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Six personnes ont été interpellées dans le cadre du démantèlement d’une cellule islamiste radicale soupçonnée de projeter des actes terroristes.

Ce matin à 7h15, Europe 1 recevait Jean-François Daguzan, directeur adjoint de la fondation pour la recherche stratégique, spécialiste du terrorisme. Il s’exprime après les arrestations en région parisienne et dans le sud. Ses principales déclarations :

 

Manuel Valls a déclaré qu'il y a des dizaines de Merah potentiels dans la nature...

"C'est malheureusement exact mais ce n'est pas un scoop : cela fait plusieurs dizaines d'années que nous avons un vivier de terroristes potentiels sur le sol français, ça a commencé avec les GIA il y a presque vingt ans. C'est plutôt la nature de la menace qui a changé : l'individualisation de la recherche de l'acte terroriste, plutôt que l'apparition de terroristes qui étaient déjà présents"

"Si on regarde sur plusieurs pays et plusieurs dizaines d'années, nous avons plusieurs profils extrêmement variés de terroristes ou de jihadistes : des gens qui peuvent exercer n'importe quel type de métier y compris dans des positions assez hautes comme des ingénieurs. Ce qui frappe le plus souvent, c'est une problématique identitaire : ne pas savoir qui on est, quelle est sa place dans la société française et tout à coup, la recherche d’une aventure qui va permettre d'exister"

 

L'un des suspects arrêté s'était radicalisé en prison...

"C'est un des vrais graves problèmes que la société et l'administration va devoir traiter. Ce n'est pas nouveau, c'était déjà le cas pour Khaled Kelkal. On a le modèle du jeune délinquant qui se cherche, pris en main par des gens qui l'emmènent vers l'acte terroriste"

Ces hommes préparaient des attentats contre des personnes... C’est nouveau en France…

"C'est nouveau en France sinon que Merah a montré la voie : ne plus essayer de faire sauter des gens au hasard mais les cibler pour ce qu'ils sont. Ce qui est peut-être plus facile à obtenir désormais alors que le filet des services se resserre. Comme l'a fait Action directe il y a 30 à 40 ans, cibler des gens qui ont des responsabilités politiques ou administratives de haut niveau, ou des cibles symboliques comme des journalistes, des hommes de télévision..."

Il est de plus en plus difficile de cibler ces personnes...

"Oui, car la cellule terroriste s'est réduite à très peu de choses : souvent des groupes familiaux, comme dans l'affaire Merah avec son frère. S'il n'y a pas un message qui passe à destination des services, par la recherche d'armes, d'informations ou des déclarations, c'est très difficile. Là où les services jouent un rôle très important, c'est dans la détection des routes du Jihad. Les gens vont se former sur des zones de conflit comme la Syrie ou le Mali et à ce moment-là sont visibles. S'ils restent dans leur coin à ourdir leur complot sans faire de vagues, c'est très difficile..."