Comment le PS a convaincu Edouard Martin

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et Caroline Roux , modifié à
L’INFO POLITIQUE - La majorité draguait le syndicaliste d’ArcelorMittal depuis des mois.  

L’INFO. L’icône du combat de Florange portera donc les couleurs socialistes aux prochaines élections européennes. La rumeur courait depuis des semaines, et l’officialisation a eu lieu mardi soir, de la bouche même du syndicaliste. Pourtant, selon Caroline Roux, éditorialiste politique d’Europe 1, cela faisait des mois que le PS faisait la cour à Edouard Martin.

Édouard Martin change de casquettepar Europe1fr

Filippetti à la manœuvre. Après moult discussions, l’accord a été scellé mardi en conclusion d’un déjeuner entre Edouard Martin et Harlem Désir, patron du Parti socialiste. Le premier a mis longtemps à franchir le pas et à se lancer en politique sous l’étiquette PS. Dans la coulisse, celui qui a œuvré pour ce rapprochement n’est autre que François Hollande en personne. Et le bras armé du président dans cette opération-séduction s’appelle Aurélie Filippetti.

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La ministre de la Culture, également élue de Lorraine, avait déjà organisé un dîner en 2010 avec des chefs d’entreprises locaux et des élus du coin, et Edouard Martin était lui aussi de la partie, premier signe de son rapprochement avec le PS. Si Aurélie Filippetti s’est donc montrée convaincante, l’arrivée d’Edouard Martin fait déjà débat au sein de la majorité. Le ministre des Affaires européennes, Thierry Repentin, plaidait ainsi pour un bon connaisseur des dossiers européens, un technicien plutôt qu’une tête d’affiche. Raté.

Une nouvelle voix pour relancer le débat. Edouard Martin au PS, la prise est symbolique autant que politique. Son arrivée est sensée démontrer à l’électorat populaire que les socialistes vont porter une exigence de gauche aux européennes et défendre l’Europe des travailleurs. Mais Edouard Martin au PS, c’est aussi une façon d’enterrer l’épisode Florange par le haut pour le chef de l’Etat, à l’époque défié les yeux dans les yeux par le syndicaliste. Mais depuis,  Edouard Martin avait pris du champ et tempéré ses critiques à l’égard du gouvernement. Comme si un deal était dans l’air… Pour la majorité, le coup est joli : Edouard Martin va capter l’attention et faire exister une autre voix dans un débat européen qui ne passionne pas les foules. Mais pour Caroline Roux, "il restera quand même l’image d’un homme qui a commencé par défier Hollande et qui termine en lui mangeant dans la main."