Procès Chirac : des contrats décortiqués

Par Marie-Laure Combes, en direct du tribunal correctionnel de Paris

Publié le 8 septembre 2011 à 13h34 Mis à jour le 8 septembre 2011 à 18h27

© MAXPPP

Europe1.fr vous a fait suivre le procès des emplois fictifs de la mairie de Paris.

Les auditions se poursuivent devant la 11ème chambre du tribunal correctionnel de Paris, toujours en l'absence de Jacques Chirac, représenté par ses avocats en raison de son état de santé. Les juges ont déjà entendu deux anciens directeurs de cabinet , mis en examen dans l'affaire, et d'anciens chargés de mission , à titre de témoins seulement.

18h11 : L'audience est levée. Les débats reprendront lundi à 13h30

18h02 : Me Veil interroge les deux anciens chefs de cabinet sur l'emploi du temps du maire de Paris. "La journée commençait par une réunion à 8h30 sur les événements de la veille. Puis le maire de Paris travaillait seul dans son bureau. Et à partir de 9h30, les réunions commençaient", répond Michel Roussin, l'ancien directeur de cabinet, avant de détailler la façon dont Jacques Chirac s'installait "sur la petite table à droite de son bureau pour signer les parapheurs". "Il y avait aussi les déplacements politiques et les audiences qu'il accordait dans la journée", ajoute-t-il. Me Veil demande alors à son confrère Me Kiejman, qui fut un temps ministre, de confirmer que le nombre de parapheurs à signer est énorme. "Oui, c'était parfois insupportable !", répond Me Kiejman.

17h38 : Le tribunal examine le cas de Madeleine Farard, qui "est concernée par les deux volets de l'affaire", précise le juge Pauthe. L'instruction de Nanterre est chargée de son emploi entre 1984 et 1994 auprès de Jean-Claude Pasty. "Notre affaire concerne une lettre de commande rédigée par Remy Chardon qui la chargeait d'une mission ponctuelle d'un an", indique le président. "On peut se demander si cette lettre de commande correspond à quelque chose de bien réel. Ou si cette lettre et son salaire ne représentaient pas une compensation puisqu'elle n'avait pas pu obtenir son avancement au dernier échelon avant sa retraite", dit le juge Pauthe.

17h33 : Le juge lit les déclarations de Jacques Chirac à propos de deux contrats. "Je n'étais pas au courant de ces deux contrats, mais j'en revendique la totale responsabilité. J'avais besoin d'un CNI qui soit ferme derrière moi car il faisait partie de la majorité municipale. Il n'y avait pas d'accord secret avec le CNI. L'objectif était qu'il m'apporte son soutien ferme et loyal dans la gestion de la ville", lit le président.

17h02 : Le tribunal entend Patricia Lefeuvre. La témoin a été engagée comme chargée de mission en 1990 et a travaillé jusqu'en 1994. Patricia Lefeuvre indique qu'elle a été l'assistante parlementaire d'Yvon Briant pendant deux ans et responsable de la rédaction de la revue du CNI : "je contribuais largement à cette revue, mais mon nom n'apparaît pas à la demande des responsables politiques". "J'ai aussi été chargée de mission directement pour la mairie de Paris, je tenais la permanence de la mairie du XVème arrondissement", ajoute-t-elle.

16h41 : Le juge Pauthe évoque le contrat de Jean-Michel Beaudoin. Après avoir été collaborateur parlementaire d'Yvon Briant, président du CNI, il a été engagé comme chargé de mission à la Ville de Paris en 1989, rappelle le président. "Ces quelques déclarations de Monsieur Beaudoin confirment son rattachement à Yvon Briant qui n'avait aucun mandat électif à la mairie de Paris", indique le juge.

16h22 : L'audience reprend. Le tribunal examine maintenant les contrats de deux chargés de mission de la Ville de Paris qui auraient en fait travaillé pour un parti politique, le Centre national des indépendants (CNI). "Notre saisine est limitée à deux contrats, mais six contrats ont été répertoriés", précise le juge Pauthe.

15h54 : l'audience est suspendue. Une pause d'une dizaine de minutes.

15h47 : Le président lit les déclarations de Jacques Chirac à propos de la "cellule Jean-Pierre Denis". "Le terme de cellule ne me paraît pas adapté. Il s'agissait de faire une appréciation économique et financière du pays en général et de m'en informer", avait dit Jacques Chirac au magistrat instructeur.

15h38 : Michel Roussin ne se souvient pas. L'ancien directeur de cabinet de Jacques Chirac dit ne pas avoir rencontré Hugues de la Rocque avant son embauche. "Je ne suis pas un recruteur, je ne reçois personne. Je ne suis pas une agence d'emploi de la mairie de Paris. Je n'ai aucun souvenir d'avoir convoqué et reçu dans mon bureau Hugues de la Rocque", assure-t-il.

