L'ESSENTIEL - Cette prise d'otages sur le site gazier a fait au moins deux morts : un Britannique et un Algérien.
>> L'ESSENTIEL
- Un groupe armé a attaqué un site gazier de BP à In Anemas.
- Les ravisseurs disent détenir 41 otages. Selon nos informations, il y aurait potentiellement quatre Français. La porte-parole du gouvernement, Najat Vallaud-Belkacem n'a pas confirmé.
- Deux personnes auraient été tuées et trois autres blessées.
- La revendication : les ravisseurs veulent "l'arrêt de l'agression" au Mali et réclament la libération de 100 islamistes détenus dans les prisons algériennes. Ils ont également demandé à quitter le pays avec leurs otages.
- Selon Algérie 1, les autorités algériennes auraient opté pour l'assaut. Des groupes des forces spéciales seraient prêts à intervenir. Selon la chaîne Al-Jazeera, qui cite une source parmi les preneurs d’otages, des snipers de l’armée algérienne ont ouvert le feu. Ils auraient blessé deux otages.
- Trente otages ont échappé jeudi à leurs ravisseurs.
# L'ATTAQUE
© MAXPPP
L'attaque a débuté mercredi à l'aube sur un site gazier exploité par l'entreprise nationale Sonatrach avec les compagnies britannique British Petroleum et norvégienne Statoil à Tigantourine, à 40 km d'In Aménas, non loin de la frontière libyenne. Elle a eu lieu en deux temps. D'abord les employés du site qui se rendaient en bus sur leur lieu de travail ont croisé des dizaines de pick-up lourdement armés, mercredi matin. Il y a alors eu des échanges de coups de feu, selon les informations recueillies par Europe 1. Mais le bus, sous bonne escorte, a réussi à repousser les assaillants.
Ces derniers se sont alors tournés vers la base de vie du site gazier. Les employés n'ont alors pas eu beaucoup de temps pour réagir, mais certains ont pu passer quelques coups de fil pour prévenir qu'une attaque était en cours. Le site compte 400 employés au total.
# LES OTAGES
• Des occidentaux. Le flou demeure sur le nombre et sur la nationalité des otages. Selon un porte-parole des ravisseurs, il y aurait 41 étrangers "dont 7 Américains, des Français, des Britanniques et des Japonais". Il a précisé que cinq otages sont retenus dans l'usine et les 36 autres sur un "site d'hébergement". Washington et Tokyo ont confirmé que des ressortissants américains et japonais se trouvaient parmi les otages.
>>> A lire : Algérie : "j'ai reçu l'appel d'un ami" otage
• Des Français ? Le président français François Hollande a dit ne pas avoir la certitude que des Français étaient retenus. Mais selon les informations recueillies par Europe 1, il y aurait potentiellement quatre Français retenus qui travaillent sur le site. A ce stade, les autorités françaises sont extrêmement prudentes. L'idée est d'établir un contact avec chacun d'entre eux afin de savoir s'ils sont bien retenus par les islamistes ou s'ils ont réussi à échapper à la prise d'otages d'une manière ou d'une autre. Depuis mercredi, l'Elysée est en contact permanent avec l'Etat algérien. Les services de renseignement collaborent également. C'est le quai d'Orsay qui centralise les informations entre les autres pays concernés par la prise d'otages. François Hollande a lui passé la nuit à l'Elysée. Il est informé en temps réel de l'évolution de la situation.
Des otages libres de circuler sur la base. Cent cinquante employés algériens du groupe français CIS Catering sont également retenus sur le site, mais peuvent y circuler librement, selon le PDG de la société, Régis Arnoux.
Il était l'invité d'Europe 1 jeudi en compagnie de Jean-Pierre Chevènement :
>>> A lire : Arnoux : "très préoccupé" par la prise d'otages
Deux morts. "Il y a eu deux morts, un Algérien et un Britannique", a assuré le ministre de l'Intérieur Dahou Ould Kablia à la télévision nationale, qui a fait état d'un Britannique, un Norvégien et un Ecossais blessés, ainsi que deux gendarmes et un agent de sécurité algériens.
# LES RAVISSEURS
Les assaillants appartiendraient à la brigade de Mokhtar Belmokhtar al-Moulathamine. Surnommé "le Borgne", il est l'un des chefs historiques d'Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) qu'il a introduit dans le Nord du Mali. Les assaillants présents sur place auraient miné le terrain. Ils ont menacé plusieurs fois de faire exploser la base qui est aussi l'un des complexes gaziers les plus importants au monde. Ils souhaitent quitter le pays avec leurs otages occidentaux. Mais le ministre algérien de l'Intérieur Dahou Ould Kablia, a souligné que les autorités ne négocieront pas avec les "terroristes". Selon Algérie 1, des éléments des forces spéciales sont arrivées sur place en prévision d'un assaut.
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