EXCLU - Jérôme Cahuzac : "Je suis le bouc émissaire idéal"

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Alexandre Kara , modifié à
Auditionné mercredi, l’ancien ministre estime être devenu "le bouc émissaire idéal" de la gauche.

Jérôme Cahuzac est de retour à l’Assemblée nationale. Mercredi après-midi, l’ancien ministre du Budget va être entendu par une commission d’enquête parlementaire sur la gestion politique du scandale de ses comptes à l'étranger.

Avant ce rendez-vous avec les députés, il s’est confié à Alexandre Kara, chef du service politique d’Europe 1, dans une interview que nous publions mercredi matin sur Europe1.fr. 

Quel est votre état d’esprit à quelques heures de votre audition ?
Je vais à cette convocation l'esprit libre. Je répondrai à toutes les questions que voudront me poser les députés. Il s’agit pour moi de les aider à savoir s'il y a eu  des  dysfonctionnements au niveau de l'Etat. Je ne sortirai pas de ce cadre. Pour moi, l'Assemblée n'est plus une tribune, je ne suis plus un élu de la République.

Comment vous êtes-vous préparé ?
Je n’ai rien fait de spécial. Je n’ai rien préparé, je compte juste répondre le plus sincèrement possible aux questions qui me seront posées.

Vous aviez dit dans votre interview à BFM TV : "j’ignore quel était le degré de connaissance de François Hollande". Vous pensez que le président était plus informé qu’il a bien voulu le dire ?
 Je ne sais pas. Quand j'ai évoqué François Hollande... il n'y avait pas de sous entendu....

Vous avez conscience d’être devenu un épouvantail politique ?
 Je suis le bouc émissaire idéal de toutes les turpitudes politiques. On m’a comparé à Stavisky. C'est moi aussi qui suis responsable des huit partielles perdues par la majorité, ou encore de la montée du FN… Ils m’ont tous jugé par avance même certains qui se disaient mes amis. Mais le pire pour moi, c’est que mon nom puisse être associé à celui de Bernard Tapie, alors que c’est grâce à moi que l’affaire de l’arbitrage a été relancée.

Êtes-vous intervenus dans la campagne de Villeneuve-sur-Lot ?
Jamais. Ce sont des fantasmes de journalistes. Contrairement à ce qui a été écrit, je n’ai aucune ambition pour la mairie. Le problème, c’est que mes accusateurs disent ce qu’ils veulent, ils savent que je ne peux pas répondre. Quand on parle de moi, d’abord on met les choses au conditionnel, puis à l'indicatif, puis on dit que c'est vrai. C'est emblématique de ma vie.

Avez-vous signé un contrat pour votre livre ?
Non. Il y a eu des contacts avec des éditeurs, mais je n’ai signé avec personne. Là encore, c’est le fantasme qui prend le pas sur la réalité. Pour la presse, quand on parle de Cahuzac, c’est forcément un chèque à six chiffres. Je peux vous dire qu’il n’a jamais été question de telles sommes.

Vous avez commencé à écrire ?
Oui, j’écris tous les jours. Vous savez, j’ai le temps, du soir au matin, et du matin au soir. J’essaye d’assumer du mieux que je peux. Ce compte en Suisse, c'est une erreur de ma vie d'avant, je le regrette d’autant que j’ai le sentiment d’avoir été dans ma carrière politique toujours irréprochable.

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