Rythmes scolaires : une grève très suivie

Par Thomas Morel avec Reuters

Publié le 21 janvier 2013 à 20h24 Mis à jour le 22 janvier 2013 à 19h00

"Elle a commencé à m'agresser tout de suite"

© BERTRAND BECHARD/MAXPPP

Les enseignants parisiens sont les premiers à se mobiliser, en nombre, contre cette réforme.

>> L'actu. Les syndicats de l'Education nationale ont organisé mardi une grève à Paris, avant une mobilisation nationale mercredi. En cause, la réforme des rythmes scolaires initiée par Vincent Peillon, le ministre de l'Education, qui prévoit de faire passer la semaine des écoliers de quatre à quatre jours et demi, et ce dès la rentrée 2013.

Une grève suivie. Entre 2.500 et 3.000 enseignants des écoles primaires parisiennes ont manifesté selon la police et les organisateurs, sur les 8.500 enseignants d'école primaire à Paris que comptent les syndicats. 90% d'entre eux étaient en grève selon les syndicats, 78% selon le rectorat de Paris. Pour Jérôme Lambert, du principal syndicat du primaire, le SNUipp-FSU Paris, ce mouvement est "massif et inédit". De son côté, le maire de Paris Bertrand Delanoë a répondu qu'il ne "reculera(it) pas" sur la réforme des rythmes scolaires, même s'il s'est dit prêt à "écout(er) tout le monde".

• Une protestation qui a surpris. Le gouvernement ne s'attendait pas à un tel mouvement et pour cause : cette réforme est dans les tuyaux depuis longtemps et la concertation a été consistante. Le débat sur les rythmes scolaires a en effet été initié dès 2010 par Luc Chatel. Son successeur, Vincent Peillon, a organisé une consultation sur le sujet de juin à octobre 2012, un débat qui s'est conclu par un rapport validant la réforme et accepté par les syndicats enseignants. Enfin, ces derniers ont été consultés sur la question entre octobre et décembre 2012, d'où une certaine incompréhension au ministère de l'Education nationale.

>> Les enseignants parisiens font néanmoins grève. Voici leurs revendications.

L’Education n'a pas la cote

© MAXPPP

Une réforme "précipitée". Pour les syndicats, c'est d'abord la précipitation du gouvernement qui pose problème. Peu de communes seront prêtes pour cette réforme à la rentrée prochaine. C'est le cas notamment des zones rurales, où il faudrait recruter en un temps record des effectifs supplémentaires pour encadrer les élèves. C'est aussi le cas dans les grandes villes. A Paris, le Front de gauche a ainsi demandé au maire de retarder d'un an la mise en place de la réforme qui, en l'état, "dégrade sensiblement les conditions de travail des enseignants." Un avis également partagé par l'UMP, qui dénonce un calendrier "trop serré et complètement irréaliste".

Un financement complexe. Mais le principal problème, de l'aveu de tous, reste le financement de la semaine de quatre jours et demi. Pour accueillir les élèves une demi-journée de plus, il faut financer le transport scolaire, le chauffage, l'entretien, la cantine parfois… Une facture particulièrement lourde : l'association des maires des grandes villes de France l'évalue à 600 millions d'euros pour l'ensemble des enfants en année pleine.

Pour la rentrée prochaine, les communes peuvent bénéficier du soutien de l'Etat, qui a débloqué une aide de 250 millions d'euros, à raison de 50 euros par élève, ou 90 dans les zones difficiles. Pour les années suivantes, en revanche, c'est à chacun de se débrouiller. "Les inquiétudes des communes, ce n'est pas de démarrer, c'est d'avoir la capacité de tenir sur la durée", résume Yves Fournel, président du Réseau français des villes éducatrices, également adjoint au maire de Lyon.

Hollande-Sarkozy, le match des programmes

© MAXPPP

Un exemple : à Brest. Le cas de la ville de Brest, dans le Finistère. Pour la rentrée 2013, cette ville du Finistère devrait percevoir 400.000 euros de l'Etat. A partir de 2014, en revanche, le financement se compliquera significativement. "Les fourchettes sont très larges: ouvrir la cantine peut coûter 1 million d'euros par an à la ville. On peut aller jusqu'à 2 millions d'euros par an quand on compte la cantine et un gros investissement vers les associations", explique Marc Sawicki, adjoint au maire.

