Fichier Edvige : Sarkozy tente de désamorcer la crise
Créé le 08/09/08 - Dernière mise à jour le 10/09/08 à 19h01Après les critiques formulées par certains ministres sur le fichier Edvige, Nicolas Sarkozy a rappelé à l'ordre son gouvernement mercredi. Il lui a demandé du "sang froid" et de la "cohérence". Mardi soir, à l'issue d'une réunion à l'Elysée, le président de la République a demandé à la ministre de l'Intérieur "d'ouvrir rapidement une concertation" sur le fichier de renseignement Edvige, qui devra être "suivie de décisions pour protéger les libertés". Du côté de la place Beauvau, on précise cependant mercredi qu’il ne s’agit pas de réécrire le décret en le modifiant mais bien d’écrire noir sur blanc des garanties supplémentaires.
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Confronté au mécontentement suscité par le fichier Edvige, y compris dans sa majorité et jusqu'au gouvernement, Nicolas Sarkozy tente de "désamorcer" une polémique qui pourrait perturber son rebond dans les sondages. Mercredi lors du Conseil des ministres, le chef de l'Etat a appelé ses ministres "au sang froid" et "la cohérence gouvernementale", tout en jugeant "nécessaire" l'existence de ce fichier. La secrétaire d'Etat aux Droits de l'Homme, Rama Yade, avait fait part de ses "doutes" sur Europe 1. Avant elle, le ministre de la Défense, Hervé Morin, également chef de file du Nouveau centre, avait dénoncé "un curieux mélange des genres" dans ce programme. Il s'était fait aussitôt remettre en place par le Premier ministre François Fillon tandis que sa collègue de l'Intérieur, Michèle Alliot-Marie, ironisait sur le fait qu'il n'ait "pas trouvé" son numéro de téléphone pour lui "demander ce qu'il en était".
Une cacophonie gouvernementale aggravée par les critiques d'élus de droite ou de la présidente du Medef, Laurence Parisot. Le président de l'Assemblée nationale, Bernard Accoyer (UMP), a ainsi estimé mercredi qu'Edvige était "une affaire mal conduite" par le gouvernement, "qui n'a pas bien communiqué".
Sans attendre la fin de l'année et une décision du Conseil d'Etat, devant lequel plusieurs recours en annulation ont été déposés, le chef de l'Etat a pris les choses en main. Dès son retour de Russie et Géorgie, et une fois le sommet Union européenne-Ukraine bouclé, Nicolas Sarkozy a convoqué une réunion à l'Elysée et fait savoir que si sa "priorité" demeurait "la lutte contre la délinquance", il n'en était pas moins "le garant" des libertés publiques. Il a demandé à Michèle Alliot-Marie "d'ouvrir rapidement une concertation" sur ce fichier, qui devra être "suivie de décisions pour protéger les libertés".
Le dossier met le président en "porte-à-faux" sur les libertés, il n'y a "aucun intérêt à aller sur un terrain pas utile aux policiers", dit-on dans son entourage, en laissant entendre que Nicolas Sarkozy est bien décidé à crier "halte au feu". "Il faut désamorcer la crise", renchérit un de ses conseillers, "il ne faut pas qu'il perde le crédit qu'il a accumulé cet été et qui s'est traduit par une hausse dans les sondages". Selon une source proche du dossier, les renseignements qui font le plus polémique, l'orientation sexuelle et la santé des personnes, pourraient ainsi être "évacués" du fichier. "L'opportunité" de ficher "les personnalités" est également "largement mise en cause".
Réécrire non, modifier, oui ! La ministre de l'Intérieur, qui a admis avoir "sous-estimé le fantasme qui pouvait tourner autour de ce fichier", s'est déclarée mardi prête à inscrire, y compris "dans une loi", "toutes les garanties" nécessaires aux libertés publiques pour la mise en oeuvre du fichier. Elle a également proposé un "droit à l'oubli" pour les mineurs permettant d'effacer du fichier ceux qui n'auraient commis aucun délit passé un certain temps. Malgré ces assurances, l'opposition ne désarme pas, tandis que la pétition anti-Edvige ouverte le 10 juillet sur internet continue de rassembler des signatures.
"C'est une première victoire" mais "les mots ne suffisent pas" et Nicolas Sarkozy doit donner des "garanties", a affirmé le président de la Ligue des droits de l'Homme Jean-Pierre Dubois. Le président du MoDem, François Bayrou, tout comme l'ancienne ministre socialiste du Travail, Martine Aubry, le collectif "Non à Edvige" et les Verts continuent quant à eux à demander "le retrait" pur et simple du fichier.
Heureusement qu'Evige n'est pas mort comme l'ont dit certains.Ce fichier est plus qu'impératif;en reculant sur ce projet...
Je n'ai rien à me reprocher...malheureusement je ne suis pas fiché...Quequ'un pourrait-il m'aider à y figurer,...
mince je savais pas que Morin était de droite.
Du reste, la gauche s'indigne surtout pour emmerder la droite, comme d'habitude. C'a été pareil quand on a parlé...
Je travaille dans le fichage d'information, dans un but d'évaluation de performances. En fait plus on a de données, plus &c...