Pour orchestrer les mesures présidentielles et la hausse de la TVA, il réunit plusieurs ministres lundi.
Après les annonces, la feuille de route : c'est le message que semble vouloir faire passer l'exécutif lundi. Au lendemain de l'allocution de Nicolas Sarkozy, François Fillon a, en effet, convoqué plusieurs ministres dès lundi après-midi. Nathalie Kosciusco-Morizet (Ecologie), François Baroin (Economie), Xavier Bertrand (Emploi), Valérie Pécresse (Budget), Benoist Apparu (Logement) et Patrick Ollier (Relations avec le parlement) sont attendus à Matignon à 14 heures.
Dans la foulée, le Premier ministre tiendra une conférence de presse. Objectif : "détailler le calendrier de mise en oeuvre des décisions annoncées dimanche par le président de la République", selon le communiqué de ses services. "Il précisera les conditions dans lesquelles le gouvernement demande aux partenaires sociaux d'engager les discussions sur les accords de compétitivité dans l'entreprise", ajoute le texte.
Une hausse de la TVA au 1er octobre, mais quid de la baisse des charges ?
Dimanche soir, Nicolas Sarkozy s'est déjà engagé sur un calendrier concernant la hausse de la TVA : "cette mesure n'entrera en application qu'au 1er octobre", a-t-il déclaré. Le président n'a toutefois pas précisé à quel moment interviendrait la baisse des charges patronales présentée comme un pendant de la hausse de la TVA visant à augmenter la compétitivité des entreprises. Contacté par Europe1, le ministère du Travail n'a pas été en mesure de répondre dimanche soir, le Premier ministre devrait donner des précisions lundi après-midi. La question est cruciale : si la baisse des charges patronales intervenait au moment du vote de la future loi, courant avril vraisemblablement, se poserait alors le problème du financement de la politique familiale jusque octobre.
Les autres annonces concernant logement, emploi ou encore sortie des 35 heures ont été égrenées sans date de mise en œuvre. Là encore, Matignon donnera sans doute des précisions.
"Précipitation", "emballement"
A trois mois de la présidentielle, du côté de l'opposition, on critique justement autant les mesures que le calendrier. "Pourquoi changerait-il de politique à 80 jours d'une élection?", a fait mine de s'interroger lundi matin Martine Aubry. "Il a commencé en aidant les plus privilégiés, avec notamment le bouclier fiscal, et il termine en faisant payer les classes populaires et moyennes", a déploré la première secrétaire du PS en pointant "une erreur économique et une profonde injustice sociale".
Dès dimanche, lors du Grand rendez-vous Europe 1/i>Télé/Le Parisien-Aujourd’hui en France, François Bayrou avait taclé "l'emballement" présidentiel : "ces mesures de dernière minute, avant une élection présidentielle et qui ne seront pas appliquées avant une élection présidentielle, ça donne une impression d'affolement, d'improvisation", a estimé le candidat du Modem.
A droite, le candidat et ex-Premier ministre, Dominique de Villepin pourtant favorable à une hausse de la TVA a, lui aussi vilipendé la "précipitation" de Nicolas Sarkozy : "ce que je crains, c'est que ces idées soient gâchées par la précipitation", a-t-il mis en garde sur I-Télé en plaidant pour une hausse de 2,5 points


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