Hollande, cent jours après

Par Rémi Duchemin

Publié le 13 août 2012 à 15h02 Mis à jour le 13 août 2012 à 21h22

Les Français pensent que françois Hollande va tenir ses engagements. Ils sont pourtant très pessimistes.

Les Français pensent que françois Hollande va tenir ses engagements. Ils sont pourtant très pessimistes. © REUTERS/Robert Pratta

Depuis son accession à l'Elysée, François Hollande a agi, réagi, et essuyé de sévères critiques.

Le calendrier est ainsi fait que François Hollande aura eu deux événements à célébrer en deux jours. D’abord son anniversaire, puisque le chef de l’Etat, actuellement en vacances dans le Var, a eu 58 ans dimanche. Ensuite les 100 jours de son élection à la présidence, mardi. Une période d’un peu plus de trois mois certes symbolique, mais qui permet de tirer un premier bilan de l’action du successeur de Nicolas Sarkozy à l’Elysée. Et le résultat révèle plusieurs paradoxes. Europe1.fr dresse le bilan de la "présidence normale" version François Hollande.

La "normale attitude". Pendant la campagne, François Hollande avait martelé son désir d’être un président normal. Depuis son accession à l’Elysée, il multiplie les signes de cette normalité revendiquée. D’abord, il n’habite pas, avec sa compagne Valérie Trierweiler, dans le palais présidentiel, mais dans leur appartement du 15e arrondissement de Paris. Ensuite, il préfère souvent le train, pour des trajets parfois forts médiatisés. Son voyage de Madrid à Bruxelles, le 23 mai dernier, au côté du Premier ministre espagnol Mariano Rajoy n’était ainsi pas passé inaperçu.

Enfin, loin de yacht ou de villa américaine luxueuse, François Hollande a choisi la sobriété pour ses premières vacances en tant que chef de l’Etat. Afin de trancher avec le faste ostentatoire des premiers mois du quinquennat de Nicolas Sarkozy, le chef de l’Etat s’est rendu avec sa compagne dans le rustique fort de Brégançon, dans le Var.

Et cette normalité de bon aloi, les membres du gouvernement Ayrault ont eu pour consigne de se l’appliquer d’abord à eux-mêmes. Pas de vacances clinquantes donc, mais des congés en France, et surtout des ministres mobilisables à tout instant.

L'Assemblée nationale a voté dans la nuit de jeudi à vendredi le budget rectificatif 2012. © MAXPPP

Détricotage à l’Assemblée. Pendant près d’un mois, du 3 au 31 juillet, l’Assemblée nationale s’est réunie en session extraordinaire pour étudier la loi de finance rectificative voulue par François Hollande. Pendant ces quatre semaines de travaux, les députés se sont aussi attachés à "rectifier" l’action de Nicolas Sarkozy pendant son quinquennat. Exit donc la TVA sociale, les exonérations de charge sur les heures supplémentaires ; revus, les abattements sur les donations et successions ; annulé, le bénéfice du relèvement du seuil de l’ISF… La droite a eu beau crier au scandale, une partie de l’œuvre de Nicolas Sarkozy a bel et bien été effacée des tablettes.

Des premières mesures saluées… La plupart des mesures adoptées par François Hollande recueille un large satisfecit, à en croire un sondage publié dimanche par Ifop pour Le Figaro. C’est surtout vrai pour la baisse des salaires du président et des ministres (82% de satisfaction) et pour le retrait d’Afghanistan (75%), un peu moins pour le coup de pouce du Smic de 2% (59%) et l’augmentation de l’Allocation rentrée scolaire (56%). Les deux seules mesures majoritairement impopulaires concernent la fin de la défiscalisation des heures supplémentaires et la fiscalité plus élevée sur les successions et les donations. Deux mesures emblématiques du quinquennat Sarkozy.

Mais un pessimisme ambiant… Malgré ce satisfecit sur les premières mesures mises en œuvre, les Français restent paradoxalement pessimistes sur les capacités de François Hollande à remplir plusieurs objectifs. Une majorité de personnes interrogées ne font ainsi pas confiance au chef de l’Etat sur tous les sujets évoqués dans la même étude Ifop : trouver une solution européenne à la crise (51%), lutter contre l’insécurité (56%), réduire la dette et le déficit (60%), lutter contre la désindustrialisation (58%), faire reculer le chômage (63%) et lutter contre l’immigration clandestine (62%). Un pessimisme ambiant avec lequel le gouvernement et François Hollande vont devoir composer à la rentrée.

Et une popularité en berne. Autre paradoxe, et de taille : alors que 57% des Français estiment que François Hollande tient ses engagements pris pendant la campagne, et alors que ces mêmes engagements recueillent leur assentiment, la popularité du chef de l’Etat reste en berne. Seuls 46% des personnes interrogées se disent satisfaites, contre 54% qui s’estiment mécontentes. On est très loin des 66% de popularité recueillis par Nicolas Sarkozy en juillet 2007. Mais l’ex-chef de l’Etat avait ensuite connu une chute vertigineuse, avec, un an après on élection, avec 72% de mécontent en avril 2008. Une évolution que François Hollande tentera de ne pas suivre.

© REUTERS

L’épineux dossier syrien. Voilà une affaire propre à gâcher l’été du président de la République. Depuis plusieurs jours, François Hollande est attaqué par l’opposition pour son inaction en ce qui concerne la situation en Syrie. C’est Nicolas Sarkozy en personne qui a ouvert les hostilités en fin de semaine dernière, et depuis, les ténors de la droite se sont succédés pour reprendre le refrain. Jean-François Copé, puis Dominique de Villepin, enfin François Fillon. Le chef de l’Etat connaît là l’un de ses dossiers prioritaires de la rentrée.

