Fabius boycotté à l’Assemblée

Par Rémi Duchemin avec AFP

Publié le 4 juillet 2012 à 17h42 Mis à jour le 4 juillet 2012 à 17h42

Les députés UMP ont quitté l'Assemblée au début du discours de Laurent Fabius et l'ont réintégré à la fin.

Les députés UMP ont quitté l'Assemblée au début du discours de Laurent Fabius et l'ont réintégré à la fin. © REUTERS

Les députés UMP ont quitté l’hémicycle pour protester contre l’absence de questions au gouvernement.

Décidément, les passages de Laurent Fabius dans les hémicycles sont compliqués. Mardi, alors qu’il lisait le discours de politique générale de Jean-Marc Ayrault au Sénat, le ministre des Affaires étrangères avait été chahuté par les élus de l’opposition dans une ambiance inhabituelle à la Chambre haute. Mercredi, c’est à l’Assemblée qu’il a dû essuyer la colère des élus de l’UMP. Ces derniers ont refusé d’écouter son discours et ont quitté les lieux pour protester contre le refus de la majorité socialiste d'inscrire cette semaine à l’ordre du jour des questions d'actualité au gouvernement.

Violation de la Constitution

Plusieurs députés UMP, dont leur président Christian Jacob, sont intervenus au début de la séance pour protester contre cette "violation" de la Constitution. Quand la présidente de séance, la socialiste Laurence Dumont, après leur avoir répondu, a donné la parole à Laurent Fabius, la quasi-totalité des députés UMP ont quitté la salle, avant de revenir à l'issue du discours ministériel.

L'ancien président de l'Assemblée nationale, Bernard Accoyer est alors revenu à la charge, par un nouveau rappel au règlement, en demandant que deux séances de questions d'actualité, au lieu d'une, soient prévues la semaine prochaine. "Cet incident témoigne d'une continuité de la gauche à refuser que l'opposition puisse questionner le gouvernement", a-t-il affirmé, en ajoutant que l'égalité de temps de parole aux questions d'actualité avait été instaurée par la droite en 1974, supprimée par la gauche en 1981 et rétablie par la droite en 2008.

Le chef de file des députés socialistes, Bruno Le Roux, s'est alors déclaré "indigné qu'à un moment si important pour la France à tirer les leçons d'un sommet européen, vous ne pensiez qu'à provoquer un incident de séance, au moment où l'Assemblée nationale enterre un des siens", le député PS Olivier Ferrand, décédé samedi.

"Un brouhaha volontaire"

"Ne pas respecter la Constitution dans cette enceinte est impensable", a protesté devant les journalistes Christian Jacob, en brandissant l'article 48 de la loi fondamentale qui prévoit qu'une "séance par semaine au moins", y compris pendant les sessions extraordinaires, "est réservée par priorité aux questions des membres du Parlement et aux réponses du gouvernement".

Pour la majorité socialiste, le débat de mardi sur la déclaration de politique générale du gouvernement, comme celui de mercredi sur les suites du Conseil européen, permettent de satisfaire à cette exigence, et rendent donc inutile une séance formelle de questions. "Déjà hier, les propos de la droite étaient trop violents pour être crédibles. On est dans un brouhaha volontaire. Il n'y a pas de raison que l'opposition fasse un tel chahut sauf à vouloir attirer l'attention sur elle", a estimé, dans les couloirs, pour le groupe socialiste, Annick Lepetit.

Un avis à l'opposé de celui de Jean-Louis Borloo, président du groupe UDI: "Hier c'était une première : les groupes n'ont pas eu le droit d'expliquer leurs votes sur la déclaration de politique générale du Premier ministre. Aujourd'hui, la nouvelle majorité refuse les questions au gouvernement: un viol du règlement hier et un viol de la constitution aujourd'hui, c'est un comble! J'espère que ça ne présage pas de la suite!"

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