Hollande et le casse-tête de la Françafrique

Par Rémi Duchemin

Publié le 11 octobre 2012 à 21h32 Mis à jour le 11 octobre 2012 à 21h49

François Hollande avec le Gabonais Ali Bongo.

François Hollande avec le Gabonais Ali Bongo. © MAXPPP

Le chef de l’Etat avait promis de mettre fin à la Françafrique. Il s’y emploie, au moins sur la forme.

La phrase figure dans la 58e proposition du candidat François Hollande. "Je romprai avec la Françafrique, en proposant une relation fondée sur l’égalité, la confiance et la solidarité", s’engageait le désormais président de la République. Arrivé aux affaires, le chef de l’Etat s’emploie à concilier cette promesse et la fameuse "Realpolitik". Pas évident en pratique, surtout quand il s’agit de se rendre, samedi, à l’occasion du Sommet de la Francophonie, en République Démocratique du Congo (RDC), classée… 155e au classement des démocraties dans le monde. Là, il y rencontrera, protocole oblige, le président autoritaire Joseph Kabila.

Pour amoindrir l’impact des images des deux dirigeants côte-à-côte, l’entourage du président, qui a d’ailleurs longtemps songé à boycotter le rendez-vous, a soigneusement balisé le voyage.

Kinshasa, la première fois

D’abord, quelques jours avant son voyage, François Hollande a pris soin de critiquer le régime congolais. "La situation dans ce pays est tout à fait inacceptable sur le plan des droits, de la démocratie, et de la reconnaissance de l’opposition", a dénoncé le président français en compagnie du secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, lors d’une conférence de presse le 9 octobre à l’Elysée.

Ensuite, le président français a décidé de faire le service minimum. Il ne passera qu’une journée dans la capitale congolaise, et n’y passera pas la nuit, une décision lourde de symbole. Enfin, il consacrera deux fois plus de temps aux opposants de Joseph Kabila (photo), dont Etienne Tshisekedi, le plus célèbre d’entre eux. Le président congolais devra lui se contenter d’une entrevue d’une heure et demie. Au vu du contexte, les échanges pourraient être tendus.

A l’Elysée, le grand ménage

François Hollande a une faiblesse qui, en matière de questions africaines, peut se transformer en qualité : il ne connaît pas l’Afrique. Le chef de l’Etat n’y a même jamais mis les pieds hormis lors d’un voyage en Algérie avec l’ENA. Difficile donc de le soupçonner d’entretenir des réseaux occultes avec le continent noir.

Le président de la République n’a d’ailleurs pas attendu son premier voyage en Afrique pour donner des signes de rupture avec la Françafrique. Dans la composition de son gouvernement, d’abord. Le ministère de la Coopération, rebaptisé Développement, a été confiée à Pascal Canfin, non-spécialiste des questions africaines et à ce titre vierge de tout réseau et donc de toute suspicion.

Par ailleurs, les questions africaines, longtemps chasse gardée de l’Elysée, ont été placées sous l’autorité de ministère de l’Intérieur, donc au sein de la diplomatie générale. Au palais présidentiel, le secteur reste tout de même pourvu. Mais Hélène Le Gal, nouvelle "Madame Afrique" et son adjoint Thomas Meloni, prendront théoriquement leurs ordres auprès du conseiller diplomatique Paul Jean-Ortiz et non plus directement auprès du chef de l’Etat. Théoriquement du moins. D’aucuns auront ainsi remarqué qu’Hélène Le Gal avait conservé les bureaux du célèbre 2, rue de l’Elysée.

Satanée "Realpolitik"

Et puis il y a, aussi, cette satanée Realpolitik. Début juillet, François Hollande a reçu successivement trois chefs d’Etat africains : le Guinéen Alpha Condé et le Sénégalais Macky Sall, démocratiquement élus, mais aussi le Gabonais Ali Bongo, dont l’élection n’avait pas été des plus transparentes. "Il faut parler avec l’ensemble des chefs d'Etat africains", se justifiait-on à l’Elysée. "Surtout avec un pays comme le Gabon où nous avons des milliers de ressortissants, l’une des deux implantations militaires de la France en Afrique, et beaucoup d'entreprises".

