INFO E1 - Au moins neuf alpinistes sont morts. Parmi eux, essentiellement des Français.
Ils étaient venus gravir la huitième montagne la plus élevée du monde et étaient presque arrivés en haut. Quatre Français sont morts dans l'avalanche survenue au Mont Manaslu (8.156 mètres), un sommet du Népal et a touché un groupe de 25 à 30 alpinistes, selon Christian Trommsdroff, le vice-président du Syndicat national des guides de haute montagne (SNGM), interrogé par Europe 1. Leur camp de base n°3, situé à 7.000 mètres d'altitude, a été frappé par un mur de neige et de glace dimanche à l'aube.
"Il y a sept victimes françaises, dont quatre décédées identifiées d'après des photos et trois disparus, ainsi que deux blessées évacuées par hélicoptère sur Katmandou", a déclaré Christian Trommsdorff, qui se référait à des informations provenant du camp de base.
Alors que les recherches ont repris lundi matin, sept personnes sont toujours portées disparues, dont trois Français, selon les informations d'Europe 1. Ces Alpinistes seraient originaires de Savoie et de Haute-Savoie. C'est l'une des pires catastrophes des dernières décennies dans l'Himalaya. "Ce drame touche durement notre profession, c'est le bilan le plus lourd enregistré depuis l'accident d'avalanche du Kang Guru en 2005 au Népal", souligne dans un communiqué le SNGM.
"Nous sommes choqués"
© Reuters
En tout, cette avalanche survenue samedi soir aurait fait, selon un premier bilan, au moins neuf morts, dont plusieurs alpinistes européens. "Neuf corps ont été récupérés sur la montagne, dont ceux d'un sherpa et d'un alpiniste allemand", a assuré Basanta Bahadur Kunwar, un responsable local de la police.
"La plupart des personnes ayant trouvé la mort sont françaises", a confirmé de son côté le sherpa Ang Tshering, vice-président de l'Association des alpinistes du Népal, après s'être entretenu par téléphone satellitaire avec des membres de l'expédition au camp de base de l'expédition. "Parmi les morts figurent un ou deux Espagnols, un Italien, un Népalais et un Allemand", a-t-il précisé.
"Comme tout sommet de 8.000 mètres, il y a des dangers, des risques d'avalanches. Il y a des bouts de glace qui peuvent déclencher des avalanches. C'est ce qui s'est produit apparemment. Ce qui pose problème, c'est qu'il y a des itinéraires phares comme l'Everest (le plus haut sommet du monde, ndlr) à l'automne, ou le mont Blanc l'été. Il y a un nombre important de personnes qui circulent, d'où le nombre de victimes. Nous sommes choqués", a témoigné Christian Trommsdroff au micro d'Europe 1.
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"Tout à coup, il a fait nuit noir"
Pour le moment, 13 personnes ont été récupérées vivantes, dont cinq envoyées "par avion sur Katmandou pour être soignées", a ajouté un responsable policier. Huit des rescapés sont toujours au camp de base, en raison de la mauvaise visibilité et des conditions météo, qui empêchent les hélicoptères de voler. Selon une source au ministère français des Affaires étrangères, deux alpinistes français ont pu être "évacués vers Katmandou".
Selon l'un des survivants italiens, un sérac s'est détaché du flanc de la montagne à environ 7.400 m et aurait provoqué, en tombant, une avalanche qui s'est abattue sur le camp de base n°3. A ce moment-là, tous les alpinistes dormaient dans les tentes avec les sherpas et ont été frappés de plein fouet par l'énorme masse de neige et de glace, a déclaré l'alpiniste à l'agence Ansa.
"Tout à coup, il a fait nuit noire", a raconté un survivant de nationalité allemande, Andreas Reiter, 26 ans. "J'ai compris que nous devions être sous une avalanche. J'ai vu un membre de l'équipe mourir", a-t-il assuré depuis son lit d'hôpital à Katmandou, cité par le Himalayan Times.
"Il faudrait un miracle"
A Chamonix en Haute-Savoie, la communauté montagnarde, une nouvelle fois durement frappée, attendait avec angoisse l'identification des victimes, sans grand espoir de retrouver des survivants.
"A cette altitude, les secours sont très compliqués et il faudrait un miracle" pour retrouver les trois alpinistes français toujours portés disparus, a déclaré dimanche Eric Favret, président de la compagnie des guides de Chamonix. "L'émotion est toujours aussi intense ! On ne s'habitue jamais, surtout quand on voit la vitesse à laquelle s'enchaînent les événements", a-t-il ajouté, en allusion à l'avalanche du Mont Maudit dans le Mont-Blanc, qui avait tué neuf alpinistes étrangers, le 12 juillet dernier.
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