Un accord a été signé entre l’AP-HP et une société basée au Liban afin d'accueillir de riches patients.
Augmenter les recettes et renflouer les caisses en misant sur l’accueil de riches patients étrangers prêts à mettre le prix pour se faire soigner. C’est l’idée de l'AP-HP, l’Assistance publique des hôpitaux de Paris, qui vient de signer un accord avec Globemed, une société basée au Liban et partenaire d’Axa, affirme le Journal du Dimanche.
Présente dans tout le Moyen-Orient, cette société servira d'intermédiaire entre les hôpitaux parisiens et les assurances privées ou publiques des Etats concernés. Cet accord, qui pourrait représenter à terme 1% des malades soignées à Paris, prévoit une surfacturation des soins.
"Le système n’était pas organisé"
© Max PPP
L'AP-HP reçoit déjà chaque année quelque 7.500 patients étrangers. Parmi eux : environ 2.300 malades payant de leur poche ou couverts par une assurance, souvent originaires du Maghreb et du Proche-Orient, attirés par la médecine de pointe française, rappelle le JDD. "Mais le système n'était pas organisé", indique Zohra Bensalem-Djenadi, qui pilote le dossier à l'AP-HP, cité par le journal.
En facturant les soins à un prix plus élevé que le tarif de la Sécurité sociale et en augmentant le nombre de malades concernés, l'AP-HP pourrait résorber une partie de son déficit.
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Un déficit en 2012 de 73,7 millions
En 2012, l'AP-HP prévoit un déficit de 73,7 millions contre 90 millions en 2011, avant un retour à l'équilibre prévu pour 2013, selon ses chiffres officiels. Limitée dans un premier temps avec le Moyen-Orient, la coopération pourrait ensuite être élargie à l'Asie, à la Russie et aux anciennes républiques soviétiques.
Jean-Marie Le Guen © Maxppp
La ville de Paris deviendra-t-elle une sorte d'hôpital du monde ? "On n’a pas vocation à devenir un hôpital privé. La proportion de patients étrangers payants ne devra jamais dépasser 1% du total des malades", met en garde Stéphane Feriaut. Les soins prodigués seront donc des interventions prévues à l'avance et non pas des urgences.
"Notre système de santé est un atout dans la mondialisation", plaide de son côté Jean-Marie Le Guen, adjoint au maire de Paris chargé de la Santé, qui tient peut-être avec l’hôpital parisien, un nouveau joker économique.
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