  • a a
9

Et aussi

Ajouter un commentaire

Votre commnentaire a bien été envoyé, vous allez recevoir un email de confirmation

Message d'erreur

    En ce moment sur Europe 1

    Le flash politique
    1. Hier

      Trierweiler à l'Onu le 30 mai prochain (Le Lab)

    2. Hier

      L'audition de Lagarde reprendra vendredi

    3. Hier

      Fillon apporte son soutien à Lagarde

    4. Hier

      Pierre Moscovici en garant de l'unité à Bercy

    5. Hier

      Manif pour tous : "certainement la dernière" pour Boutin

    6. Hier

      Manif pour tous : Copé écrit aux militants

    7. Hier

      Montpellier/mosquée: MLP décline l'invitation, Collard accepte

    8. Hier

      L'Assemblée adopte l'anglais à l'université

    1. Hier

      Hollande loue les réformes allemandes

    2. Hier

      Israël : Sarkozy sans Carla, "impardonnable"

    3. Hier

      Raffarin craint un éclatement de l’UMP

    4. Hier

      Amnesty dresse un bilan mitigé de Hollande

    5. Hier

      "Il y a des Cahuzac à droite et à gauche"

    6. Hier

      Tapie : "je n'ai jamais connu les arbitres"

    7. Hier

      Tapie : "le sort de Lagarde ne m'intéresse pas"

    8. Hier

      Le Sénat impose le drapeau sur les écoles

    1. Hier

      Paris : Hidalgo officiellement investie

    2. Hier

      Remaniement : Valls et Borloo favoris

    3. Hier

      La rencontre Copé/Fillon reportée à lundi

    4. Hier

      Une initiative franco-allemande en juin

    5. Hier

      Présidence UMP : Copé et Fillon réunis jeudi

    6. Hier

      Pour le PS, l'UMP est "divisée comme jamais"

    7. Hier

      Jean-Yves Le Drian jeudi à Moscou

    8. Hier

      Sylvie Andrieux fait appel de sa condamnation

    1. Hier

      Tapie: Bercy envisage un recours en nullité

    2. Hier

      Le Roux : Andrieux devra se mettre "en retrait"

    3. Hier

      Prostitution : Ozon se défend

    4. Hier

      PSA : un "simple déménagement" (Belkacem)

    5. Hier

      NKM : l'UMP rappelle à l'ordre Peltier

    6. Hier

      Suicide de Venner : Désir choqué par Le Pen

    7. Hier

      Un an ferme pour la députée PS Sylvie Andrieux

    8. Hier

      Suicide de Venner : un "geste de désespoir positif" (Le Pen)

    1. Hier

      Pour Bernadette Chirac, Sarkozy va revenir

    2. Hier

      Hamon : "pas de compétition" à Bercy

    3. Hier

      Sondage : net recul de la popularité de Copé

    4. Hier

      Le Pen : suicide à Notre-Dame, "un geste politique"

    5. Hier

      Christian Jacob prône la retraite à 65 ans

    6. Hier

      Tornade : le bilan abaissé à 24 morts

    7. Hier

      Paris : Bernadette Chirac vote NKM

    8. Hier

      Parlement : vacances du 26/07 au 9/09

    1. Hier

      Ordonnances/logement : l'UMP votera contre

    2. Hier

      Borloo et son "dîner de l'inversion de la courbe du chômage"

    3. Hier

      Mariage gay : "la droite devient barjot" (PS)

    4. Hier

      Abus de biens sociaux : Kucheida condamné

    5. Hier

      26 mai-mariage gay : dernière manif de Copé

    6. Hier

      Cahuzac: l'administration fiscale "exemplaire"

    7. Hier

      Cahuzac : "je suis en train d'écrire un livre"

    8. Hier

      Batho : le gaz de schiste, "un refus politique"

    1. Hier

      Cahuzac : "685.000 euros ont été rapatriés"

    2. Hier

      Cahuzac : "la vérité rend libre"

    Europe 1 sur les réseaux sociaux
    Europe 1 Vidéos

    Pour retrouver les vidéos d'Europe1, cliquez ici

    Humour, politique, culture, sport, économie, découvrez toutes les vidéos d'Europe1.

    Toutes les vidéosVidéos les plus vues
    Evénement