15h20 : Hugues de la Rocque assure ne pas avoir voulu travailler pour la campagne de Jacques Chirac. "Si en 1991, on m'avait dit que j'allais participer à une activité associative, je n'aurais pas donné suite. Ce qui m'intéressait, c'était de participer au cabinet du maire", dit-il à la barre. "Avez-vous le souvenir que votre travail ait été inutile à la Ville de Paris ?", lui demande ensuite Me Kiejman. "Je n'en ai pas le souvenir", répond Hugues de la Rocque.

15h10 : "Quand on a beaucoup de travail, il faut bien le taper. Comment faisiez-vous ?", demande un des avocats de l'association Anticor. "Vous me posez une question piège. Je ne m'en souviens pas. Il y avait la secrétaire mais je ne me souviens pas si j'avais un écran devant moi", répond Hugues de la Rocque. "Mais cette secrétaire, elle travaillait aussi pour l'association [Réussir l'an 2000, NDLR]. Comment partageait-elle son temps ?", reprend l'avocat. "Elle faisait de son mieux", lui dit le témoin.

14h28 : Hugues de la Rocque est appelé à la barre. Il est soupçonné d'avoir fait partie de la "cellule Jean-Pierre Denis" et d'avoir travaillé notamment pour l'association Réussir l'an 2000, un groupe de réflexion qui avait été créé pour préparer la présidentielle de 1995, dont Nicolas Sarkozy était secrétaire général.
"Fin 91, mon patron, Pierre-Alain Duhamel, me propose de le suivre à la mairie de Paris. J'ai accepté et ma collaboration a duré de 1991 à l'été 93. Ma mission était de deux ordres : traiter des sujets d'actualité économiques et sociaux qui intéressaient le maire et le cabinet du maire et m'appuyer sur des experts de ces sujets pour fournir des arguments, des chiffres…", raconte-t-il. "Si on parle d'emploi fictif à propos de mon activité, ça me choque profondément. Je travaillais comme tout salarié de 9h du matin à 19h voire 20 heures", dit-il encore.
Hugues de la Roques précise encore que le seul élu qui passait régulièrement au siège de l'association était Nicolas Sarkozy et qu'il n'y avait vu Jacques Chirac qu'une seule fois, lors "d'une de ses tournées des popotes".

14h21 : Rémy Chardon est appelé à la barre pour le contrat de Jean-Christophe Angenault. "Je n'ai pas de souvenir précis. Je ne connais pas personnellement Monsieur Angenault. Je savais que Jean-Pierre Denis avait une équipe autour de lui", explique Rémy Chardon. "Les chargés de mission de Jean-Pierre Denis travaillaient à remplir les missions que le maire donnait à Monsieur Denis", poursuit-il.

14h13 : Michel Roussin est toujours à la barre, interrogé sur le contrat d'Annie Lancelot. "Du fait de la notoriété du père de Madame Lancelot, j'ai bien recruté… quel lapsus ! J'ai bien reçu Madame Lancelot. Mais je n'ai jamais rencontré son père", dit Michel Roussin.

14h10 : Michel Roussin s'explique ensuite sur le contrat de Laurent Sabathier. "Le poste devait être affecté à Monsieur De Gaulle et il s'est finalement retrouvé à travailler pour Jean-Pierre Denis. C'est concevable ?", demande le juge Pauthe. "Oui, tout à fait", répond Michel Roussin.

14h : Le tribunal se penche sur le premier contrat, celui de Hugues de la Rocque. Michel Roussin, qui a signé le contrat, s'explique à la barre. Hugues de la Rocque a été affecté à la direction de la protection de l'environnement alors qu'il relevait de l'effectif du cabinet du maire : "c'est peut-être une erreur", dit Michel Roussin.

13h50 : Jean de Gaulle est à la barre pour s'expliquer sur le cas de Laurent Sabathier. "Il a effectué un stage auprès de moi à l'Assemblée nationale en 1991", indique le petit-fils du Général de Gaulle. "A la fin de son stage, je ne l'ai pas orienté vers Jean-Pierre Denis puisque je n'ai rencontré Jean-Pierre Denis que bien postérieurement", ajoute-t-il.

13h45 : Le tribunal examine d'abord la "cellule Jean-Pierre Denis", du nom d'un cadre de la Mairie de Paris, directeur adjoint du cabinet sous l'autorité de Michel Roussin. L'enquête a établi qu'il s'était entouré de collaborateurs dont le travail était davantage orienté dans la perspective de la carrière de Jacques Chirac.

13h39 : Ouverture de l'audience. Le président du tribunal précise que seuls deux témoins sur les huit cités seront présents. Le tribunal va examiner jeudi les cas de huit chargés de mission dont le travail aurait bénéficié à des organisations politiques.

13h23 : Les avocats de la défense et de la partie civile commencent à arriver. Le public est toujours aussi peu nombreux dans la salle.

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