Un avocat estime que les alertes envoyées à l'Afssaps n'ont pas été prises en compte.
Après Jean-Claude Mas, c'est au tour des autorités sanitaires d'être mises en cause dans l'affaire des prothèses PIP. Un avocat marseillais va assigner l'Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé, l'Afssaps, au nom des victimes. Me Laurent Gaudon estime que "l'Afssaps, dès 2008, savait par les chirurgiens que ces prothèses avaient deux fois plus de ruptures que les concurrents (...) Rien n'a été fait et entre 2008 et 2010 il y a des centaines de milliers de femmes qui se sont fait implanter alors qu'on aurait pu éviter ce désastre".
L'avocat rappelle par exemple qu'en octobre 2008, le chirurgien marseillais Christian Marinetti avait signalé à l'Afssaps le taux anormalement élevé de ruptures de ces prothèses et leur caractère inflammatoire. Or, les prothèses mammaires de la société créée par Jean-Claude Mas n'ont été retirées du marché qu'en mars 2010.
"J'attends que l'Afssaps prenne ses responsabilités et qu'enfin le gouvernement décide de réimplanter, aux frais de l'Etat, toutes ces victimes des prothèses, quelle que soit l'origine de leur implantation " témoigne-t-il sur Europe 1.
Des alertes dès 1996
Me Laurent Gaudon pourra également s'appuyer sur un rapport tout juste remis au ministre de la Santé. Elaboré par la Direction générale de la Santé et l'Afssaps elle-même, le document prouve que plusieurs alertes ont été adressées aux autorités dès 1996, sans succès. "Il y a bien eu des enquêtes mais les éléments fournis par PIP à l’époque ont suffi à rassurer", selon les informations d’Europe 1.
A ce jour, on a connaissance de 1.143 ruptures de prothèses PIP et près de 495 réactions inflammatoires.
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