Alors que les observateurs se rendent à Treimsa, l’armée a attaqué une nouvelle localité.
Le sang continue de couler en Syrie, deux jours après l’assaut meurtrier de la ville de Treimsa, où l’armée a fait plus de 150 victimes. Tandis que les observateurs de l'ONU se rendaient sur les lieux du dernier massacre, le régime de Bachar el-Assad a pris d’assaut une nouvelle localité, provoquant l’indignation du voisin turc. François Hollande a également évoqué samedi la crise syrienne.
Enquête en cours à Treimsa
Les observateurs de l'ONU se sont samedi rendus à Treimsa pour enquêter sur les circonstances de la mort de plus de 150 personnes jeudi. Présents aux alentours de la ville le jour du massacre, ils n’avaient pû se rendre sur place,empêché par l’armée syrienne.
Selon un militant de Hama, le groupe a rencontré samedi des habitants sur place et "inspecté les endroits pilonnés et les lieux tâchés de sang". Une première patrouille s'était rendue sur place vendredi pour vérifier que la localité était accessible, a précisé la porte-parole des observateurs, Sausan Ghosheh.
Selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), plus de 150 personnes, dont des dizaines de rebelles, ont été tuées jeudi dans des bombardements et des combats à Treimsa.
Le régime a déjà une nouvelle cible
Après l’assaut sur Treimsa, le régime syrien a changé de cible pour s’attaquer à un autre fief rebelle dans la province de Deraa, berceau de la contestation lancée il y a près de 16 mois.
Des hélicoptères militaires ont bombardé Khirbet Ghazalé, puis des chars et des centaines de soldats ont pris la localité d'assaut avant que des milices pro-régime ne perquisitionnent et incendient les maisons abandonnées par leurs habitants, selon l'OSDH et un militant sur place.
"L'armée est entrée sans résistance", les rebelles de l'Armée syrienne de libération (ASL) ayant quitté la ville avant l'assaut, a assuré le militant qui se fait appeler Bayane Ahmad, évoquant "des dizaines de blessés" et un manque total d'aide médicale.
Avec plus de 40.000 réfugiés, la Turquie hausse le ton
Des combats entre rebelles et soldats et miliciens fidèles à Damas ont également eu lieu près de la frontière turque, faisant au moins 10 morts et 15 blessés samedi matin. Ce nouvel accrochage a provoqué une vive réaction de la Turquie, qui chiffre désormaisà 40.000 le nombre de réfugiés qu’elle acceuille.
"Il n'y a plus rien à dire au sujet de la Syrie. Ce massacre inhumain, cette tentative de génocide ne sont plus que les signes précurseurs du départ de ce régime", a fustigé samedi le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan.
"Tous les dictateurs sont des poltrons. Tous les dictateurs sont cruels (...) Tôt ou tard, ils partiront et le peuple syrien leur demandera de rendre des comptes", a-t-il ajouté. Outre l'abri donné aux réfugiés, Ankara autorise également un libre accès à son territoire aux rebelles de l'ASL.
Hollande répète la position de la France
Lors de son interview télévisée du 14 juillet, le président de la République François Hollande a également évoqué la crise syrienne. La Russie et la Chine "bloquent toute résolution au Conseil de sécurité" de l'ONU pour tenter de trouver une solution aux violences en Syrie, a-t-il rappelé.
"Je l'ai dit à monsieur Poutine, qui est très attaché à ce que la Syrie reste proche de son pays. Il y a des relations commerciales, historiques et je les respecte", a-t-il expliqué. "Je lui ai dit, le pire, c'est d'avoir une guerre civile en Syrie. Donc faisons en sorte de trouver une position politique qui évite la guerre civile. Il est encore temps, plus que temps", a-t-il souligné.
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