Des blessés syriens ont été évacués de Homs mais toujours pas les journalistes.
Depuis mercredi, elle est toujours prise au piège dans l'enfer de Homs en Syrie. Blessée mercredi dans l'attaque qui a coûté la vie à deux de ses confrères, Edith Bouvier du Figaro a appelé à l'aide jeudi dans une vidéo car elle dit avoir "besoin au plus vite d'être opérée" à cause "d'une jambe cassée au niveau du fémur". Une évacuation difficile alors que la ville de la contestation syrienne est soumise à un pilonnage quotidien des forces pro-Assad. Quelles sont les possibilités pour évacuer la reporter française et son confrère anglais, Paul Conroy ? Europe1.fr fait le point.
L'aide du gouverneur de Homs. Dès jeudi, Paris a demandé à Damas d'organiser l'évacuation d'Edith Bouvier. D'autre part, l'ambassadeur de France à Damas, Eric Chevallier a regagné la Syrie, deux semaines après avoir été rappelé par Paris pour consultation.
"J'ai demandé aux autorités syriennes que notre ambassadeur puisse se rendre (à Homs). Cette demande n'a pas été acceptée mais le gouverneur de Homs travaille avec la Croix-Rouge pour faire en sorte que (l'évacuation) soit possible dans les meilleurs délais", a précisé, vendredi le ministre français des Affaires étrangères.
La Croix-Rouge. Des négociations étaient en cours vendredi soir entre le Comité international de la Croix-Rouge (CICR), les autorités et les opposants syriens pour faire sortir de la ville les deux journalistes. Le CICR et le Croissant rouge arabe syrien (CRAS) ont déjà réussi pour la première fois à évacuer sept blessés syriens. "Malgré l'arrivée de nos ambulances et nos efforts (...) auprès des groupes armés à Baba Amr, ceux-ci ont refusé de livrer la blessée et les deux corps, mettant en danger la vie de la Française et entravant le rapatriement des corps", a indiqué une source aux Affaires étrangères citée par l'agence Sana. Les négociations doivent reprendre samedi entre la Croix-Rouge internationale, le régime et les opposants syriens pour faire sortir de Homs deux journalistes étrangers blessés et les corps de deux autres tués, après une journée de pourparlers n'ayant pas permis leur évacuation.
Pas d'évacuation sans cessez-le-feu. Mais pour pouvoir entrer dans Homs, certains affirment qu'il faudrait un cessez-le-feu car ce foyer de la contestation est sous des "bombardements intenses", explique jeudi sur Europe 1, Philippe Gelie, le rédacteur en chef du service étranger Figaro. Depuis deux jours, celui-ci dit avoir activé "tous les contacts possibles" pour tenter de faire évacuer la journaliste. "Le Quai d'Orsay se démène de manière très énergique tout comme les diplomates français dans la région".
Les diplomaties en action. Diplomates et responsables du CICR tentent de convaincre les rebelles, qui contrôlent Baba Amr, mais surtout les autorités, qui nient toute responsabilité dans ce qui s'est passé avec ces reporters. L'objectif est de faire taire leurs armes pour mener à bien l'évacuation. "Les ambassades de France, de Grande-Bretagne et de Pologne travaillent durement et en étroite collaboration pour sortir les blessés et les corps des deux journalistes tués", selon un diplomate qui a requis l'anonymat. "L'ambassade de Pologne est impliquée dans les démarches (...), a-t-il ajouté, car (la Pologne) représente les intérêts des Etats-Unis depuis la fermeture de l'ambassade américaine à Damas pour des raisons de sécurité".
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