Les couacs. Voilà 12 ans que la gauche n’avait pas occupé de fonctions gouvernementales. Alors forcément, au début, la machine a été difficile à mettre en route. En annonçant le retour à la semaine de quatre jours dès la fin mai, le ministre de l’Education Vincent Peillon est allé ainsi un peu vite et a eu l’honneur du premier recadrage de Matignon. Puis en répétant être favorable à la dépénalisation du cannabis, c’est la titulaire du portefeuille du Logement, Cécile Duflot, qui a eu droit au sermon de Jean-Marc Ayrault. La même Cécile Duflot a ensuite été accusée d’avoir attribué des légions d’honneur à ses amis politiques lors de la promotion du 14-Juillet, déclenchant une brève polémique.

Crise oblige, François Hollande n’a en fait pas pu bénéficier du fameux état de grâce consécutif à la victoire à l’élection présidentielle. Mais si la popularité du chef de l’Etat reste correcte, il sait désormais que la rentrée s’annonce mouvementée. Le président de la République doit regagner au plus tard l’Elysée le 21 août.

  • a a
43

Ajouter un commentaire

Votre commnentaire a bien été envoyé, vous allez recevoir un email de confirmation

Message d'erreur

    En ce moment sur Europe 1

    Le flash politique
    1. Hier

      Trierweiler à l'Onu le 30 mai prochain (Le Lab)

    2. Hier

      L'audition de Lagarde reprendra vendredi

    3. Hier

      Fillon apporte son soutien à Lagarde

    4. Hier

      Pierre Moscovici en garant de l'unité à Bercy

    5. Hier

      Manif pour tous : "certainement la dernière" pour Boutin

    6. Hier

      Manif pour tous : Copé écrit aux militants

    7. Hier

      Montpellier/mosquée: MLP décline l'invitation, Collard accepte

    8. Hier

      L'Assemblée adopte l'anglais à l'université

    1. Hier

      Hollande loue les réformes allemandes

    2. Hier

      Israël : Sarkozy sans Carla, "impardonnable"

    3. Hier

      Raffarin craint un éclatement de l’UMP

    4. Hier

      Amnesty dresse un bilan mitigé de Hollande

    5. Hier

      "Il y a des Cahuzac à droite et à gauche"

    6. Hier

      Tapie : "je n'ai jamais connu les arbitres"

    7. Hier

      Tapie : "le sort de Lagarde ne m'intéresse pas"

    8. Hier

      Le Sénat impose le drapeau sur les écoles

    1. Hier

      Paris : Hidalgo officiellement investie

    2. Hier

      Remaniement : Valls et Borloo favoris

    3. Hier

      La rencontre Copé/Fillon reportée à lundi

    4. Hier

      Une initiative franco-allemande en juin

    5. Hier

      Présidence UMP : Copé et Fillon réunis jeudi

    6. Hier

      Pour le PS, l'UMP est "divisée comme jamais"

    7. Hier

      Jean-Yves Le Drian jeudi à Moscou

    8. Hier

      Sylvie Andrieux fait appel de sa condamnation

    1. Hier

      Tapie: Bercy envisage un recours en nullité

    2. Hier

      Le Roux : Andrieux devra se mettre "en retrait"

    3. Hier

      Prostitution : Ozon se défend

    4. Hier

      PSA : un "simple déménagement" (Belkacem)

    5. Hier

      NKM : l'UMP rappelle à l'ordre Peltier

    6. Hier

      Suicide de Venner : Désir choqué par Le Pen

    7. Hier

      Un an ferme pour la députée PS Sylvie Andrieux

    8. Hier

      Suicide de Venner : un "geste de désespoir positif" (Le Pen)

    1. Hier

      Pour Bernadette Chirac, Sarkozy va revenir

    2. Hier

      Hamon : "pas de compétition" à Bercy

    3. Hier

      Sondage : net recul de la popularité de Copé

    4. Hier

      Le Pen : suicide à Notre-Dame, "un geste politique"

    5. Hier

      Christian Jacob prône la retraite à 65 ans

    6. Hier

      Tornade : le bilan abaissé à 24 morts

    7. Hier

      Paris : Bernadette Chirac vote NKM

    8. Hier

      Parlement : vacances du 26/07 au 9/09

    1. Hier

      Ordonnances/logement : l'UMP votera contre

    2. Hier

      Borloo et son "dîner de l'inversion de la courbe du chômage"

    3. Hier

      Mariage gay : "la droite devient barjot" (PS)

    4. Hier

      Abus de biens sociaux : Kucheida condamné

    5. Hier

      26 mai-mariage gay : dernière manif de Copé

    6. Hier

      Cahuzac: l'administration fiscale "exemplaire"

    7. Hier

      Cahuzac : "je suis en train d'écrire un livre"

    8. Hier

      Batho : le gaz de schiste, "un refus politique"

    1. Hier

      Cahuzac : "685.000 euros ont été rapatriés"

    2. Hier

      Cahuzac : "la vérité rend libre"

    Europe 1 sur les réseaux sociaux
    Europe 1 Vidéos

    Pour retrouver les vidéos d'Europe1, cliquez ici

    Humour, politique, culture, sport, économie, découvrez toutes les vidéos d'Europe1.

    Toutes les vidéosVidéos les plus vues
    Evénement