Les municipalités elles-mêmes réticentes. A cet égard, Brest n'est pas un cas isolé. De nombreuses villes (c'est notamment le cas de Lyon) ont annoncé qu'elles ne s'engageraient qu'une fois sûres de recevoir l'aide financière des caisses d'allocations familiale.

  • a a
40

Et aussi

> Suivez l'info Europe 1 en continu sur , et réagissez sur

Ajouter un commentaire

Votre commnentaire a bien été envoyé, vous allez recevoir un email de confirmation

Message d'erreur

    En ce moment sur Europe 1

    Le flash
    1. 06h11

      Logement : recours aux ordonnances

    2. Hier

      Quels jeux disponibles pour la Xbox One ?

    3. Hier

      Un père a menacé de s'immoler

    4. Hier

      Mediator : une décision mercredi

    5. Hier

      Faut-il enseigner en langue anglaise dans les universités françaises ?

    6. Hier

      VIDÉO : le prochain Call Of Duty Ghosts dévoilé

    7. Hier

      Le monde pas prêt pour une épidémie de grippe

    8. Hier

      Instagram : 2 ados inculpées pour diffamation

    9. Hier

      Des militants rendent hommage à Venner

    10. Hier

      Hamon : "pas de compétition" à Bercy

    1. Hier

      Fiona : un témoin clé a été réentendu

    2. Hier

      Île-Saint-Denis: l'auteur de tirs interpellé

    3. Hier

      Voici la Xbox One, nouvelle console Microsoft

    4. Hier

      Madoff fait son entrée au musée du crime

    5. Hier

      Af.Sud: 27 morts après une circoncision rituelle

    6. Hier

      Saisie de 259 défenses d'éléphants à Dubaï

    7. Hier

      Essonne: huit interpellations pour vols

    8. Hier

      Sondage : net recul de la popularité de Copé

    9. Hier

      Sauvée d'une eau à six degrés

    10. Hier

      Urssaf : nouveau record pour les redressements

    1. Hier

      Iran: l'ex-président Rafsandjani disqualifié

    2. Hier

      L'audience de Tsarnaev reportée en juillet

    3. Hier

      Bill Clinton invité d'Europe 1 soir mercredi

    4. Hier

      La chute d'un monte-charge fait 2 blessés

    5. Hier

      L'appel d'une mère à François Hollande

    6. Hier

      Brooklyn Beckham aux Queens Park Rangers

    7. Hier

      Le Pen : suicide à Notre-Dame, "un geste politique"

    8. Hier

      Basket : Tony Parker sur la tête à 3 ans

    9. Hier

      TGV Nord : le samedi à 20 euros

    10. Hier

      Bourges : jugés pour avoir tué un ami

    1. Hier

      Manchester City va lancer une franchise MLS

    2. Hier

      Menaces internet : information contre X ouverte

    3. Hier

      Teneur en sucre : outre-mer et Hexagone à égalité

    4. Hier

      Bouteflika serait sorti de l'hôpital

    5. Hier

      Cyclisme-Giro : Intxausti vainqueur à Ivrea

    6. Hier

      Foot-OM : Tapie invité pour Marseille-Reims

    7. Hier

      Apple dément vouloir échapper à l'impôt

    8. Hier

      Pas d'obligation de publier les photos de Ben Laden

    9. Hier

      Mediator : Servier quitte l'audience

    10. Hier

      Paris : il se suicide à Notre-Dame

    1. Hier

      Ryanair : un vol pour les voyages à Auschwitz

    2. Hier

      Christian Jacob prône la retraite à 65 ans

    3. Hier

      La nouvelle Xbox sera présentée à 19h

    4. Hier

      Travail dominical : la CFTC interpelle les élus PS

    5. Hier

      Un pigeon vendu plus de 300.000 euros

    6. Hier

      "Mur des cons": le CSM refuse de rendre un avis

    7. Hier

      Lasagnes : la qualité de la viande améliorée

    8. Hier

      Foot : Rafael Benitez contacté par le PSG ?

    9. Hier

      Algérie: un Français condamné pour racisme

    10. Hier

      Plus de lien pour ouvrir un compte en Suisse

    Europe 1 sur les réseaux sociaux
    Europe 1 Vidéos

    Pour retrouver les vidéos d'Europe1, cliquez ici

    Humour, politique, culture, sport, économie, découvrez toutes les vidéos d'Europe1.

    Toutes les vidéosVidéos les plus vues
    Nous vous recommandons