lancer : "l'Allemagne et la France unies, c'est l'Europe qui est forte".

La discipline budgétaire et le vote à la majorité qualifiée figurent parmi les priorités de Nicolas Sarkozy, qui a estimé que "si on veut plus de solidarité, il faut plus de discipline budgétaire". Pour "renforcer les dispositifs de prévention, chaque pays devra inscrire la Règle d'or. La France doit l'adopter comme les autres pays de la zone euro. L'idéal serait de la faire avant l'élection présidentielle", a-t-il estimé.

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