Centrafrique : François Hollande veut agir vite

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et Xavier Yvon, envoyé spécial en Centrafrique, et AFP , modifié à
L'ESSENTIEL - La France a eu le feu vert du Conseil de sécurité de l'ONU pour renforcer ses troupes.

L’info. Le Conseil de sécurité de l'ONU a donné mandat, jeudi, aux forces françaises pour intervenir en République centrafricaine (RCA) afin de rétablir la sécurité, en appui à une force panafricaine.

L'ESSENTIEL

• Le Conseil de sécurité  de l'ONU a donné son feu vert pour le déploiement de soldats français.
• Le texte précise que la Misca (la force africaine en RCA) sera déployée pour douze mois.
• Au moins 105 personnes sont mortes jeudi dans la capitale centrafricaine.
• François Hollande a déclaré que la France agirait "dès jeudi soir".

LES DERNIERES INFOS

Une intervention dès jeudi soir. "Vu l’urgence, j’ai décidé d’agir dès ce soir", a déclaré François Hollande, jeudi soir à l'Elysée, à la sortie d'un conseil de défense consacré à l'intervention de la France en Centrafrique. "Déjà 600 militaires sont sur place. Ce nombre sera doublé d’ici quelques jours voir quelques heures", a-t-il ajouté. Le président français a précisé que la France n'avait "pas d'autres objectifs que de sauver des vies humaines". Le gouvernement communiquera toutes informations dès la semaine prochaine au Parlement, a précisé François Hollande.

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Ce conseil de défense réunissait notamment le chef d'état major des armées, Edouard Guillaud, et les ministres Jean-Yves Le Drian (Défense), Laurent Fabius (Affaires étrangères) et Manuel Valls (Intérieur), autour du président Hollande.

"Nous sommes désormais en situation de prendre les décisions nécessaires pour éviter la catastrophe humanitaire et sécuritaire qui se profilent en Centrafrique", a précisé Laurent Fabius à la sortie de la réunion.

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Un vote à l'unanimité. le conseil de sécurité de l'ONU a voté à l'unanimité la résolution. Ce vote intervient alors que le pays est plongé dans le chaos et dans un engrenage de violences entre communautés depuis le renversement en mars du président François Bozizé par une coalition hétéroclite à dominante musulmane, la Séléka.

Une mission de douze mois. La Misca (la force africaine en RCA) pourra se déployer "pour une période de douze mois", avec une clause de révision à six mois, avec pour mission de "protéger les civils, rétablir l'ordre et la sécurité, stabiliser le pays" et faciliter l'acheminement de l'aide humanitaire.

Dans le cadre de l'opération Sangaris (du nom d'un papillon rouge), la France doit tripler son contingent sur place, qui passera à 1.200 hommes. Ils sont chargés notamment de sécuriser l'aéroport de Bangui et les principaux axes par où transiteront les convois humanitaires.

Londres propose son aide. Londres propose une "aide logistique limitée" à la France, a annoncé le ministère britannique de la Défense. Suite à la résolution à l'ONU autorisant une intervention militaire française en Centrafrique, "le Royaume-Uni est en discussion avec la France pour apporter une aide logistique limitée", a déclaré un porte-parole du ministère à l'AFP.

Une journée violente. Au moins 105 personnes ont été tuées jeudi en Centrafrique, lors des combats dans la capitale Bangui, selon un bilan établi par un journaliste de Reuters et un travailleur humanitaire. Le correspondant de Reuters a compté 53 cadavres dans une mosquée située en banlieue de Bangui. Il a précisé que la majorité des victimes semblent avoir été tuées à l'arme blanche ou contondante. Samuel Hanryon, un employé de l'ONG Médecins sans frontières (MSF) à l'Hôpital communautaire de Bangui, a lui compté 52 corps dans la morgue de l'établissement.

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