L'ESSENTIEL - Les dirigeants européens ont trouvé un accord, a annoncé Herman Van Rompuy.
L'INFO. Les négociations à Bruxelles entre dirigeants européens, qui duraient depuis jeudi soir, ont abouti vendredi en fin d'après-midi, a annoncé sur son compte Twitter le président du Conseil européen, Herman van Rompuy. "Il y a un accord! Le Conseil européen s'est mis d'accord sur un cadre financier pluriannuel pour le reste de la décennie. Cela valait la peine d'attendre", a-t-il écrit peu après 16 heures. Selon les premiers éléments, l'accord devrait porter sur un budget de crise pour les sept prochaines années, en baisse de 3,4% par rapport aux sept années précédentes.
Deal done! #euco has agreed on #MFF for the rest of the decade. Worth waiting for.
— Herman Van Rompuy (@euHvR) 8 février 2013>> Le résumé de la journée de jeudi
De telles coupes, c'est du jamais vu. D'après les premières informations sur les négociations, le dernier texte proposé par le président du Conseil européen Herman van Rompuy prévoit 960 milliards d'euros de crédits d'engagement (c'est-à-dire le plafond de dépenses autorisé) pour la période allant de 2014 à 2020. C'est 33 milliards d'euros de moins que pour 2007 à 2013. Les crédits de paiement (c'est-à-dire les dépenses effectives) devraient, elles, atteindre 908,4 milliards d'euros, soit 34 milliards d'euros de moins qu'avant. Ce serait la première fois depuis le Traité de Rome, en 1957, que le budget alloué à l'Union européenne (UE) reculerait. Contacté par Europe1.fr, Alain Lamassoure, président de la commission des Budgets au Parlement européen et eurodéputé du groupe de droite PPE, a jugé "inacceptables" les premiers chiffres évoqués. "Dans le meilleur des cas, cela nous ramène au budget de 2007, avant la crise. Mais dans le pire des cas, on revient à 2004, lorsque l'UE comptait 15 membres. La politique mourrait à petit feu. Tout esprit européen ne peut que se révolter."
Ce budget est un grave échec pour l'UE. Pour la première fois de l'histoire, il est en baisse alors que ça devrait être le contraire #EUCO
— Jean Quatremer (@quatremer) February 8, 2013
Où seront les coupes ? La Politique agricole commune (PAC) est relativement épargnée, au grand soulagement de la France. Le programme voit tout de même son budget diminuer de 50 milliards d'euros à 373 milliards. Pour Alain Lamassoure, ce n'est "pas anormal" dans une période où les prix de vente des matières premières agricoles sont "très au-dessus du prix de revient" des agriculteurs. "En revanche, ce qui n'est pas acceptable, c'est que les investissements d'avenir, au cœur du pacte de croissance défendu par François Hollande, n'augmente que de manière dérisoire. Ce n'est pas avec ça qu'on va retrouver de la compétitivité et faire face aux Etats-Unis et à la Chine."
Quant aux aides aux personnes les plus démunies, comme le craignaient les associations, elles sont amputées d'un tiers de leur budget : elles s’élèveraient désormais à 2,1 milliards, contre 3,5 milliards pour la période 2007-2013, note la correspondante d'Europe 1 à Bruxelles Isabelle Ory :
#euco dernière mouture en date : 2,1 milliards pour les associations qui aident les plus démunis. Sur 2007-2013 c'était 3,5 milliards.
— isabelle ory (@isabelleory) February 8, 2013
Mais certains postes de dépenses, eux, augmentent. Un programme d'aide aux jeunes chômeurs serait ainsi créé, doté d'un fonds de 6 milliards d'euros.
Au total, le budget européen coûterait 0,75 euro par jour aux Français :
Le budget de l'UE coûtera 0,75 € chaque jour aux Français contre les 13€ quotidiens pour le budget de la France. (source : ma calculette)
— isabelle ory (@isabelleory) February 8, 2013
Une victoire britannique ? Ce sont donc les partisans de la rigueur qui paraissent avoir obtenu le plus de concessions. En première ligne, la Grande-Bretagne. David Cameron, dont c'est le premier sommet européen depuis l'annonce d'un référendum en Grande-Bretagne sur l'appartenance du pays à l'Union européenne, est arrivé à Bruxelles déterminé.
David Cameron à Bruxelles, le 8 février. © Reuters
"En novembre, les chiffres présentés étaient vraiment trop élevés. Ils doivent redescendre. Et si ce n'est pas le cas, il n'y aura pas d'accord", avait-il lancé d'emblée. Du côté de la France, on parle déjà d'un "compromis pas mirobolant, mais acceptable".
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Qui a vraiment perdu ? François Hollande essuie donc un revers, mais pour Alain Lamassoure, "le vrai perdant du sommet, c'est l'Europe". "Tout est pollué par le fait que les préoccupations premières des dirigeants sont de maximiser ce qu'ils retirent du budget européen, et minimiser ce qu'ils y apportent", commente-t-il. Dans les années 80, seul le Premier ministre britannique Margaret Thatcher répétait "I want my money back" (je veux récupérer mon argent), mais "aujourd'hui, nous avons 27 Margaret Thatcher autour de la table." Après un tel accord, il reste à connaître la décision du Parlement européen qui pourrait retoquer le budget décidé par les dirigeants.
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