Le chef du gouvernement espagnol Mariano Rajoy a affirmé lundi qu'il "ne pourrait pas accepter qu'on lui dise dans quel domaine politique concret il faut ou non couper" les dépenses en cas de sauvetage financier du pays, une probabilité de plus en plus attendue par les marchés.
Alors que la Banque centrale européenne (BCE) vient de dévoiler son nouveau programme d'achat d'obligations pour les pays fragiles de la zone euro, Espagne en tête, désormais "c'est à nous de prendre la décision" de demander ou non cette aide, a déclaré Mariano Rajoy dans une interview à la télévision espagnole.
"La BCE a fait une proposition et logiquement, le gouvernement (espagnol) doit bien l'étudier", "il faut être prudent", a-t-il dit. En particulier, "nous devons regarder quelles sont les conditions" de cette aide, car "les conditions, ce n'est pas la BCE qui en décide, c'est l'ensemble des pays de l'Union européenne", a-t-il souligné. L'Espagne, quatrième économie de la zone euro, a déjà lancé un plan pour récupérer, entre nouvelles recettes et coupes budgétaires, 102 milliards d'euros d'ici 2014, afin de ramener son déficit public de 8,9% à 2,8% du PIB. En moins de neuf mois de pouvoir, le gouvernement conservateur a notamment sacrifié la prime de Noël des fonctionnaires, augmenté les impôts et la TVA et durci les conditions d'attribution des allocations chômage.Mais "s'il y a une chose à laquelle je ne toucherais pas, c'est aux retraites, car le retraité est la personne la plus fragile", a assuré lundi Mariano Rajoy qui avait fait de ce thème son principal argument de campagne l'hiver dernier.
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