EN DIRECT - 12 heures après l'assaut des forces spéciales algériennes, le bilan reste confus.
RESUME - Les forces spéciales algériennes ont donné l'assaut jeudi contre le commando islamiste qui avait attaqué la veille le complexe gazier de Tiguentourine, sur le site d'In Amenas, dans l'est du pays, et qui retenait en otage des centaines de travailleurs algériens et une quarantaine d'étrangers. Une situation qui s'est déroulée "dans des conditions dramatiques", selon les termes de François Hollande. 12 heures après l'assaut et 48 heures après le début de la prise d'otages, cependant, les informations en provenance d'Algérie restent confuses et difficiles à vérifier. Aucun bilan officiel n'a encore été donné mais une source proche de la sécurité algérienne, citée par l'agence Reuters, parle de trente otages tués, dont un Français. La fin de l'opération de l'armée a été officieusement annoncée mais la totalité du site ne serait pas sous contrôle.
# LA SITUATION
• L'assaut est terminé, mais… L'assaut à proprement parler qui a, semble-t-il, duré huit heures est officiellement terminé mais l'opération militaire se poursuit pour sécuriser le site car des doutes subsistent sur la présence de djihadistes encore vivants dans l'usine. Le reste de la base serait en revanche "sous contrôle".
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• ...Toujours pas de bilan officiel. Le ministre de la Communication algérien, Mohamed Saïd, s'est borné à parler de "d'un nombre important d'otages libérés et malheureusement quelques morts et blessés". Les pays dont des ressortissants ont été pris en otage redoutaient vendredi un bilan très lourd. D'après la sécurité algérienne trente otages auraient été tués lors de l'assaut. Selon cette source, huit Algériens, deux Japonais, deux Britanniques et un Français figurent parmi les otages tués. La nationalité des autres victimes dans les rangs des otages ainsi que de ceux qui se sont échappés reste confuse. Un porte-parole des islamistes a, de son côté, déclaré que l'opération avait fait une cinquantaine de morts dont 34 otages.
• Quatre otages occidentaux libérés. L'intervention aurait officiellement permis la libération de 600 Algériens ainsi que de quatre occidentaux : un Français, deux Britanniques et un Kényan.
• Au moins onze djihadistes tués, dont un Français. D'après la sécurité algérienne, onze djihadistes au moins, dont un ressortissant français, ont trouvé la mort lors de l'opération. Dans ce groupe figurent deux Algériens, dont le chef du commando djihadiste, Tahar ben Chened, décrit comme un éminent djihadiste au Sahara, de même que trois Egyptiens, deux Tunisiens, deux Libyens et un Malien.
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# DIPLOMATIE
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• Les gouvernants étrangers remontés contre Alger. Peu de détails ont été fournis sur l'opération conduite par l'armée algérienne, y compris aux pays dont sont originaires les otages qui, pour certains, n'ont pas cherché à dissimuler leur irritation. Les gouvernements américain, norvégien, roumain et autrichien ont annoncé que leurs ressortissants figuraient parmi les otages. "Nous n'étions pas au courant de l'intervention en avance", a regretté un responsable américain, ajoutant que les responsables américains "avaient fortement encouragé" les autorités algériennes à faire de la sécurité des otages leur priorité. "Je pense que nous devons nous préparer à la possibilité de mauvaises nouvelles à venir", a averti le Premier ministre britannique David Cameron qui a lui aussi déploré de ne pas avoir été informé à l'avance par Alger et a reporté un important discours sur l'Europe prévu vendredi. Le Premier ministre japonais Shinzo Abe a, lui, décidé vendredi d'abréger sa tournée en Asie. Jeudi, le Japon avait émis "une ferme protestation" et demandé à Alger de "cesser immédiatement" son opération. François Hollande s'est, pour l'instant, gardé de toute critique contre Alger.
• Pourquoi cet assaut ? Le ministre algérien a justifié le recours à la force en expliquant que les autorités avaient d'abord cherché une solution pacifique mais que les islamistes, venus de la Libye voisine, "lourdement armés", voulaient "quitter l'Algérie en emportant avec eux les otages étrangers" pour s'en servir comme "carte de chantage". Mais selon des sources américaine et européenne dans le domaine de la sécurité, il est plus vraisemblable que leur but premier était d'obtenir une rançon, si possible en espèces, et éventuellement la libération d'activistes emprisonnés. Selon ces sources, les djihadistes avaient prévu leur prise d'otages bien avant l'intervention française au Mali. Un porte-parole du gouvernement algérien a évoqué l'attitude "intransigeante" des activistes pour expliquer l'intervention des forces algériennes. Il a indiqué que, comme durant la guerre civile menée par les autorités algériennes contre les islamistes dans les années 90, l'Algérie ne négocierait pas, ni ne céderait au "chantage" des "terroristes".
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