Avec Borloo, "on a toujours été amis"

Par L.B avec Thierry Guerrier

Publié le 23 mars 2012 à 10h12 Mis à jour le 23 mars 2012 à 14h12

Nicolas Sarkozy et son ancien ministre de l'Écologie Jean-Louis Borloo célèbreront vendredi leurs retrouvailles.

Nicolas Sarkozy et son ancien ministre de l'Écologie Jean-Louis Borloo célèbreront vendredi leurs retrouvailles. © Reuters

Nicolas Sarkozy et le patron du Parti radical se sont retrouvés à Valenciennes vendredi.

Tant pis pour l’effet de surprise. C’est un soutien de taille pour le président-candidat. Comme l'annonçait Europe 1 la semaine dernière, Jean-Louis Borloo a accueilli Nicolas Sarkozy vendredi dans son fief de Valenciennes, dans le Nord, pour un déplacement de campagne consacré à la rénovation urbaine. Nicolas Sarkozy a cependant récusé le mot de "retrouvailles". "On ne s'est jamais séparé, quand même ! ", a-t-il dit à des journalistes. "On a toujours été amis ".

Jean-Louis Borloo a dit que ça lui faisait "extrêmement plaisir" de recevoir le chef de l'Etat dans un quartier "symbole d'une ancienne crise sociale et d'un redressement industriel". Prié de dire s'il allait s'engager dans la campagne du président-candidat, il a répondu: "À fond, comme je l'ai dit."

Depuis sa candidature officielle à un second mandat le 15 février, le président sortant avait multiplié les appels du pied à son ex-ministre confiant notamment qu'il serait "très heureux" de le voir "jouer un rôle dans (sa) campagne". "Jean-Louis a été mon ministre pendant près de cinq ans, ça a d'ailleurs été un très bon ministre, nous nous voyons très régulièrement", avait déjà la semaine dernière Nicolas Sarkozy, en forme d’hommage à Jean-Louis Borloo.

Borloo a posé ses conditions

L'entrée officielle du député du Nord dans la campagne du candidat de l'UMP a toutefois rencontré quelques difficultés. Cela fait plus d'une semaine que le rendez-vous se préparait. Mais le drame de Toulouse a repoussé l'opération. Et si le président du Parti radical a répondu aujourd’hui présent, il ne l’a pas fait à n’importe quelle condition.

Pour qu’il accepte de se laisser enrôler, une nouvelle fois après 2007, l’ex-maire de Valenciennes a posé ses conditions : "je veux l'emmener par la main, chez moi, à Valenciennes, symbole de ré-industrialisation et d'habitat social réussi", a ainsi expliqué l'ancien ministre à Europe 1.

Le président du Parti radical a donc incité le président-candidat à reprendre plusieurs propositions sur les grands sujets qui lui tiennent à cœur. Et selon les informations d'Europe 1, aujourd'hui, pour Jean-Louis Borloo, "le compte y est". Ainsi, l'annonce, il y a quelques jours, par Nicolas Sarkozy d'un second plan de rénovation urbaine ou encore la promesse du candidat à sa propre succession de suppression des charges en cas d'embauche d'un senior, s'il est réélu, l'ancien ministre affirme en être "l'inspirateur".

Récupérer l’électorat centriste

Les deux hommes devraient tirer profit de cette rencontre. Car pour Nicolas Sarkozy, l'objectif stratégique de ce déplacement est de faire le "pontage" entre l'électorat centriste et le président-candidat, selon les informations d'Europe 1. Et Jean-Louis Borloo de confier : "il fallait absolument que ça se fasse avant le premier tour, pour ouvrir la porte ensuite à François Bayrou".

Dans une interview au Figaro dans laquelle il dit "s'engager auprès de Sarkozy", le patron des radicaux juge "indispensable" l'existence d'un groupe indépendant de centristes et de radicaux à l'Assemblée…dans lequel François Bayrou aurait "évidemment toute sa place".

Arrivé à Valenciennes, en fin de matinée, le président de la République et le président du Parti radical se sont retrouvés sur un chantier de rénovation urbaine, héritier du "plan Borloo" lancé en 2003...sous un ciel radieux.

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